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Pilote
de B17 au cours de la seconde guerre mondiale, Wally Hoffman était
de ceux qui ont survécu à la mission du 14
octobre 1943, au cours de laquelle l'USAAF a perdu 62 forteresses
volantes
et leurs équipages. Le raid du Jeudi noir constitue
une parfaite application de la doctrine américaine
du "daylight
precision bombing". Destiné à paralyser
l'adversaire en attaquant des cibles vitales, ce mode de
bombardement était,
du moins à l'origine, destiné à réduire
la durée des conflits, de telle sorte que soit évitée
l'horrible boucherie de la première guerre mondiale.
Le récit de Wally Hoffman, peut sembler irréel,
mais ce n'est que l'exacte vérité, corroborée
par d'innombrables autres témoignages(1).
Schweinfurt nous fait songer immédiatement à Verdun
: l'assaut, sous la mitraille et le feu de l'artillerie,
pour gagner au prix de très lourdes pertes, quelques
dizaines de mètres. Dans le ciel d'Allemagne, à la
fin de l'année 1943, les conditions de la guerre étaient
devenues celles-là mêmes que le bombardement à haute
altitude était censé éviter. L'action
a eu lieu à une altitude de 24.000 pieds, ce qui en
1943 était considéré comme une haute
altitude. Elle était cependant, comme on peut le voir,
très
insuffisante pour mettre les bombardiers à l'abri
de l'artillerie anti-aérienne.
"Je
n'étais pas mort, et je n'étais plus en vie ;
réfléchis maintenant, si tu as un peu d'intelligence, à ce
que j'étais devenu, privé à la fois de
la vie et de la mort"
"L'Enfer, de Dante"
"Lorsque
l'on a atteint le point de non retour, c'est là que
commence la réalité".
Une
fois de plus je sens cette maudite lampe sur mon visage, et j'entends
que l'on m'invite au petit-déjeuner à cinq heures
avec briefing à six. J'essaie de garder les yeux ouverts
et de rassembler mes pensées. J'étais loin d'imaginer
comment ce jour fatal allait se terminer.
Cette
mission va être la quatrième. Je me demande quelle
maudite cible nous allons découvrir sur la carte dans la
salle de Briefing. Nous étions allés à Cologne, à Brême,
Kassel, et hier nous avons volé comme suppléants.
A défaut d'autre chose, nous apprenons la géographie
de l'Allemagne. Cette fois-ci, j'ai pu me raser à l'eau
froide, car j'ai pensé à remplir d'eau mon casque
et à le mettre sur le poêle avant d'aller me coucher.
Nous avions eu de l'eau chaude la veille, et j'avais pu m'offrir
le luxe d'une douche chaude. J'apprends à me couler dans
la routine qui semble s'installer, en enfilant les vêtements
sortis la nuit précédente.
En
passant la porte, je contemplai ces lits vides, et je pensais à tout
ceux qui étaient là hier, à faire la même
chose que moi. J'étais loin de me douter qu'il y en aurait
beaucoup plus ce soir, puisque plus de 60 avions allaient être
descendus, laissant plus de 600 lits vides.
Dehors,
il ne faisait pas simplement noir, il y avait du brouillard. Je
me disais : ils ne vont tout de même pas nous faire décoller
par un temps pareil ? En entrant au mess de combat, j'avais toujours
le même noud dans l'estomac, et les oufs semblaient toujours
me regarder. A la table, il y avait toujours Bob (Sgt Robert Smith)
avec une assiette pleine, et un visage sans expression. Resnik
(S/Sergent John Resnik) n'avait plus envie de s'empiffrer depuis
sa première mission où il s'était retrouvé,
en altitude , avec des crampes épouvantables.
Bientôt nous étions
dehors, et à nouveau le "dépêchez-vous
et maintenant attendez".
Je me mis à réfléchir à ce que l'on apprenait au
fil des missions :
- 1.utiliser
un préservatif pour couvrir le micro dans le masque à oxygène,
de façon à le garder au sec.
- 2.presser
le masque à oxygène de façon à ce
que la glace ne l'obstrue pas
- 3. le secouer
pour faire partir la glace.Puis
j'eus la bonne idée d'emporter deux masques.
- 4. utiliser
un préservatif pour uriner, faire un noud et balancer
par-dessus bord. (Lorsque mes enfants me demandent ce que
j'ai fait pendant
la guerre, je leur dis : j'ai eu le plaisir de pisser
sur toute l'Allemagn
1.
On peut lire entre autres, le récit de Pierre Closterman " Roulements à billes
et Forteresses volantes ", Le Grand cirque, Flammarion,
1948, p.71 à 77. P. Closterman pilotait l'un des Spitfire
chargés d'accompagner les B17 sur le chemin du retour.[retour
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