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[note de la rédaction
: Philippe Rouyer a étudié les applications du microfilm en
France, aux États-Unis (boursier Fulbright en 1989 et 1995) et
au Royaume-Uni (boursier du British Council, 1990). Auteur de
nombreux articles dans des revues spécialisées, il a soutenu
en 1999 une thèse sur l'Evolution de la technique cinématographique
et l'émergence de la micrographie documentaire (Paris III Sorbonne
nouvelle). Philippe Rouyer oriente désormais ses recherches sur
les applications militaires du microfilm au cours de la Seconde
Guerre mondiale s'intéresse également beaucoup à la
production des avions de guerre britanniques]
Si
la France de 1939 n'était pas préparée à la
guerre, l'Angleterre ne l'était guère plus. Ses
forces aériennes n'étaient pas en état de
combattre : à la veille de la déclaration de guerre,
La RAF ne dispose d'aucun bombardier lourd et le Fighter Command ne
peut aligner que des biplans dépassés. Les premiers Hurricane commencent
tout juste à être livrés. Il faut attendre
1940 pour voir arriver en nombre les Spitfire, puis en
1942, les Hawker Tempest, qui deviendront des avions de
légende. Au milieu de ces appareils mythiques, un vilain
petit canard, relativement peu connu bien qu'il ait été construit à plus
d'un millier d'exemplaires, le Boulton Paul Defiant.

Vu de loin, le Defiant, construit par Boulton
Paul Aircrafts Ltd, est un avion fin et racé, au
museau effilé, dont la silhouette rappelle le Hurricane.
En s'approchant, on distingue une excroissance bulbeuse derrière
le poste de pilotage : une tourelle équipée de
2 paires de Browning de calibre 0.303 (7,7 mm). Le Boulton
Paul Defiant repose en effet sur un concept inattendu,
le chasseur à tourelle. Monomoteur biplace, il possède
une tourelle motorisée qui peut s'orienter sur 360°.
L'avion semble posséder une forte puissance de feu,
et son pilote est entièrement déchargé des
soucis du tir. En revanche, aucun armement sur l'avant. La
concentration des quatre mitrailleuses dans la tourelle peut
le placer en fâcheuse posture si cette dernière
est endommagée ou si le mitrailleur est touché.

Comme
presque tous les avions britanniques, il est motorisé par
le Rolls-Royce Merlin, un V 12 à refroidissement
liquide de 27 litres de cylindrée qui développe
environ 1000 cv dans la première version (Merlin Mark
I), et un peu plus de 1200 cv dans la deuxième version
(Mark II). La tourelle pèse à elle seule 200 kg.
En ordre de marche, avec les pleins et les munitions, Le Defiant
rend plus de 800 Kg à un Hurricane équipé du
même moteur. Avec cet excès de poids, auquel s'ajoute
la traînée aérodynamique de la tourelle,
le Defiant se révèle plus lent que les chasseurs
conventionnels de la même génération (vitesse
maxi inférieure à 500 Km/h, vitesse de croisière
vers 400 km/h), et moins maniable. Il ne peut en aucun cas faire
jeu égal avec un Messerchmitt.
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