Destin tragique pour la Corée à l'aube du XXe siècle
par Léon C. ROCHOTTE

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La guerre sino-japonaise

 

C'est en 1894 qu'éclata vraiment la guerre provoquée par la compétition millénaire de ces deux empires du Levant, la CHINE et le JAPON, sur la possession de la CORÉE. En Septembre de cette année, devant l'embouchure du YALU, eut lieu le premier engagement entre forces navales modernes, bien que fort dissemblables entr'elles. La flotte chinoise de l'Amiral TING était mieux protègée et plus puissamment armée de canons de gros calibre. L'Amiral japonais ITO l'emportait par le nombre de pièces de moyen calibre à tir rapide, la supériorité de vitesse et surtout par la haute valeur professionnelle du personnel.

Ayant appris la présence de l'escadre chinoise à l'embouchure du YALU, l'amiral ITO se présenta en vue de la flotte ennemie au matin du 17 Septembre, et resta en observation hors de portée de son artillerie. Vers 11 heures, l'amiral TING appareilla et se porta à la rencontre des Japonais en formant son escadre en angle de chasse. ITO forma aussitôt sa propre escadre en ligne de file, plaçant en tête une division légère où figurait le "Naniwa" commandé par TOGO, le futur vainqueur de TSOU SHIMA, et ouvre le feu à 5.000 mètres. L'amiral ITO, avec la division des trois garde-côtes protégés de 4.300 tonnes construits sur les plans de l'Ingénieur français Émile BERTIN (1) "Matsushima", "Itsukushima" et "Hashidate", se maintenant entre 2.000 et 3.000 mètres, accabla le centre de l'escadre chinoise avec le feu de son tir rapide sans discontinuer jusqu'au soir.

Quand il suspendit le tir, trois croiseurs chinois étaient par le fond, un échoué, quatre autres en fuite avec le feu à bord, et les cuirassés, superstructures trouées et artillerie hors de service, restaient à l'état d'épaves flottantes. La guerre se termina par le traité de SHIMONOSEKI (Avril 1895) qui retirait à la Chine tout droit de regard sur les affaires coréennes.


(1) Louis-Émile BERTIN, Ingénieur du Génie Maritime né à NANCY (1840-1924), en mission au Japon, fut aussi l'architecte du port de guerre japonais de YOKOSUKA, près YOKOHAMA, et y a encore sa statue sur la jetée. En Février 1950, l'Aviso "LA GRANDIÈRE" chargea dans ce port 33 tonnes d'or en restitution de celui qui avait été razzié sept ans auparavant par les troupes japonaises à SAÏGON lors de leur pillage de l'Indochine. Quelques mois plus tard, ce bâtiment revenait à SASEBO, pour se joindre à la flotte de l'ONU et participer à la défense de la liberté de la Corée. 

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