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Le piège se referme
Entre-temps,
la situation du reste de la colonne de secours n'a cessé de se
dégrader. L'ennemi semble partout. Depuis le poste de commandement
de Langson, le commandement français envoie Charton à son secours
par la piste de Quang Liet. Lepage décide alors de se retrancher
dans la cuvette de Coc Xa qu'il estime plus facile à défendre.
Le BEP rejoint les crêtes dominant la position de Lepage qui
lui ordonne de descendre le rejoindre puis accepte que l'opération
se fasse de jour et enfin préfère le laisser sur sa position
toute la journée !
Charton
ne reçoit ses nouveaux ordres que le 4. Il détruit ses véhicules
et ses armes lourdes puis perd du temps pour trouver l'entrée
de la piste, abandonnée depuis de nombreuses années. Toute la
journée du 4, la progression est lente car il faut ouvrir la
route au coupe-coupe.

Légionnaires
du 2/3e REI dans la région de That-Khé en 1950.
(SHILE)
A Coc
Xa, Lepage ordonne finalement au BEP de le rejoindre sans tarder
dans la cuvette. Les légionnaires doivent descendre une pente
abrupte de 300 mètres dans l'obscurité. Une dizaine de légionnaires
se tuent en tombant dans le vide, d'autres succombent aux coups
des Viets qui s'infiltrent dans leurs rangs. A l'aube, ils ne
sont guère plus de 300 autour de leur commandant.
A peu
près au même moment, le 3e bataillon du 3e REI débouche dans
la vallée de Quang Liet et se trouve immédiatement accroché par
l'ennemi. Charton doit déborder par les crêtes pour que la colonne
puisse poursuivre sa marche. A la tombée de la nuit, il établit
enfin un contact radio direct avec Lepage et prend connaissance
de la gravité de la situation. Pourtant la jonction ne peut s'effectuer
le lendemain. Le terrain plus que l'ennemi ralentit la marche
d'une colonne de plus en plus étirée. Dans la soirée du 6, le
3e bataillon de la Légion atteint seulement la cote 590 après
de sévères combats d'arrière-garde.
Lepage
a pris le commandement des deux forces dans l'après-midi du 6
et donne l'ordre à Charton de l'attendre, alors même que celui-ci
pense pouvoir faire sa jonction avec les renforts en provenance
de That Khé. Une nouvelle fois, Lepage place tous ses espoirs
dans le BEP et lui demande d'ouvrir la voie à l'ensemble du groupement
Bayard. C'est une mission suicide. L'assaut commence vers 3 heures
du matin. Les légionnaires doivent affronter une muraille de
feu. Epuisés, à court de munitions, ils progressent quand même
en lançant les dernières grenades, baïonnette au canon ou couteau à la
main. Au bout de quelques minutes, il ne reste que 110 hommes
valides sur 300 et l'ennemi. Rendus fou de terreur, les Marocains
foncent alors droit devant eux. Tirant indistinctement sur les
légionnaires et les Viets, ils réussissent enfin à forcer le
passage. Le groupement s'engage en désordre dans la brèche, perdant
toute cohésion et une grande partie de ses effectifs.
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