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Blackburn
au cours de la seconde guerre mondiale : le Skua

En
1937, répondant à un appel d'offre du Ministère
de la Marine, il développe le Skua. Premier monoplan embarqué,
le Skua est un chasseur/bombardier en piqué biplace. Dire
que l'avion est techniquement dépassé est inexact,
car il rassemble des caractéristiques d'avant-garde, que
l'on ne retrouve pas toutes réunies chez les "stars" du
moment. Le Skua est construit entièrement en métal,
et possède d'origine train d'atterrissage escamotable
et hélice tripale à pas variable. Par comparaison,
le Hurricane conserve une construction entoilée (les surfaces
portantes métalliques ne seront adoptées qu'au
stade de la production) et les premiers modèles du Hurricane
et du Spitfire doivent se satisfaire de l'hélice bipale
Watt en bois, à pas fixe.
Le
Skua se distingue entre autres par la silhouette singulière,
et notamment son pare-brise, presque vertical. Il jouit d'une
réputation de robustesse dans la tradition de Blackburn,
qui ne semble pas usurpée. Le Skua présentait une
particularité susceptible d'inquiéter les moins
méfiants. Comme il avait été démontré que
l'appareil se sortait difficilement d'une vrille, un parachute
de queue avait été prévu. Le pilote tirait
au moment critique sur un anneau, relié à un câble
qui courait à l'extérieur, le long du fuselage,
et libérait un ressort, lequel ouvrait un coffre dans
lequel était contenu un parachute. La vrille pouvait donc
se terminer, si tout fonctionnait correctement, par un Roc suspendu à la
verticale, par la queue, à un parachute déployé comme
par miracle. Le câble qui courait à l'extérieur,
pouvait donner l'impression d'un bricolage hâtif. Tel n'était
pas le cas, car le montage extérieur découlait
logiquement d'un concept nouveau : la cellule de l'appareil était
parfaitement étanche, et lui permettait de flotter s'il
devait s'abîmer en mer. Destiné à être
embarqué, il possédait des ailes repliables, technique
que Blackburn avait bien maîtrisé dans l'entre-deux
guerres.
Il
recevait pour son malheur le moteur Bristol Perseus assez délicat
(9 cylindres en étoile sans soupapes), relativement peu
puissant (entre 800 et 900cv selon l'altitude), et dune fiabilité incertaine.
Le moteur sans soupape, construit sur le principe de chemises
rotatives, qui libèrent des lumières d'admission
et d'échappement, exige en effet un usinage très
précis, avec un appairage rigoureux des chemises. Les
problèmes de fabrication ne furent résolus par
Bristol qu'avec les modèles ultérieurs, le Hercules,
qui connut une brillante carrière civile et militaire,
et le Centaurus, un monstre de 54 litres de cylindrée,
18 cylindres en double étoile, et 2500 cv, qui fut utilisé alternativement
avec le Napier sur le Hawker Tempest. Le choix d'un Bristol sans
soupages trouve sans doute son origine dans la longue collaboration
de Blackburn avec Bristol. Elle peut aussi s'expliquer par l'indisponibilité d'autres
groupes propulseurs. Les performances du Skua étaient
médiocres (350 Km/h au maximum) et sa vitesse ascensionnelle
très insuffisante. Il fut construit entre octobre 1938
et mai 1940, à 190 exemplaires, un chiffre qui serait
aujourd'hui plus qu'honorable, mais traduisait à l'époque
un échec relatif.
A la
fois bombardier en piqué et chasseur, le Skua était
incontestablement trop lent pour être un chasseur. Son
armement consistait en 4 mitrailleuses de calibre 0.303 dans
les ailes, et une mitrailleuse Lewis à l'arrière.
Il emportait une bombe GP (General Purpose) de 250 livres ou
une bombe SAP (Semi Armour Piercing) de 500 livres. C'est néanmoins
un Skua qui remporte la première victoire aérienne
britannique en abattant un hydravion Dornier le 25 septembre
1939. Et c'est à la suite d'une attaque de Skua que coule
le premier vaisseau de ligne allemand victime de l'aviation britannique,
le croiseur lourd Koenigsberg, dans le port de Bergen, le 10
avril 1940. Il faut cependant admettre, et ceci ne diminue en
rien le mérite des pilotes anglais, qu'un concours de
circonstances avait rendu les défenses du croiseur inopérantes,
et qu'un incendie mal maîtrisé avait, plus que les
bombes de 500 livres des Skua, causé la perte du navire.
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