Les politiques militaires de la France et du Royaume-Uni dans la dernière décennie de la guerre froide
par Frédéric VALLE

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II-3- Les forces aéro-maritimes

Les navires : le Royaume-Uni, de grande puissance maritime, est devenu une simple puissance régionale. Le conflit de 1982 lui rappelle l'intérêt d'une flotte de qualité. Il ne va pas oublier la leçon. A la fin de la période, le nombre de "capital ships" aura augmenté, sa flotte sera spécialisée à outrance dans la lutte ASM(1) , la plupart des classes de navires seront renouvelées. De son côté, la France lance son premier SNA(2) et renouvelle son parc de SNLE. et s'en contente. Aucun renouvellement de classe de navires prévu, sauf à long terme. Autant dire que la moyenne d'âges des matériels augmente et que l'obsolescence menace sérieusement la Royale.
L'aéronavale : la flotte de sa Majesté s'arme du Sea Harrier, un avion à décollage vertical et court. Les trois porte-aéronefs construits lui permettent de mettre en oeuvre une flotte capable d'entreprendre une lutte ASM, sous une couverture aérienne suffisante. La puissance de feu en vol, les avions étant dorénavant des plates-formes de lancement de missiles, est accrue. La France court vers une obsolescence dangereuse. La protection aérienne est assurée par des Crusaders, avions américains datant de 1955. Elle ne possède pas non plus les moyens modernes d'alerte avancée.
Les stratégies maritimes : le Royaume-Uni se lance dans un mouvement de rupture, soutenu en cela par les "Continentalistes". Le module aéro-maritime doit être sacrifié au profit des forces aéroterrestres, essentiellement pour des raisons de coût. La guerre des Malouines remet en selle les "Maritimistes". Cette opposition, plus que technique est idéologique : les continentalistes, pragmatiques, s'adaptent à l'effondrement de la puissance britannique, tandis que les maritimistes sont les légataires de l'Empire. Ce débat fondamental va connaître un retournement inattendu. Les événements de 1982 sont cependant négociés trop rapidement et, par manque de recul et de réflexion, ne satisferont personne. Le programme purement défensif, face à l'URSS, évolue pour pouvoir répondre à des besoins plus britanniques, mais limités. Ces limites ne sont d'ailleurs pas précisées, et un certain flou accompagne le deuxième Livre Blanc, rédigé en quelques mois. La France ne se pose pas ce genre de questions. Elle se veut une grande puissance, capable de répondre à toutes les menaces dans le monde. Elle ne s'en donne pourtant pas les moyens et cache ses lacunes derrières des programmes d'armement qui se laissent désirer. encore aujourd'hui(3) . De ce point de vue, les politiques françaises et britanniques ne sont pas satisfaisantes, mais la politique française laisse décliner sa puissance maritime, comme souvent dans son histoire.

II-4- La Machine administrative.

Cette administration, à l'image de ses consours ne peut fonctionner qu'avec un budget. Elle sera aussi le centre de la véritable transformation libérale thatchérienne, à la suite d'une série de réformes.
Comment juger de l'effort réel des gouvernants, sinon par le budget octroyé ? La lecture de ce document est révélateur des priorités accordées à la défense et, en son sein, à ses différentes composantes.
La France accroît ses dépenses budgétaires dans le domaine militaire à deux occasions : lors de la prise de pouvoir de François MITTERRAND et sous le gouvernement de cohabitation. Ensuite, celui-ci va diminuer régulièrement, quelles que soient les appartenances politiques des gouvernants. Globalement, la dépense militaire par rapport au PIB est stable, sur la durée de la période. Au sein du budget de l'Etat, le choix de la stabilité préside, la défense gardera son rang. En 1986, la priorité sera donnée à l'investissement.

Lors de son premier mandat, Margaret THATCHER va répondre à ses obligations dans le cadre de l'OTAN. Après la crise des Malouines, le budget va diminuer au fur et à mesure. De ce fait, la part des dépenses d'armement dans le PIB du pays va sérieusement diminuer. Nous sommes bien loin de socialistes français opérant des coupes sombres dans le budget de la défense et de Conservateurs britanniques prêts à dépenser à tout va !


1. antisousmarine [retour au texte]

2. Sous-marin nucléaire d'attaque [retour au texte]

3.Les mésaventures du PAN Charles de Gaulle ne sauraient cacher l'indécision quant à la construction de son sister-ship. Sans compter le programme Rafale qui n'est toujours pas opérationnel, y compris celui développé en priorité pour la Marine.[retour au texte]


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