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Les chasseurs de
la RAF qui ont résisté à l'invasion allemande en 1940 étaient
tous équipés du même moteur, le Rolls-Royce Merlin. Ce même moteur
a propulsé la majorité des bombardiers du Bomber Command, et
une partie des chasseurs de la 8th USAAF. Baptisé du nom d'un
oiseau de proie, comme tous les moteurs à pistons de la marque,
le Merlin(1) est un groupe
propulseur exceptionnel à plusieurs titres.
- Contrairement aux autres moteurs, qui évoluent assez peu au cours de la guerre,
il connaît des développements extrêmement importants : entre 1939 et 1945,
on ne dénombre pas moins de 52 versions différentes, dont la puissance va du
simple au double .
- Il équipe pendant toute la durée de la guerre, un grand nombre d'avions,
de tous types, du chasseur au bombardier lourd : Spitfire, Hurricane, Boulton
Paul Defiant, Avro Lancaster, de Havilland Mosquito, Handley Page Hallifax,
Armstrong-Whitworth Whitley, P 51 Mustang. Le Merlin a même remplacé le Hercules
sur la version II du Bristol Beaufighter et le Pegasus dans la version II du
Wellington.
- Il ne motorise pas seulement un grand nombre d'appareils, il transfigure
deux des avions les plus importants de la seconde guerre mondiale . Du médiocre
Manchester, il fait le remarquable Lancaster, l'appareil mythique du Bomber
Command. Du P51 Mustang, appareil de qualité aux performances limitées, il
fait le meilleur chasseur à long rayon d'action de la guerre, le seul capable
de protéger efficacement les B17 de la 8th USSAF.
- C'est enfin le seul moteur à avoir été construit en grande série simultanément
des deux côtés de l'Atlantique.

La naissance du Merlin
Loin de faire appel à des
techniques révolutionnaires, le Merlin est un moteur conventionnel,
dérivant de groupes propulseurs relativement anciens, que les
ingénieurs et techniciens de chez Rolls-Royce ont " simplement " porté à un
degré de perfection jusque là inconnu.
Le
Merlin naît dans une famille de 12 cylindres en V, dont l'origine
chez Rolls-Royce remonte à la première guerre mondiale. Tous,
nous l'avons dit, portent des noms d'oiseaux de proie : en étudiant
les moteurs à pistons de Rolls Royce, on prend aussi une leçon
d'ornithologie.C'est avec l'Eagle(2) que
Rolls fait son entrée dans l'aéronautique, en 1915. Le V 12 Eagle
propulse des bombardiers comme le Short (1916), le Vickers Vimy
(1917), le Handley Page 0/100 (1916), le Handley Page 5/1500
(1918), et des chasseurs comme le AIRCO DH 4 (1917). L'Eagle
est aussi monté dans des avions américains (Fairy F 17). Selon
les versions, il délivre entre 250 et 375 cv. Il s'agit, pour
l'époque, d'une puissance considérable, qui reste l'apanage des
moteurs à refroidissement par eau. Pour ce type de moteur, les
Américains, les Britanniques et les Français préfèrent les 12
cylindres en V : Rolls Royce, Hispano-Suiza, Renault, Liberty
. Les Allemands et les Italiens sont fidèles aux 6 cylindres
Mercédès, Fiat ou Isotta-Fraschini.
Lorsque
la puissance requise n'excède pas 100 cv, presque tous les constructeurs
ont recours soit au moteur Gnome et Rhône, un 9 cylindres en étoile
d'une capacité de 11 litres, refroidi par air, qui tourne autour
du vilebrequin fixe, et que l'on appelle rotatif (ou familièrement
rototo) soit au moteur de Clerget, construit sur le même principe.
Les Allemands montent l'Oberursel, un 9 cylindres à refroidissement
par air qui ressemble beaucoup au Gnome et Rhône . Ces moteurs
rotatifs suffisent à motoriser des avions légers, tels que le
triplan Fokker (environ 400 Kg à vide), mais ne conviennent pas
aux chasseurs lourds et aux bombardiers.
1.Émerillon,
petit faucon utilisé autrefois pour la chasse.[retour
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2.Aigle.[retour
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