Destin tragique pour la Corée à l'aube du XXe siècle
par Léon C. ROCHOTTE

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L'admirable résistance de l'indomptable Corée

 

Les protestations coréennes à la seconde confèrence de LA HAYE (1907), les soulèvements populaires, l'assassinat du prince ITO (1909) ne permirent pas de modifier la situation. Par un traité signé le 28 Août 1910, la CORÉE était annexée et devenait une colonie japonaise. La manière forte fut aussitot employée par les Japonais pour réduire le Pays. Les arrestations, les brimades et l'oppression soulevèrent la colère des Coréens et le 1er Mars 1919, toutes les tendances intellectuelles s'unirent pour publier une "Déclaration d'Indépendance" (8), se réclamant de la proclamation du Président WILSON sur le droit des peuples à disposer d'eux mêmes. La répression fut extrêmement brutale et on estime que cette année là 7.000 personnes furent tuées dont un grand nombre torturées selon des méthodes "raffinées", 15.000 blessées et plus de 40.000 jetées en prison (9).

Transformés en ilotes sous le joug japonais, les Coréens allaient forger dans la douleur extrême leur conscience nationale moderne. Comme il l'avait déjà tenté lors des invasions du XVIème siècle, repoussées par l'Amiral Coréen YI Sun-shin et ses alliés chinois, le gouvernement général japonais à Séoul cherchait surtout à exploiter économiquement la Corée. Les paysans et pêcheurs japonais furent encouragés à émigrer en Corée, où leur étaient attribuées des terres, gratuitement ou à très bas prix. Tandis que les Japonais prospèraient grâce aux ressources coréennes, les conditions de vie se détérioraient de façon dramatique pour la population autochtone. C'est pourquoi des centaines de milliers de paysans coréens chassés de leurs terres abandonnèrent leurs fermes pour partir en Mandchourie, ou même au Japon en servage, où leur vie ne se révéla pas meilleure pour autant.

La Résistance ayant de plus en plus de mal à s'organiser à l'intérieur ne tarda pas à s'exercer hors des frontières. C'est ainsi que le 17 Mars 1919, un Gouvernement Provisoire en exil fut formé dans la concession française de CHANGHAÏ avec, à sa tête, SYGMAN RHEE (YI SEUNG MAN). Certains Coréens gagnèrent la Mandchourie, où ils formèrent de petits commandos, la plupart contrôlés par les Communistes sous l'autorité de KIM IL SUNG (GIM IL SEONG) qui lancèrent des raids en territoire coréen ou harcelèrent les colonies japonaises en Mandchourie, mais furent surtout employés par les Communistes dans leur lutte contre les Nationalistes. D'autres préférèrent rejoindre les troupes du KUOMINTANG pour lutter contre les Japonais.


(8)Le Premier Mars figure au calendrier des Jours Fériés de la République de CORÉE : "Jour du Mouvement d'Indépendance". C'est toujours avec ferveur que les Coréens célèbrent l'anniversaire du Mouvement d'indépendance du 1er Mars 1919 contre le gouvernement colonial japonais. "Après une rupture complète à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les relations coréano-japonaises ne furent normalisées qu'en 1965. Les deux pays ont, depuis, largement développé leurs échanges et leur coopération dans bien des domaines, mais les implications émotionnelles qui existent depuis toujours entre les deux peuples représentent un défi perpétuel pour leurs diplomates respectifs." (La Corée telle qu'elle est - SCIE - Séoul 1996).

(9)L'indomptable CORÉE, qui s'enorgueillit toujours de ne jamais avoir agressé ses voisins, su secrèter sa propre "Jeanne d'Arc", héroïne du mouvement d'indépendance de Mars 1919: YU GWAN SUN. Ayant soulevé le peuple dans plusieurs villages, elle fut capturée par les Japonais, et coupée en trois par le sabre...


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