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Trois
choses sont nécessaires à un officier d'état-major
:
D'être toujours à cheval, de ne jamais dormir, de ne jamais
se plaindre
Le maréchal
Soult à l'un de ses aides de camp.
Camp de Boulogne.
1870 : " l'année terrible " pour la France et son armée
d'après le mot de Victor Hugo.
Née du choc de la défaite à l'initiative
du commandant de réserve Mariotti, la " Réunion
des officiers de complément du service d'état-major " voit
le jour au Cercle national des armées à Paris en
1899. Les insuffisances à la fois de l'armée française
et du corps d'état-major impérial avaient été analysées à l'issue
de la tragique guerre franco-prussienne. De profondes réformes
allaient déboucher sur la naissance de la conscription
obligatoire,(qui ne sera suspendue qu'un siècle plus tard),
la constitution d'une armée de réserve encadrée
par des officiers et sous-officiers dits " de complément " et
une refonte profonde du corps d'état-major.
La création à l'automne
1899 de la Réunion des ORSEM s'inscrit dans ce cadre général.
Mais il s'agit à la base d'une initiative d'officiers
de réserve et non pas, dans un premier temps, d'une volonté du
haut commandement. Ces officiers vont ainsi s'instruire eux-mêmes
au sein de leur association avant que le ministère de
la Guerre n'accepte la création en 1900 d'une école
d'instruction, école qui sera rattachée en 1911 à la
prestigieuse Ecole Supérieure de Guerre.
Dès le début le corps
des ORSEM se veut élitiste afin de constituer une réserve
d'officiers aptes au service exigeant d'un état-major.
La Grande Guerre va être la terrible illustration du bien-fondé de
la démarche du commandant Mariotti ainsi que du caractère
indispensable d'ORSEM instruits et formés pour remplacer
les officiers d'active décimés dans les premières
semaines du conflit. Plusieurs centaines d'officiers de réserve
rejoindront, après avoir fait leurs preuves dans les tranchées,
les états-majors des divisions et des corps d'armée.
La naissance de la logistique comme élément indispensable à la
Victoire, les besoins en officiers de liaison auprès des
alliés, sont autant de raisons du renforcement de la place
des ORSEM. La première guerre mondiale donnera au corps
des ORSEM, dans les années 20 et 30, de nombreux officiers
issus de cette fameuse << génération du feu >>.
Entre les deux guerres, riches des épreuves
passées, les ORSEM vont poursuivre invariablement ce qui
avait motivé la naissance du corps. Mais déjà se
profilent les sombres nuages de la Seconde guerre mondiale. Les
ORSEM, en dépit des actes de bravoure individuels et collectifs,
ne peuvent empêcher l'armée française de
sombrer en moins de six semaines. La Résistance, notamment
au sein de l'Organisation de la résistance de l'armée
(ORA) et l'épopée de la Libération prouvèrent,
s'il en était besoin, l'esprit d'abnégation et
de sacrifice de ces officiers.
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