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L'intervention
japonaise de 1945
La
chute du gouvernement de Vichy et la libération de la France
rendent de plus en plus probable une intervention des garnisons
japonaises, présentes en Indochine depuis l'accord d'Hanoï du
30 août 1940. Une brigade d'Extrême-Orient et un corps léger
d'intervention sont en cours de constitution en Afrique du Nord
et à Madagascar. Les unités françaises en Indochine doivent résister
le plus longtemps possible puis tenir le maquis en attendant
le parachutage des premiers renforts. Coupés de la métropole
depuis septembre 1941, elles ne disposent plus que de 55 000
hommes, équipés d'un armement démodé et fatigués par leur isolement. L'unité la
plus solide, le 5e REI comporte 3 bataillons de légionnaires à la
fois expérimentés et disciplinés car l'affectation sur ce théâtre
d'opération reste une récompense. Deux de ses bataillons ont
combattu avec efficacité lors de la guerre contre le Siam, en
janvier 1941, durant laquelle les forces françaises se
sont bien comportées. L'aviation est squelettique et comporte
essentiellement des appareils démodés puisque les
plus modernes sont les quelques chasseurs Morane-Saulnier MS
406 encore en service.
L'attaque
japonaise se déclenche le 9 mars. Lassés par la multiplication
des alertes, les garnisons françaises sont le plus souvent surprises.
Dispersés, les légionnaires du 5e REI sont également vulnérables.
A Langson, le peloton motorisé du sous-lieutenant Duronsoy est
massacré sur le glacis du fort Brière de l'Isle. Le capitaine
Fenautrigues et 120 légionnaires sont bloqués dans la citadelle
d'Hanoï où ils résistent pendant plusieurs heures sous l'impulsion
des adjudants-chefs Roman et Demont. Le capitaine tombe parmi
les premiers et la moitié de l'effectifs est mis hors de combat.
A Tong, les Japonais massacrent à la baïonnette et au sabre le
personnel des services. Partout, des légionnaires et d'autres
soldats français sont assassinés après leur reddition.
Certaines
rares garnisons réussissent à tenir quelques jours sans espoir
d'être secourues. Au Tonkin, les rescapés du 5e REI rallient
la force conduite par le colonel Alessandri. Les 1er et 2e bataillon
traversent le fleuve Rouge le 10 mars. Le 3e bataillon les rejoint
le lendemain. Les troupes françaises, réduites à 6 000 européens,
sont talonnées par les Japonais. Il leurs devient rapidement
impossible de se maintenir dans l'arrière-pays.
Elles
entament donc une longue retraite de plus de 800 kilomètres qui
les conduit en Chine, dans la région du Yunnan encore tenue par
les Nationalistes et les Américains. Le 2 mai, après 57 jours
de marches et de combats incessants, la frontière est franchit.
2 129 Européens sur 14 000 sont tués lors de cette courte campagne.

En 1945, l'armée
japonaise, vaincue dans le Pacifique et sur mer,
dispose encore de moyens considérables sur le continent asiatique. (NA)
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