La RC4 - Indochine 1950
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Le piège se referme

Entre-temps, la situation du reste de la colonne de secours n'a cessé de se dégrader. L'ennemi semble partout. Depuis le poste de commandement de Langson, le commandement français envoie Charton à son secours par la piste de Quang Liet. Lepage décide alors de se retrancher dans la cuvette de Coc Xa qu'il estime plus facile à défendre. Le BEP rejoint les crêtes dominant la position de Lepage qui lui ordonne de descendre le rejoindre puis accepte que l'opération se fasse de jour et enfin préfère le laisser sur sa position toute la journée !

Charton ne reçoit ses nouveaux ordres que le 4. Il détruit ses véhicules et ses armes lourdes puis perd du temps pour trouver l'entrée de la piste, abandonnée depuis de nombreuses années. Toute la journée du 4, la progression est lente car il faut ouvrir la route au coupe-coupe.


Légionnaires du 2/3e REI dans la région de That-Khé en 1950.
(SHILE)

A Coc Xa, Lepage ordonne finalement au BEP de le rejoindre sans tarder dans la cuvette. Les légionnaires doivent descendre une pente abrupte de 300 mètres dans l'obscurité. Une dizaine de légionnaires se tuent en tombant dans le vide, d'autres succombent aux coups des Viets qui s'infiltrent dans leurs rangs. A l'aube, ils ne sont guère plus de 300 autour de leur commandant.

A peu près au même moment, le 3e bataillon du 3e REI débouche dans la vallée de Quang Liet et se trouve immédiatement accroché par l'ennemi. Charton doit déborder par les crêtes pour que la colonne puisse poursuivre sa marche. A la tombée de la nuit, il établit enfin un contact radio direct avec Lepage et prend connaissance de la gravité de la situation. Pourtant la jonction ne peut s'effectuer le lendemain. Le terrain plus que l'ennemi ralentit la marche d'une colonne de plus en plus étirée. Dans la soirée du 6, le 3e bataillon de la Légion atteint seulement la cote 590 après de sévères combats d'arrière-garde.

Lepage a pris le commandement des deux forces dans l'après-midi du 6 et donne l'ordre à Charton de l'attendre, alors même que celui-ci pense pouvoir faire sa jonction avec les renforts en provenance de That Khé. Une nouvelle fois, Lepage place tous ses espoirs dans le BEP et lui demande d'ouvrir la voie à l'ensemble du groupement Bayard. C'est une mission suicide. L'assaut commence vers 3 heures du matin. Les légionnaires doivent affronter une muraille de feu. Epuisés, à court de munitions, ils progressent quand même en lançant les dernières grenades, baïonnette au canon ou couteau à la main. Au bout de quelques minutes, il ne reste que 110 hommes valides sur 300 et l'ennemi. Rendus fou de terreur, les Marocains foncent alors droit devant eux. Tirant indistinctement sur les légionnaires et les Viets, ils réussissent enfin à forcer le passage. Le groupement s'engage en désordre dans la brèche, perdant toute cohésion et une grande partie de ses effectifs.

 

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