page
1 - page 2 - page
3 - page 4 - page
5 - page 6
Le
15 juin 1982, au terme d'un conflit de quelques semaines, la
Grande-Bretagne réoccupait par la force Port - Stanley,
capitale d'un archipel perdu de l'Atlantique sud, au large des
côtes argentines. Les îles Malouines, appelées Malvinas par
les Argentins, Falklands par les Anglais, ne semblaient
pas devoir être l'objet d'une telle débauche de
moyens, d'énergie, et de vies humaines. Position stratégique
d'intérêt limité loin des grandes lignes
de force de la guerre froide, économiquement et démographiquement
insignifiante, cette terre australe dont l'autonomie sous souveraineté argentine était
jusqu'en 1982 presque négociée ne présentait
pour les deux pays aucun intérêt vital. Mais l'épreuve
de force, initiée brutalement par un gouvernement argentin
trop confiant et en quête d'unité nationale, fut
acceptée par la fière Albion au-delà de
toute attente.
Margaret Thatcher, "la
dame de Fer", se révéla
plus que jamais décidée à montrer
que l'Angleterre, à défaut
de recouvrir sa primauté internationale
passée, ne se laisserait pas humilier
par un adversaire de la carrure de l'Argentine.
Il y a vingt ans, une fois encore, l'Angleterre
entreprit par une magistrale et improbable
opération militaire de raviver son
vieux credo : "Britannia rules
the waves".
L' improbable affrontement
Comme
le suggère la triple dénomination de l'archipel,
les querelles de souveraineté sur les Malouines ne sont
pas en 1982 une affaire récente. Sous souveraineté britannique,
française(1) , argentine
puis définitivement britannique en 1833, Buenos - Aires
a toujours depuis revendiqué activement les "Islas
Malvinas".
En 1966 déjà,
un commando "péroniste" s'était
brièvement emparé de Port
Stanley.
En 1977, des manouvres
navales argentines particulièrement
menaçantes avaient provoqué l'envoi
sur zone par Londres d'une paire de frégates
et d'un sous - marin nucléaire d'attaque.
En 1982, les négociations
diplomatiques de transfert conditionnel
de souveraineté initiées
en 1965 par pression de l'ONU traînent
toujours. La minuscule population de 1800 âmes,
presque entièrement d'origine britannique
s'étant démocratiquement
prononcée pour un maintien sous
tutelle britannique, le Foreign Office,
après avoir envisagé un transfert
de souveraineté nominale à l'Argentine à condition
de la plus large autonomie de l'archipel,
rompt brusquement les pourparlers au début
de 1982 en ajournant l'établissement
d'un nouveau calendrier de négociations.
Dès lors,
le chef de la junte militaire argentine
au pouvoir, le général Leopoldo
Galtieri, entreprend de brusquer les choses
par une opération d'occupation militaire
unilatérale. Une telle prise de
risque, défiant tout à la
fois la communauté internationale
et un des piliers de l'OTAN, ne se conçoit
que par la conjonction d'une présence
militaire britannique locale symbolique
et une confiance absolue de l'Argentine
en l'incapacité de Londres à réagir
efficacement à plus 12.000 km de
la métropole.
Dès le 18
mars, le drapeau argentin avait été hissé en
Géorgie du Sud, dépendance
des Malouines située à 1.200
km, par des commandos déguisés
en civil. Le 2 avril à 4 heures
30, une force d'invasion de quelques milliers
hommes débarque près de la "capitale" Port
- Stanley. Après une résistance
réelle mais qui ne peut être
que symbolique, les 79 Royal Marines dont
dispose le gouverneur Rex Hunt reçoivent
l'ordre de se rendre à 9 heures
25. Sans opposition sur mer(2) ,
la marine argentine, loin d'être
une force anecdotique, semble tout à fait
en mesure de garantir l'intégrité le
ravitaillement de la nouvelle conquête.
1.le
souvenir de l'ancienne présence française survit encore
par quelques toponymes épars.[retour au texte]
2. Le seul bâtiment
britannique présent sur zone étant un petit patrouilleur
de glace presque désarmé.[retour
au texte]
page
1 - page 2 - page
3 - page 4 - page
5 - page 6 |