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II-
Les outils militaires
Ces
outils militaires sont nucléaires, aéroterrestres
et aéro-maritimes. On ne peut négliger pour autant
la mécanique administrative induite.
II-1- Les forces
nucléaires
Les
deux pays sont les deux seules puissances nucléaires,
non américaines, du monde occidental. Elles sont cependant
dans des situations différentes. Le Royaume-Uni est pleinement
intégré au dispositif américain. Il est
aussi indépendant de fait. Même s'il doit recevoir
un ordre américain pour lancer ses missiles, rien techniquement
ne l'empêche de le faire quand bon lui semble. Il le peut
d'autant plus qu'il possède les moyens d'alertes avancées
sur son propre territoire et que ses lanceurs et ses têtes
nucléaires sont au sommet de la technologie.
La France se veut
indépendante de tout contrôle
américain. Elle a acquis ses bombes
de manières indépendantes
et est libre de choisir ses cibles et le
moment du lancement. Néanmoins,
ce choix est dans la réalité fort
limité. L'URSS est la seule cible
valable, car la politique de dissuasion,
comme celle du Royaume-Uni, repose sur
une stratégie "anti-cité".
D'autre part, ne disposant d'aucune alerte
avancée, la France dépend
directement des Etats-Unis pour l'avertir
du danger et pouvoir lancer sa riposte.
Il faut resituer
cette analyse dans le contexte culturel
de chaque pays. Des enquêtes ont
montré que pour les Britanniques,
la "bombe" est avant tout une
arme, un outil militaire. La vision française
est différente. La population voit
dans sa puissance nucléaire un
symbole et ne semble pas imaginer l'employer
en tant que tel !
Les politiques menées
dans cette période par F. MITERRAND
et M. THATCHER poursuivent les objectifs
précités. La "Triade" française
(missiles terrestres, emportés par
avions et par sous-marins) se développe
et se modernise. En 1987, sous le gouvernement
de cohabitation mené par J. CHIRAC,
la politique d'emploi évolue face à la
nouvelle donne militaire. Les forces nucléaires
tactiques se transforment en force préstratégiques.
Leur emploi limité, bombe surpuissante
pour le champ de bataille, change. Elles
deviennent un avertissement, elles doivent
démontrer la volonté de sanctuariser
le territoire national. Leur emploi prédestine
celui de la force nucléaire stratégique.
Un tel choix ne ravit pas les Allemands,
directement concernés.
Le Royaume-Uni est,
au début des années 80 confronté au
choix du renouvellement de sa force stratégique.
Les vieux Polaris, lancés par SNLE(1) ,
arrivent en fin de vie. La glorieuse série
des "V- bombers"(2) est
recentrée sur un rôle tactique
et non plus stratégique. Le choix
se porte sur le Trident I-C4 mis en ouvre
par les Etats-Unis. Son abandon par l'administration
REAGAN oblige la Dame de Fer à porter
son choix sur un missile encore plus puissant,
le Trident II-D5. Les limites de ce choix
sont relevées par de nombreux auteurs
: Limite légale (vis-à-vis
du droit international), rapport coût/utilité ...
Ce choix est lié à un
contexte propre au Royaume-Uni : la présence
sur son sol de très nombreux lanceurs
nucléaires américains, présence
encore renforcée à la suite
de la crise des euromissiles.
II-2- Les forces
aéroterrestres
Les
engagements de chaque pays sont tenus, la British Army of the
Rhine (BAoR) est présente sur le continent. La Force d'Action
Rapide française se met en place dans le même souci
de renforcer la dissuasion militaire classique. Le maintien de
l'effort militaire est donc constant pour les deux pays. Il aurait
pu être plus important pour les Britanniques si la Guerre
des Malouines n'était pas venue changer la donne. Là encore,
chaque initiative dans le domaine de l'outil militaire est le
prolongement des qualités et des défauts des ceux
pays.
1. SNLE : Sous-marin
Nucléaire Lanceur d'Engins[retour au texte]
2.
Bombardiers nucléaires britanniques : Victor, Valiant,
et enfin les Vulcan. Ils sont remplacés par des bombardiers
plus modernes, puis par les Tornados GR1[retour
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