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L'objectif
de la "guerre bactériologique" est de réduire
les possibilités d'action de l'homme, en provoquant
la mort ou en portant atteinte à certains tissus, organes
ou fonction, et, accessoirement, en tarissant ses sources de
ravitaillement animal et végétal. De plus, ces
armes utilisent des micro-organismes assez souvent persistants,
donc contaminants à moyen ou long terme, surtout qu'ils
présentent le plus souvent un caractère de transmissibilité apte à transmettre
des épidémies, ce qui n'est pas le cas des armes
chimiques. Cette forme de "guerre" est donc très
perturbante pour l'environnement.
L'Antiquité
La
guerre "bactériologique" n'est pas une invention
de ce siècle. Dès l'Antiquité, certaines
pratiques relevaient déjà de ce type d'action.
Ainsi, du VIIème au Vème siècles avant notre ère,
les archers scythes rendaient leurs flèches infectantes
en en trempant la pointe dans des cadavres en décomposition
ou dans du sang putréfié incubé à la
température du fumier en macération, donnant ainsi
la gangrène ou le tétanos aux personnes touchées
par celles-ci.
Cette "technique" est
encore utilisée de nos jours dans certaines îles
de l'Océanie où les flèches sont empoisonnées
par des vibrions septiques ou par des bacilles du tétanos,
alors que les indiens Koniagos et les Toungouses sibériens
trempent leurs armes dans des cadavres d'animaux en décomposition.
On
se souviendra aussi du siège de Syracuse (~ 414) lors
duquel le stratège syracusain Hermocrates amena les Athéniens à séjourner
dans une plaine marécageuse connue pour son endémie
palustre, alors qu'à l'occasion du siège d'Astacos
(v. ~ 350) Clearchos, tyran d'Héraclée, fit délibérément
camper dans un lieu marécageux et rempli d'eau croupie
l'armée de ses concitoyens dont il voulait se débarrasser.
Du
Moyen-Age aux temps modernes
La
tentation de contaminer l'ennemi aura d'ailleurs été une
constante historique, aboutissant parfois à des épisodes
dramatiques comme à l'occasion du siège de Caffa
(1347) où, après trois ans de siège de la
place tenue par les génois, le chef mongol Djanisberg
fit catapulter par-dessus les murailles les cadavres de ses propres
soldats frappés par la peste; les Génois, contaminés
par les parasites répandant la maladie, finirent par s'embarquer,
mais disséminèrent ainsi la peste en Sicile, en
Sardaigne, à Venise, à Gênes et à Marseille,
donnant naissance à la Grande Peste du Moyen-Age. Djanisberg
aura réussi au delà de toute espérance,
n'ayant même pas songer à contaminer d'autres que
les seuls Génois assiégés. Cette "technique" a été reprise à plusieurs
occasions, dont en Estonie en 1710 où, durant la guerre
avec la Suède, l'armée russe recourut à la
projection de cadavres de pestiférés, ou encore à La
Calle en Tunisie (1785) où, pour se venger d'une épidémie
de peste les touchant eux seuls, la tribu des Nadis jetèrent
par dessus les murs des lambeaux de vêtements ayant servi
aux pestiférés, dans l'espoir de transmettre la
peste aux chrétiens; néanmoins, cette tentative
sera un échec du fait de l'adoption préalable de
certaines mesures de prophylaxie.
Une "amélioration" de
cette technique avait par ailleurs été proposée
en 1650 par le lieutenant général d'artillerie
polonais Siemenowicz qui préconisa, pour bombarder l'ennemi,
l'emploi de globes empoisonnés avec de la bave de chiens
enragés et autres substances capables de corrompre l'atmosphère
et d'occasionner des épidémies; cette idée
ne fut jamais mise en application jusqu'en 1940 où l'idée
fut mise en pratique par les Japonais.
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