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À bord du La Grandière
(F 731)
Nous
pûmes voir un bâtiment US qui avait sauté sur une mine et constater
de visu ce qu'une mine peut causer comme dommages à un bateau.
C'était probablement l'USS BRUSH (DD745). La proue était détruite.
Un de nos marins se rappelle parfaitement de ce qu'il a vu: "...tout
l'avant y compris la première tourelle avait disparu, comme coupé à la
scie. Cependant le bateau avançait à petite vitesse par ses propres
moyens. La poupe se dressait en l'air et les hélices étaient
quasiment hors de l'eau..." Un autre ajoute: "Il
y avait de nombreuses victimes, peut-être une cinquantaine...
et je crois qu'il y avait au moins cinq marins tués... C'était
tout à fait possible, car comme dans notre Marine, les postes
d'équipage sont placés à l'avant des bateaux, non loin des soutes...
Dieu ait leur âme!"
À bord du Mounts
Bay
Les
mêmes bâtiments qui avaient été affectés à des missions de protection
dans l'écran au large d'Inchon se retrouvèrent presque tous dans
le Groupe de dragage de mines TG 95.6 sous le commandement du
CV Richard T. Spofford USN. On revoit donc le MOUNTS BAY, son
inséparable compagnon français LA GRANDIÈRE, le WHITESAND BAY,
le PUKAKI, le TUTIRA et deux nouveaux dragueurs ROK.
Après
avoir refait les pleins, nous voilà partis en patrouille avec
le ROK 502 dans les innombrables ilôts et dans les baies à la
recherche des jonques et sampans mouilleurs de mines. À 2h 30
le 2 octobre, le radar du MOUNTS BAY décèle un "putois" (objectif
non identifié) qui ne répond pas à nos signaux. Nous rapprochant
de l'objectif, une jonque, nous lui ajustons un tir dans la proue,
la forçant à stopper. L'interrogatoire de l'équipage ne se révèla
pas fructueux compte tenu de l'obstacle du langage. Nous prîmes
donc la jonque en remorque et, le lendemain, elle fut remise
aux mains du ROK 502 pour plus amples investigations. En fait,
nous n'eûmes pratiquement jamais affaire à des unités navales
Nord-Coréennes, par contre les batteries côtières étaient un
gros problème et la menace des mines soviétiques, mouillées ou
flottantes, allait sans cesse en grandissant. Le 10, nous rentrâmes
de patroulle pour aller nous amarrer à couple de l'USS PIEDMONT,
bateau atelier ancré au large d'Inchon, pour refaire nos pleins.
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