La campagne de l'amiral Pierre-Gustave Roze
par Léon C. ROCHOTTE

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Cette mission fut en fait confiée au Capitaine de Vaisseau LAPIERRE, commandant la Division Navale d'Indochine qui appareilla avec deux navires, La Gloire et La Victorieuse pour aller chercher la réponse des Coréens. Las, les bâtiments, trompés par des cartes anglaises mal dressées, s'échouèrent sur une île de la province du Cholla. On en profita pour faire des relevés hydrographiques plus sérieux, mais les Français, dans cette posture peu glorieuse, ne se trouvaient plus en position de force quand , par une mission allant en Chine, ils ne reçurent qu'une fin de non-recevoir plutôt sèche de la part du gouvernement coréen. Bien entendu le Commandant LAPIERRE n'en accepta ni le fond ni la forme mais ne pu faire autre chose que de menacer que "si, à l'avenir, un Français est arrêté en Corée, on devra le renvoyer à Pékin; en agissant autrement on s'exposerait aux plus grands malheurs". De fait, on en resta là pour des années. D'abord parce que le gouvernement français ne prêtait qu'une oreille distraite aux diplomates en poste en Chine qui poussaient à l'expédition punitive, faisant remarquer aussi que "de la meilleure foi du monde, les missionnaires voient les choses comme ils le désirent et il faut quelquefois se défier des faits qu'ils nous font connaître par les récits des gens qui les entourent".

Plus convaincante aurait pu être la supplique de Monsieur de MONTIGNY à l'Empereur qui entrevoyait que la passation d'un traité avec la CORÉE aurait pour effet d'arrêter les projets de conquête de la presqu'île coréenne, dont la Russie ne se cache plus depuis plusieurs années. Là encore, le gouvernement français trouva plus sage de ne pas s'aventurer en CORÉE alors que ses rapports avec la CHINE n'étaient pas satisfaisants. D'autant que, dans l'intervalle, un nouveau Roi montait sur le trône et faisait preuve de beaucoup plus de mansuétude envers les catholiques. Enfin, la situation se durcissait en CHINE aboutissant aux traités de TIEN-TSIN puis de PÉKING avec la FRANCE et la GRANDE-BRETAGNE (1860). La nouvelle de la défaite des armées chinoises par les diables occidentaux et, en particulier, la destruction du palais Yuan-ming-Yuan sema la consternation en CORÉE lorsqu'elle y parvînt et les Coréens pensèrent pouvoir échapper au péril blanc en se faisant massivement catholiques attirant la venue de nouveaux missionnaires. Dès lors ceux-ci ne se bornèrent plus à la seule évangélisation, mais commencèrent à enseigner la médecine, les mathématiques, les techniques agricoles et les langues étrangères tout en étudiant eux-mêmes la langue et la culture coréennes.

C'était trop beau. Les Russes cherchaient inlassablement des contacts en CORÉE et causaient beaucoup de soucis au Régent TAEWON'GUN dont certains catholiques de son entourage lui suggèraient même de faire appel à la FRANCE. L'occasion fut manquée par les Catholiques coréens quand un bâtiment russe entra dans le port de WONSAN en janvier 1866 pour demander l'ouverture de négociations. Les historiens restent divisés quant aux vraies raisons qui provoquèrent alors un revirement total de l'attitude du Régent à la suite d'un incident où il s'estima offensé. Quoiqu'il en soit, il se rangea brusquement du côté des conservateurs partisans d'une politique de réclusion. De plus des nouvelles parvenaient de CHINE selon lesquelles le gouvernement chinois avait décidé d'exterminer les missionnaires étrangers.

 

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