page
1 - page 2 - page 3 - page
4 - page 5
A la
fin des années 30, l'avion est encore une machine relativement
simple et bon marché en comparaison des appareils contemporains.
Sa durée de vie opérationnelle est courte (on ne prévoit pas
de maintenir un appareil en service 30 ans et plus comme c'est
le cas aujourd'hui). En contrepartie, le nombre d'exemplaires
nécessaires est très élevé.
Bien
qu'ayant quelque expérience de la construction aéronautique,
la Canadian Car and Foundry est avant tout spécialisée dans le
matériel ferroviaire. La construction du Hurricane exige un effort
d'adaptation. Certes, avec sa structure tubulaire, le Hurricane
pose moins de problèmes de fabrication que le Spitfire, dont
la conception monocoque rend la construction délicate, tout particulièrement
au niveau des ailes, mais des difficultés subsistent. Les Anglais
envoient les plans, mais n'expédient ni l'outillage, ni les fixations
et les moules, pas plus que les gabarits de montage. Fort heureusement,
le Hurricane comporte peu de pièces moulées.
L'atelier
d'outillage de Canadian Car va jouer un rôle décisif dans la
réussite du projet, car certains détails en apparence mineurs,
posent en fait des problèmes majeurs. L'assemblage des tubes
qui constituent l'ossature de l'avion en est un bon exemple.
A priori, rien ne facilite plus la construction en petite série,
voire même artisanale, qu'une structure tubulaire. Sur le Hurricane,
tout n'est pas aussi simple : en effet, à chaque extrémité, la
section circulaire doit être transformée en une section carrée
pour pouvoir s'insérer dans le manchon d'assemblage. La machine
qui modifie la section des tubes n'existe qu'en Angleterrre.
Canadian Car devra contruire l'équivalent sur place, à partir
de plans fournis par Hawker. La réalisation de pièces de fonderie
devra de la même façon être résolue sur place. Il faut, à partir
des deux Hurricane anglais qui servent de modèles, usiner les
pièces, qui servent ensuite à créer un moule en caoutchouc. Fait
nouveau, la production du Hurricane est supervisée par une femme,
Elisabeth "Elsie" Mac Gill, la première femme d'Amérique du nord
titulaire d'une diplôme d'ingénieur en construction aéronautique.
Si
le Merlin vient directement de chez Rolls Royce, il arrive sans
ses tubulures d'échappement. Leur dessin particulièrement complexe
contraindra les chaudronniers canadiens à se surpasser. Hawker
et ses sous-traitants envoient des techniciens pour conseiller
et contrôler, la RAF dépêche deux inspecteurs. Malgré tous les
efforts conjugués, lorsque la guerre éclate, Hawker en est encore à résoudre
ses problèmes d'outillage.
Les
modèles produits au Canada
Dès le début de
la fabrication, les Hurricane construits au Canada ont eu des
ailes métalliques et une hélice tripale Hamilton Hydromatic à pas
variable alors même que l'hélice tripale n'avait pas encore été introduite
chez Hawker en Angleterre.
Les Canadiens produisirent les modèles suivants :
- Hurricane
Mark I , moteur RR I Merlin III, 8 mitrailleuses Browning 0.303
- Hurricane
Mark II B : moteur RR Merlin XX, 12 mitrailleuses Browning,
points
d'encrage pour les bombes ou réservoirs largables.
- Hurricane Mark
II C : moteur RR Merlin XX, 4 canons de 20 mm en remplacement
des mitrailleuses
- Hurricane Mark
X : moteur Packard Merlin dit Merlin 28, 8 mitrailleuses Browning
de 0.303
- Mark XI
Merlin 28, 8 browning, équipement RCAF
- Mark XII moteur
Packard Merlin 29, 12 brownings
- Mark XIIA, moteur
Packard Merlin 29, 8 brownings.
La Canadian Car
and Foundry se lancera même dans l'adaptation de skis en 1943
sur le n° de série 5624. Cette expérience bien que satisfaisante,
restera sans suite.
En revanche, ne seront pas fabriqués au Canada :
- Le Mark
IID, armé de 2 canons Vickers de 40 mm et de deux mitrailleuses
de 0.303
- Le Mark
IIE, désigné aussi Mark IV, qui disposait du Merlin 27 de 1650 cv
et pouvait au choix être armé de canons de 40 mm, de
roquettes, de bombes et de mitrailleuses.
- Le Mark
IV était
destiné à l'attaque au sol des colonnes blindées (Afrique
du Nord, Italie, Burma).
page
1 - page 2 - page
3 - page 4 - page
5 |