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Une séquelle
de la Seconde Guerre mondiale
Regardée à travers
les lunettes de l'Histoire seulement deux générations après celle
de ses Combattants et de ses Morts, la guerre de Corée parait
si limitée, si maîtrisée. Si peu marquante. Trois courtes années.
Quelques kilomètres carrés de pays dont les combats ne débordèrent
point. Certes, ce fut le théâtre d'intrigues internationales
dignes de Machiavel, et sans aucun doute, de simagrées politiques
interminables; ce fut aussi la crainte du spectre de la guerre
atomique. Mais l'un dans l'autre, ce fut une guerre bien proprette,
bien démodée pour tout le monde, à l'exception de ceux qui la
firent et de ceux qui les aimaient.
La
ligne des 38 degrés de latitude Nord ne figurait même pas sur
la plupart des cartes, ce n'était pas une limite, pas plus qu'une
frontière naturelle et encore moins une ligne stratégique de
défense. Mais lorsque pendant la Deuxième Guerre Mondiale, la
victoire commença à basculer clairement dans le camp des Alliés,
le Gouvernement U.S. qui n'avait que peu de contacts avec la
lointaine Corée mais qui était très nerveux quant à l'expansion
soviètique dans le Pacifique, se mit à proposer que, comme çà,
ce royaume opprimé depuis si longtemps par le Japon, soit coupé en
deux à hauteur du 38e parallèle dès que la guerre
serait gagnée.
Selon
l'historien militaire Clay BLAIR "un colonel du Pentagone
contempla une carte scolaire pendant une petite demi-heure, et,
avec un complet dédain pour la topographie, pour les lignes commerciales
ou de communication, pour les limites des institutions politiques
ou juridiques locales ainsi que pour celles des propriètés foncières,
proposa de trancher le pays en deux à hauteur du 38éme parallèle". L'astuce
de l'Amérique était de confier l'occupation de la la moité nord à l'Union
Soviètique, alliée de la dernière heure dans la guerre contre
le Japon, tandis que les États Unis occuperaient la partie sud,
dans le but de désarmer les Japonais et de préparer le chemin à d'éventuelles élections
libres en Corée susceptibles de conduire à la réunification d'un
pays si longtemps opprimé.
Le
lendemain même du jour de la Victoire, les troupes soviètiques
pénétrèrent en Corée avançant jusqu'à la ligne arbitraire de
démarcation ainsi imaginée. Elles se mirent aussitôt à couper
les lignes de téléphone et de chemin de fer, les voies de communication
etc., et entreprirent de stopper les mouvements de personnes
du Nord vers le Sud. Certes, les Forces U.S. étaient implantées à SÉOUL,
comme un peu partout en Corée du Sud, mais la Nation Américaine,
fatiguée par la guerre et finalement peu intèressée par cet étrange
pays dont elle ne connaissait guère les gens, voulait en sortir
et ramener les boys à la maison. Le moyen en fut trouvé à travers
la décison de la toute novice ORGANISATION DES NATIONS UNIES
appelant à des élections génèrales dans l'ensemble du pays. Les
Soviets, provocateurs, refusèrent catégoriquement et l'ONU se
contenta d'organiser des élections dans le Sud. C'est ainsi que
SYGMANN RHEE, qui avait si longtemps lutté dans son exil, à SHANGAÏ (2),
pour chasser l'occupant japonais de sa Patrie, fut placé à la
tête d'une très théorique République de Corée unifiée. Mais les
Soviets firent comme si de rien n'était, et, ignorant délibérèment
les élections, installèrent leur pantin à la tête d'une dictature
communiste dans le Nord, à PYONG YANG. Puis ils se mirent à renforcer
aussitôt les troupes Nord Coréennes, dont beaucoup de soldats
avaient été en leur temps les camarades des Communistes chinois
dans leur lutte contre les Nationalistes en Mandchourie.
(1) Note
du Traducteur: Dans les Forces de l'ONU, c'est, entre autres:
pour les Britanniques: 1.065 Tués, 2.593 blessés, 702 prisonniers
; pour les Français: 287 Tués (dont 17 Coréens), 1.350 Blessés,
7 Disparus, 12 Prisonniers.
(2)N.d.T.: C'est à la
suite de la "Déclaration d'Indépendance" (noyée dans
le sang avec une brutalité inouïe) du 1er Mars 1919 en CORÉE,
colonisée depuis 1910 par les Japonais, que SYGMAN RHEE, décidant
de continuer la Résistance, créa un Gouvernement Provisoire en
exil à SHANGAÏ, à l'Ambassade de France, le 17 Mars 1919
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