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Echec à Dong Khé
Le
1er octobre, le groupement Bayard approche de la cuvette de
Dong Khé après avoir occupé le poste de Na Pa, abandonné par
l'ennemi. Le peloton d'élèves gradés du lieutenant Faulque
ouvre la marche. Vers 16 heures, après un bref accrochage,
il fonce vers Dong Khé, distant d'à peine un kilomètre, entraînant
le reste du BEP à sa suite.
Mais
alors que les légionnaires commencent à descendre dans la cuvette,
les Viets déclenchent un tir nourri d'armes automatiques et
d'armes lourdes. Vers 17 heures, les parachutistes sont cloués
au sol par les unités installées sur les crêtes avoisinantes.
Toutefois, le poste lui-même semble faiblement occupé et le
commandant Segrétain pense qu'il est possible d'emporter la
décision avant la nuit. Le colonel Lepage opte pour la prudence
et décide de remettre l'attaque au lendemain avec l'appui de
l'aviation. Ce premier combat coûte 30 tués au BEP.

Vue aérienne
du poste de Dong Khé surplombé par les pitons avoisinants
(DR)
Le
2 octobre à l'aube, le groupement Bayard tente une attaque
en tenaille pour occuper les hauteurs qui entourent Dong Khé.
Les tirailleurs et le 1er Tabor doivent progresser par l'ouest,
le 1er BEP et le 11e Tabor par l'est. Les Viets se sont considérablement
renforcés dans la nuit et bloquent tous les axes d'attaque.
A midi, malgré quelques progrès obtenus au prix de lourdes
pertes, il devient vite évident que l'opération doit être abandonnée,
d'autant plus qu'une météo défavorable a interrompu l'appui
aérien.
Plus
grave encore, les avions d'observation ont aperçu d'autres
unités Viet minh en marche pour rejoindre le champs de bataille.
Le colonel Lepage ordonne un retour vers That Khé, où le 3e
BCCP (bataillon colonial de commandos parachutistes) vient
de sauter en renfort, quand un message lancé par avion lui
apprend l'évacuation de Cao Bang et sa mission de recueil.
L'ordre vieux de deux jours est alors totalement inapplicable.
Lepage décide donc de contourner Dong Khé par l'ouest en empruntant
l'ancienne piste de Quang Liet puis de rejoindre Charton sur
la RC4, une quinzaine de kilomètres plus au nord. Il laisse
le BEP et le 11e Tabor au sud de Dong Khé pour fixer l'adversaire.
Si
cohérent qu'il puisse paraître, ce plan est dès le début voué à l'échec
en raison de l'énorme supériorité numérique des Viets. Les
unités qui se tournent à l'ouest de la RC4 doivent progresser
dans une jungle épaisse et accidentée où les communications
radios sont difficiles et l'ennemi omniprésent. Les Viets se
contentent en effet de masquer la position du BEP à Na Pa et
poursuivent les hommes de Lepage. Le 2 octobre, en fin d'après-midi,
ils attaquent en force, balayant une compagnie entière du 8e
RTM.
Pendant
ce temps, près de la RC4, les goumiers du commandant Delcros
sont chassés de Na Kéo après des combats d'une rare violence
où l'ennemi n'est pas comptable de ses pertes. Le commandant
Segrétain ne dispose déjà plus que de 500 à 600 légionnaires-parachutistes
sur un effectif initial de 800. Plutôt que d'être pris au piège
dans la cuvette, il choisit de contre-attaquer pour prendre
les hauteurs environnantes et de fournir une diversion susceptible
de desserrer l'étau autour des troupes de Lepage.
L'assaut
commence dans l'obscurité avec le soutien des goumiers rescapés.
Tout d'abord surpris, les Viets se reprennent et déciment les
légionnaires. Ceux-ci continuent néanmoins à avancer. Puis
la progression devient impossible devant la formidable puissance
de feu déployée par l'ennemi. Le commandant Segrétain ordonne à ses
hommes de s'accrocher à la mi-pente. Avec le commandant Delcros,
il informe par radio Lepage de son intention de décrocher peu
avant l'aube. Celui-ci fini par accepter mais demande au BEP
de le rejoindre.
Segrétain
et Delcros décident de faire un détour par le col de Lung Phaï pour
faire évacuer la centaine de blessés par les goumier encore
valides. La colonne commence à peine à s'engager sur la route
que les Viets la submergent. Les goumiers sont abattus ou dispersés
et la plupart des blessés achevés. Les survivants refluent
vers le BEP qui fonce droit devant lui. Une trentaine de légionnaires
tombent mais les autres réussissent à se dégager. Le 3 octobre
en fin de journée, les 400 survivants du BEP et quelques goumiers
atteignent la côte 765, située à deux kilomètres au sud-ouest
de Dong Khé. Ils sont fatigués et manquent de munitions mais
leur calvaire ne fait que commencer.
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