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La
question de la réforme administrative n'est abordée
qu'au Royaume-Uni, et pour cause, elle lui est spécifique.
Il s'agit là de "la marque de fabrique" THATCHER.
L'idéologie ultra-libérale a véritablement
influencé la défense et l'outil militaire en particulier
dans ce domaine précis. La réforme NOTT a remis
en cause le fonctionnement du MoD (Ministry of Defence).
La réforme HESELTINE est allée plus loin. Le système
de gestion s'est fait plus libéral. La responsabilité financière
a été distribuée à tous les niveaux
de la hiérarchie, avec la volonté affirmée
d'obtenir un véritable retour sur investissement. Cette
réforme, appliquée par un des ministres les plus
compétents de l'ère thatchérienne, a connu
un relatif succès. Elle s'est mieux implantée dans
le domaine militaire que dans la plupart des autres secteurs
de la société britannique. La peur du "Tout
financier" a pourtant limité son succès, non
sans raison.
Une dernière
comparaison franco-britannique, le système
de gestion à long terme. La France
se penche tous les cinq ans sur l'avenir
de sa défense par une loi de programmation.
Le Royaume-Uni se contente de rédiger
des Livres Blancs (White Papers),
selon la demande de ses dirigeants. Aucun
des deux systèmes n'a jusqu'à présent
révélé une quelconque
supériorité par rapport à l'autre.
Conclusion
Dans cette conclusion il semble tout
d'abord opportun de tordre le cou à certains préjugés
non fondés. 1979 - 1990 n'est pas une période
de paix intangible. En 1984, les armées françaises
n'ont jamais connu autant d'officiers et de sous-officiers
décorés pour faits d'armes. 1982 est une date
que les armées britanniques ne sont pas prêtes
d'oublier. D'autre part, les Français ont une tendance
exagérée à croire le Royaume-Uni à la
botte des Américains. La coopération américano-britannique
est réelle, mais ses retombées sont en faveur
de ces derniers : le rang de puissance nucléaire ne
peut être tenu que grâce à cette coopération(1) ,
le maintien de Hong Kong dans le giron de sa Majesté n'eût
peut être pas été si aisé sans la
présence des cousins d'outre-atlantique. L'indépendance
britannique n'a jamais été remise en cause.
La réponse à la
question posée par la problématique
est évidente. L'influence de facteurs
conjoncturels est minime dans le domaine
de la politique militaire. L'idéologie
politique l'est encore moins. Cette étonnante
stabilité ne devrait pourtant plus
nous surprendre. Il n'est qu'à penser
au nombre d'ennemis que ces deux pays ont
connu pendant le dernier demi-millénaire.
La France a affronté successivement
: l'Angleterre, l'Autriche, l'Allemagne
et l'URSS. Le Royaume-Uni, lui, n'a connu
qu'un seul ennemi, le maître du continent
européen.
Note : cette synthèse est issue d'un mémoire
rédigé en 1996 par l'auteur. Certains idées,
exposées ici de manière succincte, sont argumentés
dans le corps du mémoire. Vous pourrez le trouver à la
bibliothèque de l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence
et à la B.U de Droit d'Aix-en-Provence.
1.Se référer
dans le corps du mémoire à la partie historique du
nucléaire britannique [retour au texte]
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