Les politiques militaires de la France et du Royaume-Uni dans la dernière décennie de la guerre froide
par Frédéric VALLE

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La question de la réforme administrative n'est abordée qu'au Royaume-Uni, et pour cause, elle lui est spécifique. Il s'agit là de "la marque de fabrique" THATCHER. L'idéologie ultra-libérale a véritablement influencé la défense et l'outil militaire en particulier dans ce domaine précis. La réforme NOTT a remis en cause le fonctionnement du MoD (Ministry of Defence). La réforme HESELTINE est allée plus loin. Le système de gestion s'est fait plus libéral. La responsabilité financière a été distribuée à tous les niveaux de la hiérarchie, avec la volonté affirmée d'obtenir un véritable retour sur investissement. Cette réforme, appliquée par un des ministres les plus compétents de l'ère thatchérienne, a connu un relatif succès. Elle s'est mieux implantée dans le domaine militaire que dans la plupart des autres secteurs de la société britannique. La peur du "Tout financier" a pourtant limité son succès, non sans raison.
Une dernière comparaison franco-britannique, le système de gestion à long terme. La France se penche tous les cinq ans sur l'avenir de sa défense par une loi de programmation. Le Royaume-Uni se contente de rédiger des Livres Blancs (White Papers), selon la demande de ses dirigeants. Aucun des deux systèmes n'a jusqu'à présent révélé une quelconque supériorité par rapport à l'autre.

Conclusion


Dans cette conclusion il semble tout d'abord opportun de tordre le cou à certains préjugés non fondés. 1979 - 1990 n'est pas une période de paix intangible. En 1984, les armées françaises n'ont jamais connu autant d'officiers et de sous-officiers décorés pour faits d'armes. 1982 est une date que les armées britanniques ne sont pas prêtes d'oublier. D'autre part, les Français ont une tendance exagérée à croire le Royaume-Uni à la botte des Américains. La coopération américano-britannique est réelle, mais ses retombées sont en faveur de ces derniers : le rang de puissance nucléaire ne peut être tenu que grâce à cette coopération(1) , le maintien de Hong Kong dans le giron de sa Majesté n'eût peut être pas été si aisé sans la présence des cousins d'outre-atlantique. L'indépendance britannique n'a jamais été remise en cause.
La réponse à la question posée par la problématique est évidente. L'influence de facteurs conjoncturels est minime dans le domaine de la politique militaire. L'idéologie politique l'est encore moins. Cette étonnante stabilité ne devrait pourtant plus nous surprendre. Il n'est qu'à penser au nombre d'ennemis que ces deux pays ont connu pendant le dernier demi-millénaire. La France a affronté successivement : l'Angleterre, l'Autriche, l'Allemagne et l'URSS. Le Royaume-Uni, lui, n'a connu qu'un seul ennemi, le maître du continent européen.


Note : cette synthèse est issue d'un mémoire rédigé en 1996 par l'auteur. Certains idées, exposées ici de manière succincte, sont argumentés dans le corps du mémoire. Vous pourrez le trouver à la bibliothèque de l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence et à la B.U de Droit d'Aix-en-Provence.


1.Se référer dans le corps du mémoire à la partie historique du nucléaire britannique [retour au texte]

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