1982 - La guerre des Malouines
Le dernier rugissement du " Vieux lion "

par Vincent BERNARD, professeur d'histoire-géographie

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Le 1er mai, les forces britanniques engagent les opérations contre les positions argentines des Malouines. Les premiers raids de bombardiers Vulcan venus de la lointaine île d'Ascension et surtout des Sea Harrier embarqués sur l'Hermes et l'Invincible prennent pour cible les bases de port Stanley et de Goose Green. Cette intervention des Vulcan d'Ascension revêt à cet égard un caractère éminemment symbolique mais reste durant toute la cris e limitée. De fait, l'éloignement de cette position britannique à 3500 nautiques des Malouines rend très aléatoire un soutien aérien important, les Vulcan devant voler 18 heures et se ravitailler en vol à sept reprises pour assurer la moindre mission de bombardement. L'essentiel des moyens aériens britanniques est ainsi assuré dans un premier temps par les quelques Sea Harrier des porte-aéronefs.
Le 2 mai survient un événement dont la portée est toujours vivace, vingt ans après, dans les consciences argentines(7) . Le vieux croiseur Général Belgrano(8) , fierté de la flotte est torpillé par le sous - marin Conqueror à l'extérieur de la zone d'exclusion des 200 milles et coule avec plus de 300 marins en quelques minutes Le même jour, le chalutier Narval est arraisonné et trois patrouilleurs endommagés par les hélicoptères embarqués. Le Rio Iguazu coule dans la journée. La réponse argentine ne se fait pas attendre. Le 4, un Super-Etendard met au but un missile Exocet AM39 tuant 30 marins et incendiant le destroyer Sheffield. Mais la présence des sous-marins britanniques face aux principaux ports de guerre argentins a dès lors porté ses fruits. Violemment secouée par la perte de son navire, la marine argentine reste dès lors confinée dans ses bases laissant la maîtrise totale de la mer à la Royal Navy. Plus encore, la junte militaire, perdant confiance devant l'ampleur inattendue de la réaction britannique et l'évidence du quasi-isolement de la garnison des Malvinas accepte cette fois l'idée d'un cessez le feu sous l'égide de l'ONU afin de parvenir à un règlement pacifique.

La préparation de la reconquête

Mais malgré la perte du Sheffield, dont le choc est accentué par l'origine française des moyens employés, le gouvernement de Sa Majesté reste désormais sourd aux propositions de médiation. Sûr de sa victoire, ayant engagé 114 bâtiments soit l'essentiel de la Royal Navy, le commandement britannique entreprend d'isoler totalement les Malouines. Conséquence du blocus, seuls quelques avions C-130, Learjet ou Skyran et de rares navires argentins tentent en mai et juin de ravitailler les îles. Malgré l'infériorité quantitative de l'aviation britannique, cette dernière bénéficie de plusieurs facteurs favorables. D'une part, les Mirages argentins, seuls appareils de chasse pouvant rivaliser avec les Harrier ne sont pas ravitaillables en vol et ne peuvent être stationnés dans les îles compte tenu de la faible importance des terrains de Port Stanley, Goose Green et de l'île Peeble. Seuls les légers Pucara, aux performances médiocres peuvent ainsi assurer une relative couverture de chasse. Sur les douze Mirages et Dagger perdus par l'Argentine, sept tombent à la mer à court de pétrole durant les opérations.
Jusqu'au 20 mai, le dispositif britannique se renforce. Ne disposant pas des moyens militaires adéquats pour assurer le transport d'une force d'invasion suffisante, la Royal Navy réquisitionne les paquebots Queen Elizabeth II, Camberra et le porte-conteneurs Atlantic Conveyor. Ces bâtiments emportent de Grande Bretagne plus de 5000 hommes d'élite ainsi que des hélicoptères et des Harrier de renfort. Sans possibilité de secours, le général Ménendez opte quant à lui pour le principe de la concentration des forces et groupe l'essentiel de ses 10000 hommes, en majorité des conscrits, sur la position de défense principale de Port-Stanley, laissant le reste de l'archipel quasiment sans défense.
Seule opération terrestre notable pendant cette phase préparatoire, le 14 mai, un raid des SAS sur le terrain d'aviation de la minuscule île Peeble détruit au sol 9 Pucara.
Au 20 mai, les affrontements encore limités et circonscrits à la zone des Malouines, si on excepte le torpillage du Belgrano, ont fait une soixantaine de tués dans les rangs argentins.


7. Illustrant cette mémoire encore douloureuse et vivace on trouve par exemple de grandes photos du croiseur Belgrano très en évidence dans certains cafés de la capitale argentine.[retour au texte]

8. Croiseur léger modernisé de la classe Brooklyn datant de la seconde guerre mondiale.[retour au texte]


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