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Les principaux combats (suite)
Septembre - Octobre 1951 : Crève-cur
Il
s'agissait pour le commandement allié d'améliorer dans le secteur
Est une situation que la fin de l'offensive de Juin avait laissée
par trop défavorable et d'enlever à l'ennemi un massif important
qui gardera le nom de "Crève-cur" (Heartbreak
ridge).
Les
opérations dureront un mois, du 12 septembre au 12 octobre car
il faudra enlever un à un à l'ennemi toute une série de points
fortifiés où il s'est puissamment retranché. Pour
le BF/ONU les opérations culmineront avec l'enlèvement de la
cote 931.
Le
23e R.I. avait reçu mission d'enlever cette cote:
il y échouera trois fois. Ce fut alors le tour du Bataillon français
d'intervenir. Le 23 septembre il se lance à l'assaut et il échoue.
Le capitaine Robert GOUPIL, commandant la 2e Compagnie
est tué héroïquement le 26 à la tête de ses Coréens. Le 27, nouvelle
tentative, nouvel échec.
Le
Général MONCLAR propose alors (et impose...) au Commandement
Américain un nouveau plan. Au lieu d'attaquer sur cette arête
montante étroite, qui ne permet pas de manuvrer, il faut
tenter un débordement à la faveur de la nuit. Après une progression
longue et difficile, le Sous-Lieutenant DUREAU à la tête de sa
section va surprendre un bataillon chinois. Il est bientôt rejoint
par le reste du Bataillon français qui a suivi et, après un rapide
combat, la position est enlevée.
Par
les efforts et les sacrifices qu'ils ont demandés, les combats
de "Crève-cur" resteront pour les Vétérans du
BF/ONU comme du 23rd I.R. ainsi, je le crois, que pour tous nos
alliés, parmi les plus hauts faits de la campagne.
Octobre 1952 : la Cote 281, Arrow Head
Le
Bataillon est commandé par le Lieutenant Colonel BORREILL qui
a succédé au Général MONCLAR en décembre 1951. Il se trouve dans
la région du fameux "Triangle de Fer" dont les sommets
sont marqués par des villes en ruines: CHORWON, KUMHWA et PYONGGANG.
Ce triangle commande deux des principales voies d'invasion en
direction du Sud menant l'une et l'autre à SÉOUL.
Les
Alliés tiennent CHORWON et KUMHWA, les Communistes tiennent PYONGGANG.
De
PYONGGANG à CHORWON, une vallée plate de 5 à 6 kilomètres, ce
qui est assez exceptionnel dans ces reliefs, véritable couloir
d'invasion. Sur le flanc Ouest de cette vallée et la commandant,
se trouvent deux importants mouvements de terrain qui ont été baptisés
l'un "WHITE HORSE" tenu par la 9e Division
ROK, l'autre "ARROW HEAD", cote 281, tenu par le BF/ONU
flanc droit de la 2e DI US.
Le
Bataillon Français est monté en ligne le 3 octobre. Dès le 5
les tirs chinois d'artillerie et de mortiers s'intensifient sur
Arrow Head, signes quant à l'imminence d'une attaque. Il en est
de même sur White Horse. Ces tirs deviennent impressionnants
dans la journée du 6 et, au soir, l'attaque se déclenche.
Après
une lutte héroïque aux avant-postes ainsi que leur prescrivait
leur mission, les "Pionniers", du moins ceux qui survivent,
se replient sur les positions de la 1ère Compagnie. Leur chef,
le Lieutenant PERRON est blessé quatre fois. Dans l'enfer du
bombardement on ne sait plus où il est, on le croit mort. En
fait, il a perdu connaissance, il reviendra à lui, sera fait
prisonnier mais s'échappera. Il rejoindra au bout de deux jours
après des aventures hallucinantes...
L'attaque
chinoise vient buter devant la position tenue par la 1re Compagnie
commandée par le Lieutenant POUPARD. Là aussi le déluge d'obus
chinois est considérable: 25.000 coups sont tombés sur nos positions
du 6 octobre 6 heures au 7 à la même heure. Les effectifs d'assaut
déferlent par vagues. Tout un régiment chinois, le 339, est engagé bataillon
par bataillon; il laissera 600 cadavres sur le terrain ... La
position française tiendra et les renforts américains pourront
arriver avec leur artillerie.
L'attaque
chinoise échoue: à droite les Coréens ROK ont été entamés, mais
ils lancent contre-attaque sur contre-attaque, et le Bataillon
quoique encore menacé sur son front, couvre et appuie les unités
coréennes. WHITE HORSE est sauvé comme ARROW HEAD l'a été.
La
résistance française sur ARROW HEAD a profondément impressionné nos
Chefs et Amis américains. Ils en concluent qu'il vaut mieux tenir
sur place plutôt qu'abandonner une position et la reconquérir à grand
coût. Beaucoup d'entre eux m'ont avoué avec la simple franchise
qui les caractérise que bien peu de leurs Bataillons auraient
tenu comme le Bataillon Français le fit.
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