Les officiers spécialistes d'état-major
par Patrice LEFORT-LAVAUZELLE

page 1 - page 2 - page 3

 

Dès la fin de la guerre, la Réunion va relancer l'instruction, renouant pour cela avec l'esprit de son fondateur. La naissance en 1951 de l'Ecole nationale des ORSEM, une des quatre écoles de l'enseignement militaire supérieur de l'armée de terre va permettre de fournir à l'armée française les cadres d'état-major pour les grandes unités envoyées en Algérie. Après avoir vécu, comme leurs camarades d'active, les douloureuses épreuves de l'indépendance algérienne, les ORSEM vont participer dans les années 60 et 70 à la réorganisation profonde de l'armée. La réforme "Armée 2000" va ensuite intervenir dans un monde qui voit s'évanouir le danger de la guerre froide mais aussi naître une multitude de conflits périphériques dans lesquels la France sera parfois engagée, et avec elle, bien entendu, des ORSEM, notamment en ex-Yougoslavie et au Kosovo.

Aujourd'hui, chaque année, près de cent officiers sont diplômés d'état-major après un cycle de formation et un concours national au sein de l'Ecole Supérieure des ORSEM, l'une des quatre écoles du Commandement de la Doctrine et de l'Enseignement militaire Supérieur de l'armée de terre (CDES) situé à l'Ecole militaire à Paris. Ces officiers sont ensuite affectés dans des états-majors de l'armée de terre à tous les niveaux mais également interarmées (Etat-major des armées, Etat-major intearmées.) y compris dans les structures les plus " particulières " (Commandement des opérations spéciales, Direction du renseignement militaire.). Il est à noter que bien souvent les ORSEM sont titulaires de certificats ou qualifications complémentaires dans le domaine des langues, du renseignement, de la logistique, etc.

L'annonce par Jacques Chirac en février 1996 de la professionnalisation des armées est un nouveau défi pour le corps des ORSEM. Mais paradoxalement, la professionnalisation des armées et ses contraintes a mis en évidence l'impossibilité de se passer des ORSEM, non seulement bien entendu en temps de guerre, mais également de crise et. de paix.

La participation des ORSEM à des actions si diverses que le commandement de la cellule " renseignement " d'une brigade en ex-Yougoslavie, l'animation d'exercices sur simulateur pour les officiers d'active, la préparation de la partie terrestre du défilé du 14 juillet à Paris, la mise en place de centres opérationnels lors de catastrophes naturelles ou dans le cadre du plan Vigipirate en France, la présentation aux plus hauts responsables militaires français de l'évolution de la situation dans un pays lointain ou le suivi de l'instruction des compagnies d'un régiment. tels sont les missions aujourd'hui des ORSEM. dont l'unique souci est de servir avec excellence.

Bibliographie

- Un siècle d'ORSEM par Gérard Bieuville et Philippe Gouësmel (Editions Lavauzelle)
- Article sur les ORSEM dans le numéro de mars 2001 de la revue Armées d'Aujourd'hui.
- Collection du Bulletin de la Réunion des ORSEM.

 

page 1 - page 2 - page 3

© 1997-2008
Conflits & Stratégie
Tous droits réservés