Histoire résumée de la Guerre de Corée 1950-1953

par Carol M. HIGHSMIT et Ted LANDPHAR

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5

La voie ouverte au conflit

 

Dans le Sud, les Américains, très pressés de s'en aller, ne voulaient pas non plus laisser à RHEE la possibilité de provoquer le Nord. Ils retirèrent donc des mains des troupes de la République de Corée toutes armes offensives, de sorte qu'elles furent réduites à un peu plus que de grosses forces de Police Nationale. Le 1er Juillet 1949, les troupes U.S. s'en allèrent, laissant RHEE avec son armée de papier, 500 conseillers militaires américains et du matériel défensif U.S. Six mois plus tard, ayant totalement abandonné l'idée que les deux Corées pouvaient n'en faire qu'une, les États Unis firent savoir qu'ils pensaient qu'il était temps de tirer le rideau sur leur brève occupation de la Corée, et le Secrétaire d'État Dean ACHESON déclara la Péninsule comme étant en dehors du Périmètre de Défense américain d'Extrême Orient...!

Quand il l'apprit, le leader nord-coréen KIM IL-SUNG pensa qu'on lui offrait là une cible bien facile. Après avoir consulté Moscou, il déploya son armée, placée en alerte maximum, tout le long du 38ème parallèle. À l'aube du 25 Juin 1950, les troupes Nord-coréennes enfoncèrent les lignes, déferlant sur le sol du Sud, balayant une armée démunie de blindés comme d'armes lourdes, et conquirent SÉOUL rapidement. Traitant par des ricanements la résolution des Nations Unies prise en toute hâte qui exigeait la cessation immédiate des combats, le Nord accentua au contraire son attaque des deux côtés de la chaîne de montagnes qui sert d'épine dorsale à la Corée, réduisant en bouillie toute résistance organisée.

Mais comme ladite résolution de l'ONU appelait l'ensemble de ses Membres à fournir à la République de Corée "toute l'assistance nécessaire" pour l'aider à repousser l'envahisseur, ce furent les États Unis qui y répondirent les premiers, "Périmètre de défense" ou pas. L'avance des forces communistes jusqu'à cent milles à peine du détroit de Corée, directement en face du Japon, avait promptement incité Dean ACHESON et le Président TRUMAN à réévaluer l'intérêt stratégique de la Corée. Se rappelant la façon dont Adolphe HITLER tergiversait pendant qu'il envahissait ses voisins, ils convinrent rapidement qu'il était devenu maintenant nécessaire de barrer partout le chemin aux Communistes, même dans des endroits aussi reculés. De sa base de Tokyo, le Commandant en Chef des Forces Armées U.S. d'Extrême-Orient, le Général Douglas Mac ARTHUR, décida d'engager sur le terrain la 24e Division d'Infanterie U.S., qui se consacrait jusque là à des missions d'occupation de routine au Japon, et , de ce fait, se trouvait largement sous-entraînée et sous-encadrée. À peine le premier bataillon "Task Force Smith" eut-il pris position près de OSAN qu'il fut violemment pris à parti par les forces nord-coréennes. Après avoir tenu sept heures contre d'incessantes attaques et acculé au point d'être près de se rendre, le bataillon préfèra rompre et se frayer un chemin vers le sud. Ce délai cher payé donna cependant assez de temps au flamboyant "général au bazooka", le Maj. Gen. William F. DEAN, commandant la 24e DI, pour se déployer autour de TAEJON et y tenir les Nord-coréens en respect pendant deux semaines. Le Général fut le dernier à quitter TAEJON et fut fait prisonnier. Cette attitude héroïque permit au reste de la 24e DI et de la 8e Armée d'arriver et de commencer à préparer une contre offensive.

Dès les premiers jours d'Août, toutes les côtes coréennes faisaient l'objet d'un blocus naval total par les forces de l'ONU, et les Forces Aériennes combinées d'Extrême-Orient avaient déjà effectuées plus de 10.000 missions de bombardement en soutien de l'action des troupes américano-coréennes et de leurs alliés de l'ONU. Ces frappes avaient notamment comme objectifs les lignes de ravitaillement nord-coréennes, longuement étirées du fait de leur avance rapide. À la fin du mois, des renforts mieux équipés étaient arrivés tant des États-Unis mêmes, que d'Okinawa ou d'Hawaï, et le Lieut. Gen. Walton H. WALKER était enfin en mesure de contenir l'avance communiste sur la rivière Nakton, au Nord et à l'Ouest de PUSAN. Les troupes de l'ONU ne seraient pas rejetées à la mer.

Ne voulant pas se résigner à rester encore longtemps dans la poche de PUSAN le souffre-douleur de cette jubilante bande de Nord-coréens, Mac ARTHUR donna l'ordre de monter une opération amphibie de débarquement(3), très risquée, en plein milieu du dispositif communiste. À l'aube du 15 Septembre 1950, les MARINES débarquaient sur WOLMI DO, île de la baie du port d'INCHON, tout près du 38e parallèle. Onze jours après, SÉOUL était reconquise, et dans le même temps, une division blindée U.S. qui avait réussi à briser l'encerclement de la poche de PUSAN faisait sa jonction avec la 7e Division près de OSAN. Non seulement l'offensive Nord-coréenne était stoppée mais elle volait en éclat. Démoralisées, les unités communistes tentaient de profiter du couvert tourmenté de la chaîne montagneuse pour fuir vers le Nord, laissant derrière elles plus de 100.000 prisonniers dans cette guerre non-déclarée.


(3)N.d.T.: La contribution française sur mer a été assurée par l'escorteur "La Grandière", un aviso colonial, qui appareilla de SAÏGON le 22 Juillet 1950 pour être intègré à la division des frégates placée sous commandement britannique. Après les missions harassantes d'escorte, de protection navale, anti-aérienne et anti-soumarine des innombrables convois qui déversèrent hommes et matériels dans la Poche de PUSAN, ces bâtiments participèrent aux débarquements d'INCHON, fait d'armes des troupes de l'ONU commandées par Mac ARTHUR, et de WONSAN.

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5

© 1997-2008
Conflits & Stratégie
Tous droits réservés