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Le
Merlin au combat
Presque
tous les appareils britanniques, chasseurs ou bombardiers, ont été,
au cours de la guerre, équipés du Merlin. De par sa configuration
en V, le Merlin offrait une surface frontale réduite, qui le
prédisposait à être monté dans les chasseurs. Il motorise dès
l'origine les deux chasseurs mythiques de la Bataille d'Angleterre,
le Spitfire et le Hurricane. Les premiers Hurricane et Spitfire
reçoivent le Merlin II. L'Anglerre dispose également d'un autre
chasseur moderne motorisé par le Merlin, le Boulton & Paul Defiant.
Ce chasseur biplace possède la caractéristique inhabituelle d'être
doté d'une tourelle arrière. Le pilote peut se concentrer exclusivement
au pilotage, et le mitrailleur tirer sur 360° avec ses 4 browning
de 0.303. Le Defiant, qui équipe le 141 et le 264 Squadron, participe également à la
Bataille. (Très efficace contre les bombardiers, le Defiant ne
pouvait lutter seul contre la chasse allemande, et connut de
lourdes pertes).
Conçu
pour les chasseurs, le Merlin équipe aussi la presque totalité des
bombardiers anglais, tout d'abord les bimoteurs (Stirling, Whitley,
Mosquito) puis les quadrimoteurs Lancaster et Hallifax. Il remplace
le Bristol Hercules sur la version II du Beaufighter, et le Pegasus
sur la version II du Wellington, à l'époque où l'on craignait
des difficultés d'approvisionnement pour les moteurs Bristol.
Le Merlin motorise aussi deux chasseurs américains, le Curtiss
P 40 en nombre limité, et le P51 Mustang en presque totalité.
En fait, rares sont les avions britanniques qui n'ont pas, à un
moment ou à un autre, été animés par le Merlin.
La
métamorphose du Manchester
À la
fin de l'année 1940, le péril de l'invasion ayant été écarté,
du moins provisoirement, l'Angleterre se trouve dans la nécessité de
passer à l'offensive, et faute de front terrestre, il faut agir
par la voie des airs. Cependant, les raids menés de jour au cours
de l'année 1939 se sont soldés par de lourdes pertes, sans pour
autant atteindre leurs objectifs : il est évident que les missions
ne devront plus avoir lieu que la nuit. Sous la pression de Winston
Churchill, qui sent que l'opinion publique est prête à accepter
l'idée du bombardement stratégique nocturne, avec tous les dommages
collatéraux qu'il implique(6),
l'État-Major de l'Air donne dans une instruction du 30 octobre
1940, l'ordre de bombarder les raffineries et dépôts de carburant
par temps clair, et les villes dans les autres circonstances.
L'objectif est double : toucher l'économie allemande, et plus
particulièrement son industrie de l'armement et atteindre le
moral du peuple allemand. Il fallait donc être capable de déverser
sur l'Allemagne une énorme quantité de bombes, au moyen d'avions
gros porteurs.
Le
problème était que de bombardiers lourds il n'y avait pas.L'Angleterre
devait très rapidement construire une flotte de bombardiers capables
d'emporter de lourdes charges sur une distance de plusieurs centaines
de kilomètres, et de disposer encore d'une réserve de carburant
suffisante pour revenir en Angleterre. Dans la mesure où les
chasseur à long rayon d'action étaient encore absents, les bombardiers
devaient assurer seuls leur protection contre les chasseurs ennemis.
Sans garantir une totale sécurité, le vol de nuit et à haute
altitude permettrait de limiter les pertes. Le bombardier de
nuit ayant moins à redouter des attaques des chasseurs, son armement
défensif pouvait être réduit (les bombardiers de nuit étaient
dépourvus de tourelle ventrale) et l'avion allégé, au profit
des capacités d'emport. En mai 1936, le Ministère de l'air britannique
avait défini les besoins de la RAF : un bimoteur susceptible
d'emporter 16 tonnes de bombes ou 2 torpilles.Deux entreprises
sont retenues, Handley Page et A.vro(7),
et invitée à présenter un prototype. Avro est sélectionné et
propose un avion, le type 679, dont la motorisation est assez
curieuse. De façon à obtenir la puissance nécessaire, Rolls Royce
a assemblé deux V12 opposés Peregrine(8)(une évolution
du Kestrel) , qui constituent alors un X de 24 cylindres appelé Vulture(9).
Le X 24 fournit théoriquement à peu près 1600 cv, pour une cylindrée
de 42 litres. Deux prototypes seront en fait construits. Le prototype
L7246 prend l'air le 25 juillet 1939. Le L7247, armé, vole le
26 mai 40. Le premier appareil de production sort le 5 août 1940,
mais en raison de la priorité donnée
aux chasseurs pendant la Bataille d'Angleterre, le deuxième appareil
n'est livré que le 25 octobre 1940. L'appareil, baptisé Manchester,
est révélé à la RAF le 9 janvier 1941. Le moteur s'avère décevant
: le manque de puissance est évident, des mises au point sont
nécessaires, et défaut rédhibitoire pour un avion militaire,
le liquide de refroidissement passe par des tubulures particulièrement
exposées, sous le moteur. Une seule balle de mitrailleuse suffit à mettre
le moteur en panne, lorsqu'elle ne déclenche pas un incendie.
Le plafond n'est que de 4000 m, et le rayon d'action de 1900
Km. Il semble alors que la solution ne peut venir que d'un quadrimoteur,
et du reste dès le milieu de l'année 1940, le Ministère de l'air
avait demandé l'étude d'un avion de ce type, capable d'emporter
5 tonnes , sur 2500 miles à 450 Km/h avec un plafond de 4 500
m.
6.Les
Britanniques admettent à cette époque que la précision du bombardement
est de l'ordre du kilomètre.[retour au texte]
7.Socéité fondée
par le pionner de l'aviation Alliot Vernon Roe en 1910, rachetée
en 1928 par Armonstrong Siddeley.[retour au texte]
8.Faucon
pélerin.[retour au texte]
9.Vautour.[retour
au texte]
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