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II-3-
Les forces aéro-maritimes
Les
navires : le Royaume-Uni, de grande puissance maritime, est devenu
une simple puissance régionale. Le conflit de 1982 lui
rappelle l'intérêt d'une flotte de qualité.
Il ne va pas oublier la leçon. A la fin de la période,
le nombre de "capital ships" aura augmenté,
sa flotte sera spécialisée à outrance dans
la lutte ASM(1) , la plupart
des classes de navires seront renouvelées. De son côté,
la France lance son premier SNA(2) et
renouvelle son parc de SNLE. et s'en contente. Aucun renouvellement
de classe de navires prévu, sauf à long terme.
Autant dire que la moyenne d'âges des matériels
augmente et que l'obsolescence menace sérieusement la
Royale.
L'aéronavale
: la flotte de sa Majesté s'arme
du Sea Harrier, un avion à décollage
vertical et court. Les trois porte-aéronefs
construits lui permettent de mettre
en oeuvre une flotte capable d'entreprendre
une lutte ASM, sous une couverture aérienne
suffisante. La puissance de feu en vol,
les avions étant dorénavant
des plates-formes de lancement de missiles,
est accrue. La France court vers une
obsolescence dangereuse. La protection
aérienne est assurée par
des Crusaders, avions américains
datant de 1955. Elle ne possède
pas non plus les moyens modernes d'alerte
avancée.
Les stratégies
maritimes : le Royaume-Uni se lance dans
un mouvement de rupture, soutenu en cela
par les "Continentalistes". Le
module aéro-maritime doit être
sacrifié au profit des forces aéroterrestres,
essentiellement pour des raisons de coût.
La guerre des Malouines remet en selle
les "Maritimistes". Cette opposition,
plus que technique est idéologique
: les continentalistes, pragmatiques, s'adaptent à l'effondrement
de la puissance britannique, tandis que
les maritimistes sont les légataires
de l'Empire. Ce débat fondamental
va connaître un retournement inattendu.
Les événements de 1982 sont
cependant négociés trop rapidement
et, par manque de recul et de réflexion,
ne satisferont personne. Le programme purement
défensif, face à l'URSS, évolue
pour pouvoir répondre à des
besoins plus britanniques, mais limités.
Ces limites ne sont d'ailleurs pas précisées,
et un certain flou accompagne le deuxième
Livre Blanc, rédigé en quelques
mois. La France ne se pose pas ce genre
de questions. Elle se veut une grande puissance,
capable de répondre à toutes
les menaces dans le monde. Elle ne s'en
donne pourtant pas les moyens et cache
ses lacunes derrières des programmes
d'armement qui se laissent désirer. encore
aujourd'hui(3) .
De ce point de vue, les politiques françaises
et britanniques ne sont pas satisfaisantes,
mais la politique française laisse
décliner sa puissance maritime,
comme souvent dans son histoire.
II-4-
La Machine administrative.
Cette
administration, à l'image de ses consours ne peut fonctionner
qu'avec un budget. Elle sera aussi le centre de la véritable
transformation libérale thatchérienne, à la
suite d'une série de réformes.
Comment
juger de l'effort réel des gouvernants, sinon par le budget
octroyé ? La lecture de ce document est révélateur
des priorités accordées à la défense
et, en son sein, à ses différentes composantes.
La France accroît
ses dépenses budgétaires
dans le domaine militaire à deux
occasions : lors de la prise de pouvoir
de François MITTERRAND et sous le
gouvernement de cohabitation. Ensuite,
celui-ci va diminuer régulièrement,
quelles que soient les appartenances politiques
des gouvernants. Globalement, la dépense
militaire par rapport au PIB est stable,
sur la durée de la période.
Au sein du budget de l'Etat, le choix de
la stabilité préside, la
défense gardera son rang. En 1986,
la priorité sera donnée à l'investissement.
Lors
de son premier mandat, Margaret THATCHER
va répondre à ses obligations
dans le cadre de l'OTAN. Après la
crise des Malouines, le budget va diminuer
au fur et à mesure. De ce fait,
la part des dépenses d'armement
dans le PIB du pays va sérieusement
diminuer. Nous sommes bien loin de socialistes
français opérant des coupes
sombres dans le budget de la défense
et de Conservateurs britanniques prêts à dépenser à tout
va !
1. antisousmarine [retour
au texte]
2.
Sous-marin nucléaire d'attaque [retour au
texte]
3.Les
mésaventures du PAN Charles de Gaulle ne sauraient cacher
l'indécision quant à la construction de son sister-ship.
Sans compter le programme Rafale qui n'est toujours pas opérationnel,
y compris celui développé en priorité pour
la Marine.[retour au texte]
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