page
1 - page 2 - page 3 - page
4 - page 5
Le
B 17 et le daylight precision bombing
L'armée
américaine va donc envisager avec sérénité le
bombardement de jour d'objectifs précis, à haute
altitude. Elle va disposer pour cela de l'appareil idéal,
le bombardier 17 et du légendaire calculateur de visée
Norden.
Avec ses 4 moteurs
en étoile de 1200 cv, (1000 cv à 25
000 pieds, grâce à la suralimentation)
le B17 peut voler à 35 000 pieds
d'altitude. Cependant, du moins pour les
premières versions, le surnom de
forteresse volante est quelque peu usurpé,
car l'avion ne dispose que d'un armement
défensif léger (mitrailleuses
de 0.303). Ses capacités d'emport
ne sont pas exceptionnelles, et l'appareil
est peu logeable. Même s'il se classe
parmi les bombardiers lourds, le B17 n'offre
ni le volume utile, ni la capacité d'emport
des bombardiers britanniques. Le fuselage
est étroit, au point qu'il faudra
par la suite décaler les postes
des mitrailleurs latéraux pour éviter
qu'ils ne se gênent mutuellement,
et la circulation à l'intérieur
de l'appareil est difficile (en particulier
l'accès au poste de mitrailleur
arrière). Jusqu'à la version
F, l'avion n'est pas défendu par
l'avant, une faiblesse que les chasseurs
allemands sauront vite mettre à profit.
Sur le papier du moins, le B17 constitue
l'appareil idéal pour mettre en
pratique la théorie américaine
du bombardement stratégique. Le
prototype effectue son premier vol en le
28 juillet 1935 . Le type A, de pré-production,
est suivi du type B, livré en petit
nombre à l'USAAF peu avant septembre
1939.
Une déconvenue
: les premières Forteresses de la RAF
Dans
le cadre de la loi prêt-bail (11 mars 1941), 20 B17 type
C sont confiés à la RAF et sont affectés
au 90 Squadron sous les matricules AN 518 à AN 537. Les
Forteresses de la RAF sont en tous points semblables aux modèles
américains, à la seule différence des mitrailleuses
de 0.303 remplacées par des calibres 0.50. et des réservoirs
auto-obturants. La première mission, le 8 juillet 1941,
est une mission de bombardement
de jour à très haute altitude (30 000 pieds). Un
appareil connaît des problèmes de moteur, les deux
autres manquent la cible, mais reviennent à bon port.
Le 24 juillet, un groupe de B17 est envoyé sur la rade
de Brest. Là encore la cible est manquée, mais
la chasse allemande touche sévèrement un B 17 qui
se désintègre à l'atterrissage.
Les Britanniques
connaissent de sérieux problèmes à haute
altitude : les mitrailleuses sont gelées
par le froid, les masques à oxygène
sont obstrués, l'interphone défaillant.
Les missions malheureuses se succèdent,
si bien qu'en septembre 1941, 8 B17 ont été perdus
au combat ou détruits dans des accidents.
On constate que la cible est très
difficile à atteindre à partir
d'une altitude de 30 000 pieds, que l'armement
défensif n'est pas suffisant, que
seules des formations serrées peuvent
offrir une relative protection. Le remplacement
des mitrailleuses de 0.303 par des calibres
0.50 n'est pas une modification mineure.
La mitrailleuse légère 0.303
Browning a une cadence de tir élevée
(1140 coups/mn) mais ses projectiles sont
peu efficaces sur les blindages et les
réservoirs auto-obturants dont seront équipés
progressivement les chasseurs allemands.
Les Browning 0.303 ont surtout l'avantage
d'être légères(la mitrailleuse
pèse 10,4 Kg, le projectile 11.3
g). La Browning M2 de calibre 0.50, qui
sera le standard dans l'USAAF, a une cadence
de tir moins élevée (750
coups/mn), largement compensée par
un calibre supérieur : Les munitions
de 12,7 x 99 pèsent 48.5 g, la mitrailleuse
30 Kg.
Il faut toutefois
préciser que la RAF n'a pas droit
au calculateur Norden, mais au Sperry,
réputé moins performant.
Il n'est du reste pas certain que le calculateur
Norden, bien que supérieur à tous
les autres dispositifs de l'époque,
ait été à la hauteur
de sa réputation(4) .
Les B 17 de l'USAAF

Une formation
en vol serré de
B-17 américains. Même les pilotes allemands les
plus chevronnés hésitaient
à effectuer une
passe contre une telle puissance de feu.
(Copyright
USAF)
Sur
les B 17 de l'USAAF, le nombre de mitrailleuses se multiplie
: Le B 17 modèle D reçoit 6 mitrailleuses de 0.50
(2 latérales, 1 paire de mitrailleuses ventrale, 1 paire
de mitrailleuses dorsales, 1 mitrailleuse supplémentaire
de 0.303 dans le nez).
A parti du modèle
E, l'arrière est défendu
par une tourelle arrière manuelle équipée
de 2 mitrailleuses. Une tourelle électrique
est montée sur le dos, juste après
le poste de pilotage, et l'ouverture ovale
dans les flancs est remplacée par
des ouvertures rectangulaires, qui reçoivent
des plexiglass amovibles, modification
bienvenue sur des appareils destinés à connaître
le climat rigoureux de l'Europe du Nord.
Une tourelle ventrale commandée à distance
est installée (l'opérateur
dispose d'un viseur périscopique).
Elle est rapidement remplacée par
la fameuse tourelle ventrale habitée,
la Sperry ball turret. C'est le
premier modèle à recevoir
l'immense aileron arrière qui le
stabilise pendant le bomb run, et
par la même occasion, rééquilibre
la silhouette sur le plan esthétique.
Le modèle
F qui équipe la 8th Air Force,
présente de nombreuses améliorations,
peu visibles, mais importantes. Les moteurs
sont légèrement plus puissants.
Toujours faiblement défendu sur
l'avant, l'avion est souvent modifié sur
place, pour introduire des mitrailleuses
supplémentaires. Le modèle
G, qui entre en service à partir
de l'automne 1943 est celui qui sera produit
en plus grand nombre (4035). C'est le plus
fortement défendu, avec la tourelle
avant, dite chin turret.
.4. Stephen
McFarlan démythifie le Norden dans American Pursuit
of Precision Bombing, 1910-1945. Smithonian Press, 1995. [retour
au texte]
page
1 - page 2 - page 3 - page
4 - page 5
|