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Les
opérations terrestres
Le
21 mai, la 3e brigade commando renforcée débarque
dans la baie symboliquement défendue de San Carlos,
sur la côte ouest de l'île principale de "East
Falkland", à l'opposé de Port Stanley.
Dès lors, les opérations prennent une toute autre
ampleur. La tête de pont est rapidement consolidée
et 4500 hommes sont à pied d'ouvre le 23. Les axes de
progression britanniques sont définis : d'une part vers
l'est en direction de Port Stanley et d'autre part vers
le sud en direction de Port Darwin et du terrain secondaire
de Goose Green afin de sécuriser le flanc droit.
Cette double progression par attaques successives de nuit a pour
objectif le nettoyage méthodique de l'île avant
la concentration finale pour l'assaut de la position argentine
principale.
Tentant par tous
les moyens à leur disposition de
freiner et décourager la progression
britannique, l'aviation argentine redouble
d'activité. Les résultats
ne se font pas attendre. Illustrant les
limites évidentes de la maîtrise
aérienne britanniques et les lacunes
des systèmes de défense anti-aérienne
de la Task Force, les avions argentins
parviennent au prix de fortes pertes à envoyer
par le fond ou à endommager gravement
un nombre inquiétant de navires.
Du 21 au 26 mai les pertes sont considérables
: Le destroyer Coventry est incendié et
perdu, les frégates Ardent et Antelope sont
coulées, l'Atlantic Conveyor touché une
première fois, coulera le 29 avec
ses hélicoptères Chinook,
les Harrier qu'il transportait ayant pu être évacués.
Durant ces jours noirs pour la Royal Navy,
le transport Fearless et le paquebot Norland sont également
gravement touchés. En juin encore,
le transport de débarquement Sir
Galahad est détruit, le Sir
Lancelot et le Sir Tristam sont
touchés ainsi que le destroyer Glamorgan qui
reçoit un exocet MM38 depuis la
terre. La situation est alors en passe
de devenir critique et l'urgence d'une
conclusion à terre se fait pour
le commandement de plus en plus aiguë.
Le 28 mai, le 2e
bataillon parachutiste s'empare de Port
Darwin et de Goose Green faisant
1200 prisonniers et permettant l'utilisation
du terrain d'aviation pour l'appui rapproché au
sol et le ravitaillement des forces débarquées.
Lors de la première semaine de juin,
tandis que la pince se referme sur les
positions du général Ménendez
que l'artillerie britannique se positionnant
sur les hauteurs dominant la ville pilonne
sans répit, la 5e brigade récemment
arrivée sur zone renforce le dispositif.
Un débarquement limité à Bluff
Cove, au sud-ouest de Port Stanley occasionne
la perte de plus de cinquante hommes lors
de raids de A4. Mais la progression méthodique
se poursuit. Malgré des difficultés
logistiques(9) et
une résistance argentine loin d'être
négligeable, les troupes britanniques
obtiennent enfin la décision le
14 juin. Acculés et sans possibilité de
secours, le général Ménendez
dépose les armes. Le 15 juin, l'opération Sutton se
termine par une victoire indiscutable pour
la Grande Bretagne.
Bilan
militaire de l'opération " Sutton "
La
crise des Malouines, loin d'être une échauffourée
sans importance a fait près d'un millier de morts et son
souvenir reste vivace tant en Argentine qu'en Grande Bretagne,
nourrissant parfois encore des rancours patriotiques tenaces.
Elle est un exemple, un peu avant la lettre, de ces conflits
de faible ou moyenne intensité dont la définition
est au cour de la problématique militaire depuis la fin
de la guerre froide. Elle est surtout un exemple à la
fois singulier et riche d'enseignements encore aujourd'hui d'intervention
lointaine amphibie avec des moyens modernes. De fait, l'expédition
britannique reste par son existence même un relatif exploit
militaire compte tenu de l'éloignement des bases et de
l'ampleur des moyens engagés par une puissance "moyenne".
Il est à noter
que l'effort argentin est à cet égard
loin d'être négligeable. Bien
que plus proche de ses bases et installée
en position défensive, l'armée
argentine aux moyens technologiques plus
limités dut néanmoins opérer à plusieurs
centaines de milles du continent. Surtout,
les forces britanniques ont démontré s'il
en était besoin la supériorité d'une
force professionnelle bien entraînée
et équilibrée pour des opérations
de ce type. Les forces terrestres argentines,
composées en majorité de
conscrits au moral et à l'entraînement
plus limités ne pouvaient guère
résister longtemps à l'élite
des troupes britannique(10).
Malgré tout, si l'engagement et
l'utilisation intelligente de l'essentiel
des moyens de la Royal Navy autorisa une
maîtrise navale totale sur la zone
des combats, l'insuffisance de la couverture
aérienne disponible fut la cause
de pertes très importante dans les
rangs de la Task Force déployée,
illustrant les limites des moyens de la
défense aérienne seule, y
compris face à un adversaire aux
potentialités limitées (11).
9.Consécutives
pour une large part à la perte des hélicoptères
lourds Chinook de l'Atlantic Conveyor.[retour au texte]
10.
On notera à cet égard l'engagement de troupes parachutistes,
de Royal Guards, de Royal Marines, de SAS, et de Gurkhas, représentant
un véritable " catalogue " des troupes d'élite
britanniques.[retour au texte]
11.A
titre d'exemple, l'armée de l'air argentine ne disposait
que de 5 missiles Exocet AM39 en tout et pour tout mais en mis
au moins deux au but.[retour au texte]
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