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Les
catholiques furent accusés par les ministres conservateurs de
vouloir livrer le pays aux étrangers et les persécutions reprirent
avec violence. Onze missionnaires français furent arrêtés et
neuf exécutés. Du côté coréen, ce furent de véritables massacres,
souvent prétextes à règlements de compte et un grand nombre d'innocents
périrent. On estime que dix mille personnes moururent en quelques
mois. Un missionnaire français, le Père RIDEL, parvînt à fuir
sur une jonque accompagnés de Coréens et s'en alla chercher du
secours en CHINE où il arriva début juillet à TCHÉFOU. Il y rencontra
l'Amiral Pierre-Gustave ROZE, commandant la Division navale des
Mers de Chine, bien d'accord de ne pas laisser sans une réparation éclatante
un attentat barbare dont nos compatriotes ont été les victimes
et dont la perpétration émane de la volonté royale. Mais
en bon Marin, l'Amiral déclara qu'avant de prendre parti, il
lui fallait plus de renseignements sur une côte aussi peu fréquentée
et surtout connaître aussi exactement que possible quels sont
les moyens d'action qui seront mis à sa disposition. "Dans
tous les cas, je n'entreprendrai rien qui puisse compromettre
la sécurité de nos bâtiments et le gouvernement de l'Empereur".
Sur quoi l'Amiral de LA GRANDIÈRE, gouverneur de la Cochinchine,
dont les qualités d'administrateur avisé ont été perpétuées à travers
son nom donné à quatre bâtiments de la Marine française (1),
enjoignit à l'Amiral ROZE de rallier SAÏGON pour y confèrer sur
ce qu'il convenait de faire militairement avec les moyens disponibles.
Mais à Péking,
Monsieur de BELLONET, Ministre en poste, cru bon de prendre les
choses en main et déclara quasiment la guerre à la CORÉE de sa
propre autorité, exigeant sa soumission. Monsieur de BELLONET
en appela même au Prince KONG, frère de l'Empereur de Chine sur
un ton que l'Amiral ROZE désapprouva à son retour. L'Amiral n'admit
pas que le Ministre se substitua à lui :"une telle manière
d'agir m'a paru inadmissible et j'ai du la repousser".
Le 18 Septembre il s'embarqua sur la corvette Primauguet accompagné du
Père RIDEL et de ses marins coréens puis mit le cap sur la CORÉE
avec l'aviso Déroulède et la canonnière Le Tardif.
La flottille remonta la rivière Han et mouilla à quelques kilomètres
en aval de SÉOUL après avoir pris le temps de faire tous les
relevés souhaitables dans cette zone peu sûre aux îles innombrables,
où les courants sont souvent violents et les marées importantes.
Les mandarins, qui n'avaient pas la conscience tranquille, firent établir
un barrage de jonques et de chalands, et, refusant la discussion,
firent tirer des coups de fusils sur les navires français. L'Amiral
démolit le barrage en quelques coups de canons, s'en alla devant
SÉOUL relever le plan des fortifications et examiner scrupuleusement
les défenses qui étaient très loin d'être négligeables, et s'en
retourna...
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ans plus tard, la FRANCE répondait à l'appel de l'ONU en envoyant
des Forces participer à la défense de la République de Corée dont
la liberté était menacée par une agression caractèrisée du régime
totalitaire du Nord perpètrée sans avertissement le dimanche 25 Juin
1950. Un Bataillon de volontaires, qui fut intègré au 23ème Régiment
de la 2ème Division d'Infanterie U.S. "Indianhead", débarqua à Pusan
fin novembre 1950 et combattit valeureusement jusqu'à la fin des
hostilités en 1953.
Sur
mer, c'est l'Aviso "LA GRANDIÈRE" qui appareilla
d'Indochine le 22 Juillet 1950 pour être intègré à la division
des frégates britanniques (Fourth Frigate Squadron). À ce titre,
il participa aux débarquements d'INCHON avec la Task Force
90 (TG 90.4), fait d'armes décisif des troupes de l'ONU commandées
par le Général Douglas Mac ARTHUR, et de WONSAN .
Ce
bâtiment était donc le troisième du nom de l'Amiral Pierre-Paul
de La Grandière (1807 - 1876) qui se distingua, ainsi que dit
plus haut, par des qualités exceptionnelles d'administrateur
parmi les Amiraux-gouverneurs qui se succédèrent à SAÏGON.
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