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La voie ouverte
au conflit
Dans
le Sud, les Américains, très pressés de s'en aller, ne voulaient
pas non plus laisser à RHEE la possibilité de provoquer le Nord.
Ils retirèrent donc des mains des troupes de la République de
Corée toutes armes offensives, de sorte qu'elles furent réduites à un
peu plus que de grosses forces de Police Nationale. Le 1er Juillet
1949, les troupes U.S. s'en allèrent, laissant RHEE avec son
armée de papier, 500 conseillers militaires américains et du
matériel défensif U.S. Six mois plus tard, ayant totalement abandonné l'idée
que les deux Corées pouvaient n'en faire qu'une, les États Unis
firent savoir qu'ils pensaient qu'il était temps de tirer le
rideau sur leur brève occupation de la Corée, et le Secrétaire
d'État Dean ACHESON déclara la Péninsule comme étant en dehors
du Périmètre de Défense américain d'Extrême Orient...!
Quand
il l'apprit, le leader nord-coréen KIM IL-SUNG pensa qu'on lui
offrait là une cible bien facile. Après avoir consulté Moscou,
il déploya son armée, placée en alerte maximum, tout le long
du 38ème parallèle. À l'aube du 25 Juin 1950, les
troupes Nord-coréennes enfoncèrent les lignes, déferlant sur
le sol du Sud, balayant une armée démunie de blindés comme d'armes
lourdes, et conquirent SÉOUL rapidement. Traitant par des ricanements
la résolution des Nations Unies prise en toute hâte qui exigeait
la cessation immédiate des combats, le Nord accentua au contraire
son attaque des deux côtés de la chaîne de montagnes qui sert
d'épine dorsale à la Corée, réduisant en bouillie toute résistance
organisée.
Mais
comme ladite résolution de l'ONU appelait l'ensemble de ses Membres à fournir à la
République de Corée "toute l'assistance nécessaire" pour
l'aider à repousser l'envahisseur, ce furent les États Unis qui
y répondirent les premiers, "Périmètre de défense" ou
pas. L'avance des forces communistes jusqu'à cent milles à peine
du détroit de Corée, directement en face du Japon, avait promptement
incité Dean ACHESON et le Président TRUMAN à réévaluer l'intérêt
stratégique de la Corée. Se rappelant la façon dont Adolphe HITLER
tergiversait pendant qu'il envahissait ses voisins, ils convinrent
rapidement qu'il était devenu maintenant nécessaire de barrer
partout le chemin aux Communistes, même dans des endroits aussi
reculés. De sa base de Tokyo, le Commandant en Chef des Forces
Armées U.S. d'Extrême-Orient, le Général Douglas Mac ARTHUR,
décida d'engager sur le terrain la 24e Division
d'Infanterie U.S., qui se consacrait jusque là à des missions
d'occupation de routine au Japon, et , de ce fait, se trouvait
largement sous-entraînée et sous-encadrée. À peine le premier
bataillon "Task Force Smith" eut-il pris position
près de OSAN qu'il fut violemment pris à parti par les forces
nord-coréennes. Après avoir tenu sept heures contre d'incessantes
attaques et acculé au point d'être près de se rendre, le bataillon
préfèra rompre et se frayer un chemin vers le sud. Ce délai cher
payé donna cependant assez de temps au flamboyant "général
au bazooka", le Maj. Gen. William F. DEAN, commandant
la 24e DI, pour se déployer autour de TAEJON et
y tenir les Nord-coréens en respect pendant deux semaines. Le
Général fut le dernier à quitter TAEJON et fut fait prisonnier.
Cette attitude héroïque permit au reste de la 24e DI
et de la 8e Armée d'arriver et de commencer à préparer
une contre offensive.
Dès
les premiers jours d'Août, toutes les côtes coréennes faisaient
l'objet d'un blocus naval total par les forces de l'ONU, et les
Forces Aériennes combinées d'Extrême-Orient avaient déjà effectuées
plus de 10.000 missions de bombardement en soutien de l'action
des troupes américano-coréennes et de leurs alliés de l'ONU.
Ces frappes avaient notamment comme objectifs les lignes de ravitaillement
nord-coréennes, longuement étirées du fait de leur avance rapide. À la
fin du mois, des renforts mieux équipés étaient arrivés tant
des États-Unis mêmes, que d'Okinawa ou d'Hawaï, et le Lieut.
Gen. Walton H. WALKER était enfin en mesure de contenir l'avance
communiste sur la rivière Nakton, au Nord et à l'Ouest de PUSAN.
Les troupes de l'ONU ne seraient pas rejetées à la mer.
Ne
voulant pas se résigner à rester encore longtemps dans la poche
de PUSAN le souffre-douleur de cette jubilante bande de Nord-coréens,
Mac ARTHUR donna l'ordre de monter une opération amphibie de
débarquement(3), très risquée,
en plein milieu du dispositif communiste. À l'aube du 15 Septembre
1950, les MARINES débarquaient sur WOLMI DO, île de la baie du
port d'INCHON, tout près du 38e parallèle. Onze
jours après, SÉOUL était reconquise, et dans le même temps, une
division blindée U.S. qui avait réussi à briser l'encerclement
de la poche de PUSAN faisait sa jonction avec la 7e Division
près de OSAN. Non seulement l'offensive Nord-coréenne était stoppée
mais elle volait en éclat. Démoralisées, les unités communistes
tentaient de profiter du couvert tourmenté de la chaîne montagneuse
pour fuir vers le Nord, laissant derrière elles plus de 100.000
prisonniers dans cette guerre non-déclarée.
(3)N.d.T.: La contribution
française sur mer a été assurée par l'escorteur "La Grandière",
un aviso colonial, qui appareilla de SAÏGON le 22 Juillet 1950
pour être intègré à la division des frégates placée sous commandement
britannique. Après les missions harassantes d'escorte, de protection
navale, anti-aérienne et anti-soumarine des innombrables convois
qui déversèrent hommes et matériels dans la Poche de PUSAN, ces
bâtiments participèrent aux débarquements d'INCHON, fait d'armes
des troupes de l'ONU commandées par Mac ARTHUR, et de WONSAN.
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