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La
position britannique
En son temps, Robin
Cook encouragea la modernisation de la Constitution de Gibraltar,
démontrant par là un acquiescement aux souhaits
espagnols quant à l'exercice conjoint de la souveraineté sur
le territoire (5). Le FCO entreprit donc une première
démarche en tenant des pourparlers informels avec le gouvernement
de Gibraltar à propos de sa relation future avec le Royaume-Uni,
le tout dans le cadre du programme de la réforme constitutionnelle
du New Labour.
Ceci nonobstant
le fait que Gibraltar constitue un cas en soi dans l'Union Européenne.
S'adressant à la
Chambre des Lords, le 10 janvier 1999, Lord Bethell s'étonna
que les citoyens de Gibraltar ne pussent voter aux élections
européennes. L'amendement qu'il proposa fut rejeté par
125 voix contre 114. Lord Williams of Mostyn, Ministre auprès
du Ministère de l'Intérieur (Home Office Minister),
déclara compatir avec Lord Bethell mais ne pouvait souscrire à son
amendement "contraire à nos obligations internationales" en
raison du fait que Gibraltar jouissait d'un "statut particulier" dans
l'UE, l'exemptant de l'application de la PAC et de contribuer
au budget communautaire (6).
En fait, si la responsabilité de
la mise en œuvre de la législation européenne incombe
au gouvernement de Gibraltar, c'est la Grande-Bretagne qui est
responsable devant la Cour de Justice Européenne (European
Court of Justice ou ECJ) de l'exécution des obligations
communautaires sur le territoire Par ailleurs, la spécificité de
Gibraltar ressort nettement lorsque l'on sait que le territoire
n'est pas contraint de se plier à la politique communautaire
dans quatre domaines : le tarif douanier commun, la libre circulation
des biens (mais pas des services), la levée de la TVA,
et la Politique Agricole Commune (PAC ou CAP en anglais) et de
Pêches.
La Grande-Bretagne soutient par
principe le droit à l'auto-détermination, tel qu'il
s'exprime dans les souhaits des populations concernées.
Mais elle affirme qu'il doit être exercé en accord
avec les autres droits et principes énoncés par
la Charte des Nations-Unies et autres obligations découlant
de divers traités (dont le Traité d'Utrecht dans
le cas de Gibraltar). Ce qui signifie que si la Grande-Bretagne
venait à renoncer à sa souveraineté sur
Gibraltar, l'indépendance du territoire ne serait possible
qu'avec le consentement de l'Espagne.

Le rapport de la Commission des affaires étrangères sur Gibraltar
Le 11 avril 2000, un porte-parole
du FCO déclara prendre acte de l'intérêt
soutenu que manifestait la Commission des Affaires Etrangères
pour la question de Gibraltar, et assura la Commission que le
gouvernement étudierait de près les recommandations
qu'elle avait formulées. Néanmoins, il souligna
que les critiques émises par ladite Commission envers
le gouvernement étaient injustifiées en raison
de la très ferme défense des intérêts
de Gibraltar par le gouvernement (7).
Répondant aux critiques émises
par la Commission des Affaires Etrangères dans son Neuvième
Rapport lors de la session 1999-2000 (8), le gouvernement réitère
sa volonté d'honorer ses obligations envers les citoyens
de Gibraltar, et de poursuivre, dans la confiance, le dialogue
et la coopération avec Madrid.
Au nombre des recommandations
formulées
par la Commission figure la normalisation du régime de
contrôle à la frontière entre l'Espagne et
le "Rocher". Keith Vaz a déjà écrit
au Commissaire Européen Vitorino à ce sujet après
le débat qui eut lieu à Westminster le 8 juin 2000.
En outre, le représentant Permanent du Royaume-Uni à Bruxelles
saisit la Commission à ce sujet à l'automne 2000
(recommandation n°1, § 32).
La Commission recommande aussi l'élaboration
d'un accord entre Londres et Madrid sur l'utilisation de l'aéroport
au profit des régions espagnoles limitrophes (Andalousie,
entre autres) (recommandation n°3, § 41).
La Commission recommande au gouvernement
de saisir la Commission Européenne pour résoudre
les tracasseries dont font l'objet les communications téléphoniques
(recommandation n°10, § 67).
La Commission recommande d'envoyer
un message clair à Madrid : tout obstacle à l'entrée
de Gibraltar dans l'Espace Schengen contrevient tant à la
lettre qu'à l'esprit de la déclaration faite à l'époque
du Traité d'Amsterdam (recommandation n°12, § 83).
Une autre recommandation de la Commission
est de permettre aux citoyens de Gibraltar de participer au vote
pour élire le Parlement Européen en 2004, fût-ce
même au prix d'une décision unilatérale prise
par Londres (recommandation n°13, § 92). Rappelons que
Londres considère que le meilleur moyen de donner aux
Gibraltariens le droit de voter serait d'apporter un amendement à la
loi de la CE de 1976 sur les Elections Directes.
Le gouvernement britannique a favorablement accueilli la décision espagnole
de participer aux manœuvres de l'OTAN en utilisant les moyens basés à Gibraltar.
La Commission exhorte Downing Street à exiger la levée de toute
restriction quant à l'accès des navires de l'OTAN au port de
Gibraltar (recommandation n°15, § 95).
La Commission recommande l'abandon des propositions présentées
par le Ministre espagnol des Affaires Etrangères, M.Abel Matutes, en
décembre 1997, ainsi que du "Processus de Bruxelles", et
préconise de donner de nouvelles bases aux relations entre le Royaume-Uni
et l'Espagne (recommandation n°20, § 119).
(5) Electronic Telegraph, Britain signals shift
on Gibraltar, issue n°1223, 30 September 1998.
(6) BBC News UK Politics, Lords block Gibraltar voting move, January 30, 1999.
(7) FCO, Foreign Affairs Committee Gibraltar : Follow-up, 11 April 2000 : "However
we do not accept the Committee's criticism. The government has been robust
in defending Gibraltar's interests".
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