Les officiers spécialistes d'état-major
par Patrice LEFORT-LAVAUZELLE

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Trois choses sont nécessaires à un officier d'état-major :
D'être
toujours à cheval, de ne jamais dormir, de ne jamais se plaindre

Le maréchal Soult à l'un de ses aides de camp.
Camp de Boulogne.


1870 : " l'année terrible " pour la France et son armée d'après le mot de Victor Hugo.

Née du choc de la défaite à l'initiative du commandant de réserve Mariotti, la " Réunion des officiers de complément du service d'état-major " voit le jour au Cercle national des armées à Paris en 1899. Les insuffisances à la fois de l'armée française et du corps d'état-major impérial avaient été analysées à l'issue de la tragique guerre franco-prussienne. De profondes réformes allaient déboucher sur la naissance de la conscription obligatoire,(qui ne sera suspendue qu'un siècle plus tard), la constitution d'une armée de réserve encadrée par des officiers et sous-officiers dits " de complément " et une refonte profonde du corps d'état-major.

La création à l'automne 1899 de la Réunion des ORSEM s'inscrit dans ce cadre général. Mais il s'agit à la base d'une initiative d'officiers de réserve et non pas, dans un premier temps, d'une volonté du haut commandement. Ces officiers vont ainsi s'instruire eux-mêmes au sein de leur association avant que le ministère de la Guerre n'accepte la création en 1900 d'une école d'instruction, école qui sera rattachée en 1911 à la prestigieuse Ecole Supérieure de Guerre.

Dès le début le corps des ORSEM se veut élitiste afin de constituer une réserve d'officiers aptes au service exigeant d'un état-major. La Grande Guerre va être la terrible illustration du bien-fondé de la démarche du commandant Mariotti ainsi que du caractère indispensable d'ORSEM instruits et formés pour remplacer les officiers d'active décimés dans les premières semaines du conflit. Plusieurs centaines d'officiers de réserve rejoindront, après avoir fait leurs preuves dans les tranchées, les états-majors des divisions et des corps d'armée. La naissance de la logistique comme élément indispensable à la Victoire, les besoins en officiers de liaison auprès des alliés, sont autant de raisons du renforcement de la place des ORSEM. La première guerre mondiale donnera au corps des ORSEM, dans les années 20 et 30, de nombreux officiers issus de cette fameuse << génération du feu >>.

Entre les deux guerres, riches des épreuves passées, les ORSEM vont poursuivre invariablement ce qui avait motivé la naissance du corps. Mais déjà se profilent les sombres nuages de la Seconde guerre mondiale. Les ORSEM, en dépit des actes de bravoure individuels et collectifs, ne peuvent empêcher l'armée française de sombrer en moins de six semaines. La Résistance, notamment au sein de l'Organisation de la résistance de l'armée (ORA) et l'épopée de la Libération prouvèrent, s'il en était besoin, l'esprit d'abnégation et de sacrifice de ces officiers.

 

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