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Le
1er mai, les forces britanniques engagent les opérations
contre les positions argentines des Malouines. Les premiers raids
de bombardiers Vulcan venus de la lointaine île d'Ascension
et surtout des Sea Harrier embarqués sur l'Hermes et l'Invincible
prennent pour cible les bases de port Stanley et de Goose Green.
Cette intervention des Vulcan d'Ascension revêt à cet égard
un caractère éminemment symbolique mais reste durant
toute la cris e limitée. De fait, l'éloignement
de cette position britannique à 3500 nautiques des Malouines
rend très aléatoire un soutien aérien important,
les Vulcan devant voler 18 heures et se ravitailler en vol à sept
reprises pour assurer la moindre mission de bombardement. L'essentiel
des moyens aériens britanniques est ainsi assuré dans
un premier temps par les quelques Sea Harrier des porte-aéronefs.
Le 2 mai survient
un événement dont la portée
est toujours vivace, vingt ans après,
dans les consciences argentines(7) .
Le vieux croiseur Général
Belgrano(8) ,
fierté de la flotte est torpillé par
le sous - marin Conqueror à l'extérieur
de la zone d'exclusion des 200 milles et
coule avec plus de 300 marins en quelques
minutes Le même jour, le chalutier Narval est
arraisonné et trois patrouilleurs
endommagés par les hélicoptères
embarqués. Le Rio Iguazu coule
dans la journée. La réponse
argentine ne se fait pas attendre. Le 4,
un Super-Etendard met au but un missile
Exocet AM39 tuant 30 marins et incendiant
le destroyer Sheffield. Mais la
présence des sous-marins britanniques
face aux principaux ports de guerre argentins
a dès lors porté ses fruits.
Violemment secouée par la perte
de son navire, la marine argentine reste
dès lors confinée dans ses
bases laissant la maîtrise totale
de la mer à la Royal Navy. Plus
encore, la junte militaire, perdant confiance
devant l'ampleur inattendue de la réaction
britannique et l'évidence du quasi-isolement
de la garnison des Malvinas accepte cette
fois l'idée d'un cessez le feu sous
l'égide de l'ONU afin de parvenir à un
règlement pacifique.
La
préparation de la reconquête
Mais
malgré la perte du Sheffield, dont le choc est
accentué par l'origine française des moyens employés,
le gouvernement de Sa Majesté reste désormais sourd
aux propositions de médiation. Sûr de sa victoire,
ayant engagé 114 bâtiments soit l'essentiel de la
Royal Navy, le commandement britannique entreprend d'isoler totalement
les Malouines. Conséquence du blocus, seuls quelques avions
C-130, Learjet ou Skyran et de rares navires argentins tentent
en mai et juin de ravitailler les îles. Malgré l'infériorité quantitative
de l'aviation britannique, cette dernière bénéficie
de plusieurs facteurs favorables. D'une part, les Mirages argentins,
seuls appareils de chasse pouvant rivaliser avec les Harrier
ne sont pas ravitaillables en vol et ne peuvent être stationnés
dans les îles compte tenu de la faible importance des terrains
de Port Stanley, Goose Green et de l'île Peeble.
Seuls les légers Pucara, aux performances médiocres
peuvent ainsi assurer une relative couverture de chasse. Sur
les douze Mirages et Dagger perdus par l'Argentine, sept tombent à la
mer à court de pétrole durant les opérations.
Jusqu'au 20 mai,
le dispositif britannique se renforce.
Ne disposant pas des moyens militaires
adéquats pour assurer le transport
d'une force d'invasion suffisante, la Royal
Navy réquisitionne les paquebots Queen
Elizabeth II, Camberra et le
porte-conteneurs Atlantic Conveyor.
Ces bâtiments emportent de Grande
Bretagne plus de 5000 hommes d'élite
ainsi que des hélicoptères
et des Harrier de renfort. Sans possibilité de
secours, le général Ménendez
opte quant à lui pour le principe
de la concentration des forces et groupe
l'essentiel de ses 10000 hommes, en majorité des
conscrits, sur la position de défense
principale de Port-Stanley, laissant
le reste de l'archipel quasiment sans défense.
Seule opération
terrestre notable pendant cette phase préparatoire,
le 14 mai, un raid des SAS sur le terrain
d'aviation de la minuscule île Peeble détruit
au sol 9 Pucara.
Au 20 mai, les affrontements
encore limités et circonscrits à la
zone des Malouines, si on excepte le torpillage
du Belgrano, ont fait une soixantaine
de tués dans les rangs argentins.
7. Illustrant cette
mémoire encore douloureuse et vivace on trouve par exemple
de grandes photos du croiseur Belgrano très en évidence
dans certains cafés de la capitale argentine.[retour
au texte]
8.
Croiseur léger modernisé de la classe Brooklyn
datant de la seconde guerre mondiale.[retour au
texte]
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