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Dong Khé
Le
16 septembre, 5 bataillons d'infanterie et 1 d'armes lourdes
encerclent le poste de Dong Khé. La place est gardée depuis
le 8 septembre par les 5e et 6e compagnie du 2e bataillon du
3e REI, soit environ 300 hommes soutenus par un canon de 105
et un de 57.
La
préparation d'artillerie ébranlent les fortifications malgré l'intervention
des kingcobras de l'armée de l'air qui cherchent à museler
les pièces ennemies dans l'après-midi. Les "bo doï" montent à l'assaut à 8
reprises et pénètrent dans l'enceinte du poste. La garnison
compte déjà 40 morts et 86 blessés. Une violente contre-attaque
lui permet de reprendre un peu du terrain perdu. Les combats
se poursuivent toute la nuit. Certains blockhaus changent de
mains à plusieurs reprises avant d'être définitivement perdu.
Le toit de celui du sud-est s'effondre vers 6 heures du matin.
Un seul rescapé peut rejoindre la trentaine de survivants acculés
dans la citadelle.
Après
un dernier message radio à l'aube, les légionnaires résistent
encore toute la journée. Le capitaine Jaugeon fait alors distribuer
aux 19 légionnaires encore valides les 300 dernières cartouches.
Trois groupes tentent de s'infiltrer dans les lignes ennemies
sous le couvert de l'obscurité. Cinq jours plus tard, le capitaine
Allioux arrive à That Khé avec 8 légionnaires dépenaillés et épuisés.
Dans les jours suivants, deux caporaux puis un sergent les
rejoignent après s'être évadés. 85 légionnaires sont morts.
140 autres prennent le chemin de la captivité, blessés ou ensevelis
sous une marée humaine. Les pertes ennemies oscillent probablement
entre 500 et 800 hommes hors de combat.
Les
plans opposés
Malgré la
chute de Dong Khé, l'évacuation de Cao Bang par la RC4 est
maintenue à la grande colère du colonel Charton, averti au
dernier moment par le général Alessandri, lui aussi opposé à l'opération.
La garnison comporte le 3e bataillon du 3e REI (600 hommes)
du commandant Forget, un bataillon de partisans, une section
du génie, une section d'artillerie et 600 goumier du 3e tabors
récemment aérotransportés en renfort.

Un
groupe de légionnaires du 3/3e REI part en reconnaissance
peu avant l'évacuation de Cao Bang.
(SHILE)
Forte
de 1.600 hommes, la colonne quitte Cao Bang le 1er octobre
après avoir détruit 150 tonnes de munitions et les fortifications
de la place. Elle est ralentie par ses véhicules et près de
600 civils qui craignent les représailles du Viet minh et n'ont
pu être évacués par avion. Il faut néanmoins parcourir 22 kilomètres
sur la RC4 pour rejoindre le groupement Bayard du colonel Lepage
fort de 3 500 hommes. Le haut commandement pense ainsi prendre
le Viet minh par surprise et constituer une force capable de
repousser toutes les attaques.
Après
quelques jours passés à That Khe, le colonel Le Page reçoit
donc l'ordre de reprendre le poste Dong Khé. Il dispose pour
cela du 1er et du 11e Tabors, d'un bataillon de marche du 8e
RTM et vient d'être renforcé par l'arrivée du 1er BEP du commandant
Segrétain, largué le 17 et le 18 septembre. 28 kilomètres séparent
le groupement Bayard de Dong Khé et il faudra en couvrir 6
de plus pour rejoindre la colonne de Charton. Or, pour des
raisons de sécurité discutables, le colonel Lepage n'est pas
encore informé de cette partie de sa mission. En face, le piège
est prêt à se refermer. Protégé par la jungle, le Viet minh
engage sans éveiller l'attention les régiments 36, 88, 99,
165, 174, 175, 209 et 246 mais aussi la brigade 308 (La fameuse "brigade
de fer", unité d'élite bientôt transformée en division.) et
des unités régionales, soit au total une trentaine de bataillons
dont 6 ou 7 d'armes lourdes.
Pour
diriger cette masse de 20.000 hommes, Giap dispose pour la
première fois de moyens radios. La réaction française, lente
et prévisible, lui permet de concentrer l'essentiel de ses
moyens sur la zone d'opération et de monter une gigantesque
embuscade.
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