page
1 - page 2 - page
3 - page 4 - page 5
La
stratégie française
Dès
le début du conflit, le commandement français cherche à obtenir
une victoire rapide. Il s'agit bien sûr de frapper avant que
le Viet minh ne soit trop puissant mais d'autres considérations
entrent en jeu.
L'armée
française dispose de peu de moyens humains et matériels. Après
la guerre, la priorité passe rapidement à la reconstruction du
pays. Le budget de la défense diminue et les effectifs de l'armée
subissent une déflation importante. De plus, le gouvernement
refuse d'engager les appelés en Indochine.
Au
mois d'août, le Corps expéditionnaire aligne 86 000 hommes dont
37 000 rapatriables ou démobilisables dans les prochains mois.
Le recours à Légion étrangère et à l'armée d'Afrique permet de
porter les effectifs à 115 000 hommes en 1947. La troupe et l'encadrement
sont constitués de professionnels, pour la plupart vétérans de
la Seconde Guerre mondiale. Cependant, l'équipement reste insuffisant
et hétéroclite avec des matériels français de 1940 ou même de
la Première Guerre mondiale, des matériels anglais et américains
mais aussi des matériels de récupération allemands et japonais.
Néanmoins, les 160 avions disponibles, les bâtiments de la marine
nationale, les blindés et les parachutistes donnent certains
avantages au Corps expéditionnaire.
Le
général Valluy décide de profiter de cette supériorité pour porter
un coup décisif à l'ennemi. Son choix se porte sur la région
montagneuse du Viet Bac où Ho Chi Minh et Giap se sont réfugiés
avec le gros de leur armée. Une colonne terrestre part de Langson
pendant qu'une force amphibie remonte le fleuve pour rejoindre
les deux bataillons de parachutistes, largués sur l'objectif.
12 000 hommes sont engagés avec une soixantaine de blindés légers,
des navires de débarquement et une douzaine de chasseurs. L'opération
est un échec en raison de la méconnaissance du terrain, peu propice à la
progression des deux colonnes. En outre, la vingtaine de Junkers
52 disponibles nécessite un largage en plusieurs vagues qui laissent
le temps de fuir aux dirigeants Viet minh.
Le
Corps expéditionnaire se trouve donc contraint de poursuivre
un ennemi refusant l'affrontement direct avec des effectifs insuffisants.
En même temps, il doit contrôler les grandes agglomérations,
les voies de communications et les zones les plus peuplées pour
limiter les possibilités de recrutement du Viet minh, ce qui
entraîne une grande dispersion de ses forces. La faiblesse des
renforts en provenance de la métropole implique un engagement
croissant des unités africaines malgré les problèmes politiques
qui en découlent et une valeur militaire inégale.

Un poste
d'observation de la Légion dans un paysage du Tonkin
composé de pitons rocheux recouverts d'une épaisse végétation.
(SHILE)
La
Légion étrangère apparaît donc rapidement comme la solution idéale.
Ses recrues ne manquent pas d'expérience et ses pertes ne touchent
guère l'opinion publique. Avec les parachutistes, elle deviendra
l'épine dorsale du Corps expéditionnaire.
page
1 - page 2 - page
3 - page 4 - page 5 |