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Le
Botha : " A dreadful plane"
Puis
vint le Botha, un appareil qui éveille encore aujourd'hui
de mauvais souvenirs chez les anciens de la RAF. "A dreadful
plane" m'a-t-on dit encore récemment "nous
disions tous en plaisantant que nous aurions de la chance si
nous parvenions à quitter le sol, tant il était
lent. Je me rappelle aussi que notre instructeur avait un ou
deux doigts en moins, qu'il s'était fait couper par l'hélice
en passant la main par le hublot du cockpit". Les moteurs,
qui semblaient disproportionnés à la cellule, étaient
en effet placés si près du fuselage que les hélices
passaient à quelques centimètres de la cabine.
Les nombreux accidents que connut le Botha démontrent
qu'il ne s'agit pas d'une légende. Avec deux Bristol Perseus,
le même moteur que celui du Skua, l'avion était
manifestement sous-motorisé : il semble en fait qu'il
ait été conçu pour recevoir des moteurs
plus puissants, des Bristol Taurus pour lesquels il y avait des
difficultés d'approvisionnement. Même son nom était étrange.
Alors que tous les autres Blackburn recevaient, comme c'était
logique pour des avions embarqués, des noms d'oiseaux
de mer, le bimoteur est baptisé du nom d'une famille d'Afrique
du Sud qui donna entre autres au pays son premier Premier Ministre.
Le Botha connut une carrière opérationnelle des
plus brèves de cinq mois. Bombardier-torpilleur et avion
de reconnaissance, monoplan à aile haute, le Botha avait
une vitesse insuffisante (400 Km/h) et un plafond anormalement
bas : 17.000 pieds. Il emportait une torpille ou 1.000 livres
de bombes. Son armement défensif se limitait à une
mitrailleuse fixe à l'avant, et une paire de Browning
de calibre 0.303 dans une tourelle dorsale. En dépit d'accidents
nombreux, le Botha fut utilisé comme avion d'entraînement
pour les mitrailleurs, et tracteur de cibles jusqu'en 1944. Il
fut construit en 530 exemplaires.
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