Histoire résumée de la Guerre de Corée 1950-1953

par Carol M. HIGHSMIT et Ted LANDPHAR

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Une séquelle de la Seconde Guerre mondiale

 

Regardée à travers les lunettes de l'Histoire seulement deux générations après celle de ses Combattants et de ses Morts, la guerre de Corée parait si limitée, si maîtrisée. Si peu marquante. Trois courtes années. Quelques kilomètres carrés de pays dont les combats ne débordèrent point. Certes, ce fut le théâtre d'intrigues internationales dignes de Machiavel, et sans aucun doute, de simagrées politiques interminables; ce fut aussi la crainte du spectre de la guerre atomique. Mais l'un dans l'autre, ce fut une guerre bien proprette, bien démodée pour tout le monde, à l'exception de ceux qui la firent et de ceux qui les aimaient.

La ligne des 38 degrés de latitude Nord ne figurait même pas sur la plupart des cartes, ce n'était pas une limite, pas plus qu'une frontière naturelle et encore moins une ligne stratégique de défense. Mais lorsque pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la victoire commença à basculer clairement dans le camp des Alliés, le Gouvernement U.S. qui n'avait que peu de contacts avec la lointaine Corée mais qui était très nerveux quant à l'expansion soviètique dans le Pacifique, se mit à proposer que, comme çà, ce royaume opprimé depuis si longtemps par le Japon, soit coupé en deux à hauteur du 38e parallèle dès que la guerre serait gagnée.

Selon l'historien militaire Clay BLAIR "un colonel du Pentagone contempla une carte scolaire pendant une petite demi-heure, et, avec un complet dédain pour la topographie, pour les lignes commerciales ou de communication, pour les limites des institutions politiques ou juridiques locales ainsi que pour celles des propriètés foncières, proposa de trancher le pays en deux à hauteur du 38éme parallèle". L'astuce de l'Amérique était de confier l'occupation de la la moité nord à l'Union Soviètique, alliée de la dernière heure dans la guerre contre le Japon, tandis que les États Unis occuperaient la partie sud, dans le but de désarmer les Japonais et de préparer le chemin à d'éventuelles élections libres en Corée susceptibles de conduire à la réunification d'un pays si longtemps opprimé.

Le lendemain même du jour de la Victoire, les troupes soviètiques pénétrèrent en Corée avançant jusqu'à la ligne arbitraire de démarcation ainsi imaginée. Elles se mirent aussitôt à couper les lignes de téléphone et de chemin de fer, les voies de communication etc., et entreprirent de stopper les mouvements de personnes du Nord vers le Sud. Certes, les Forces U.S. étaient implantées à SÉOUL, comme un peu partout en Corée du Sud, mais la Nation Américaine, fatiguée par la guerre et finalement peu intèressée par cet étrange pays dont elle ne connaissait guère les gens, voulait en sortir et ramener les boys à la maison. Le moyen en fut trouvé à travers la décison de la toute novice ORGANISATION DES NATIONS UNIES appelant à des élections génèrales dans l'ensemble du pays. Les Soviets, provocateurs, refusèrent catégoriquement et l'ONU se contenta d'organiser des élections dans le Sud. C'est ainsi que SYGMANN RHEE, qui avait si longtemps lutté dans son exil, à SHANGAÏ (2), pour chasser l'occupant japonais de sa Patrie, fut placé à la tête d'une très théorique République de Corée unifiée. Mais les Soviets firent comme si de rien n'était, et, ignorant délibérèment les élections, installèrent leur pantin à la tête d'une dictature communiste dans le Nord, à PYONG YANG. Puis ils se mirent à renforcer aussitôt les troupes Nord Coréennes, dont beaucoup de soldats avaient été en leur temps les camarades des Communistes chinois dans leur lutte contre les Nationalistes en Mandchourie.


(1) Note du Traducteur: Dans les Forces de l'ONU, c'est, entre autres: pour les Britanniques: 1.065 Tués, 2.593 blessés, 702 prisonniers ; pour les Français: 287 Tués (dont 17 Coréens), 1.350 Blessés, 7 Disparus, 12 Prisonniers.

(2)N.d.T.: C'est à la suite de la "Déclaration d'Indépendance" (noyée dans le sang avec une brutalité inouïe) du 1er Mars 1919 en CORÉE, colonisée depuis 1910 par les Japonais, que SYGMAN RHEE, décidant de continuer la Résistance, créa un Gouvernement Provisoire en exil à SHANGAÏ, à l'Ambassade de France, le 17 Mars 1919


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