Les cybermenaces
par Jean-Claude BESSEZ

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Au niveau européen, la Commission a entrepris de mettre sur pied une police spécifiquement consacrée à la lutte contre la criminalité informatique et de coordonner ses activités. Pour ce faire, elle a fait appel à l'expertise des polices nationales (Carabinieri et police financière en Italie, police nationale en France, Suède, Allemagne, Autriche, Portugal). De son côté, le Royaume - Uni a créé une Unité Nationale spécialisée dans la criminalité high tech (National High Tech Crime Unit).

La Commission, par ailleurs, a suivi les recommandations formulées par l'IAAC en impliquant les entreprises du secteur privé, surtout les fournisseurs d'accès et de télécommunications, et les fabricants de matériel et de logiciels(26). La Commission a mis à l'étude la création d'un E-Forum destiné à encourager la coopération de ces entreprises sur les questions de protection des données et de la vie privée. Dans le même esprit, l' "Initiative Deppy" vise à améliorer la sécurité des infrastructures critiques dans l'UE.
Une meilleure sécurité devrait rassurer les investisseurs dans le domaine des technologies de l'information, espère la Commission.

La défense contre cette criminalité s'organise d'abord au niveau national. Aux Etats - Unis, une collaboration s'est instaurée entre la CIA, le FBI, la NAS et la SEC (Securities Exchange Commission) correspondant à la Commission des Opérations boursières en France (COB). La France a mis sur pied, dès 1994, des services spécialisés : SEFTI (Services d'enquêtes sur les fraudes aux technologies de l'information) et BCRCI (Brigade centrale de répression de la criminalité informatique) ; ces activités criminelles sont aussi du ressort de la DST et la DGSE. Les activités de ces cyberpolices sont, depuis peu, coordonnées par l'OCLCTI (Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication)(27).
Le "Bouclier anti-missiles" doit donc maintenant être doublé d'un "Bouclier virtuel" pour se prémunir contre des dangers, ceux-là, bien réels. La JANE's INTELLIGENCE REVIEW perçoit ainsi l'universalité et l'ubiquité de cette menace :

 

La croissance exponentielle de moyens d'attaque à présent disponibles tant pour les particuliers que pour des groupes richement équipés doit être considérée avec gravité. Ces nouvelles capacités mettent en place un scénario effrayant pour l'avenir, scénario qui ne fut jamais imaginé lorsqu'Internet fut initialement conçu(28).

Toutes proportions gardées, le nombre de cas de cybercrimes et délits est infime par rapport aux autres activités criminelles telles que la contrebande de tabac ou de drogue, et surtout ce qu'il est maintenant convenu d'appeler le "trafic d'êtres humains".
Activité transnationale par nature et par excellence, la lutte contre le "trafic d'êtres humains" (Human smuggling ou encore people trafficking) est devenue LA priorité des priorités.


26.IAAC, Briefing Paper, A Safety Critical Software Approach to Information Security, N°21, 28th September 2001. [retour au texte]

27.RAMSES 2001, Cyberdélinquance :la faille de la 'Net-économie', p.239-240. [retour au texte]

28.JANE's INTELLIGENCE REVIEW, The Cyber Defence force's virtual shield, December 2000, p.51-53 : "The explosive growth in attack capabilities now available to both private individuals and well-resourced groups must be viewed with grave concern. These new capabilities pose a frightening scenario for the future, one that was never imagined when the Internet was first developed ".[retour au texte]


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