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Au
niveau européen, la Commission a entrepris de mettre sur
pied une police spécifiquement consacrée à la
lutte contre la criminalité informatique et de coordonner
ses activités. Pour ce faire, elle a fait appel à l'expertise
des polices nationales (Carabinieri et police financière
en Italie, police nationale en France, Suède, Allemagne,
Autriche, Portugal). De son côté, le Royaume - Uni
a créé une Unité Nationale spécialisée
dans la criminalité high tech (National High Tech Crime
Unit).
La
Commission, par ailleurs, a suivi les recommandations formulées
par l'IAAC en impliquant les entreprises du secteur privé,
surtout les fournisseurs d'accès et de télécommunications,
et les fabricants de matériel et de logiciels(26).
La Commission a mis à l'étude la création
d'un E-Forum destiné à encourager la coopération
de ces entreprises sur les questions de protection des données
et de la vie privée. Dans le même esprit, l' "Initiative
Deppy" vise à améliorer la sécurité des
infrastructures critiques dans l'UE.
Une meilleure sécurité devrait rassurer les investisseurs dans
le domaine des technologies de l'information, espère la Commission.
La
défense contre cette criminalité s'organise d'abord
au niveau national. Aux Etats - Unis, une collaboration s'est
instaurée entre la CIA, le FBI, la NAS et la SEC (Securities
Exchange Commission) correspondant à la Commission
des Opérations boursières en France (COB). La France
a mis sur pied, dès 1994, des services spécialisés
: SEFTI (Services d'enquêtes sur les fraudes aux technologies
de l'information) et BCRCI (Brigade centrale de répression
de la criminalité informatique) ; ces activités
criminelles sont aussi du ressort de la DST et la DGSE. Les activités
de ces cyberpolices sont, depuis peu, coordonnées par
l'OCLCTI (Office central de lutte contre la criminalité liée
aux technologies de l'information et de la communication)(27).
Le "Bouclier anti-missiles" doit donc maintenant être doublé d'un "Bouclier
virtuel" pour se prémunir contre des dangers, ceux-là,
bien réels. La JANE's INTELLIGENCE REVIEW perçoit ainsi
l'universalité et l'ubiquité de cette menace :
La croissance
exponentielle de moyens d'attaque à présent
disponibles tant pour les particuliers que pour des groupes
richement équipés doit être considérée
avec gravité. Ces nouvelles capacités mettent
en place un scénario effrayant pour l'avenir, scénario
qui ne fut jamais imaginé lorsqu'Internet fut initialement
conçu(28).
Toutes
proportions gardées, le nombre de cas de cybercrimes et
délits est infime par rapport aux autres activités
criminelles telles que la contrebande de tabac ou de drogue,
et surtout ce qu'il est maintenant convenu d'appeler le "trafic
d'êtres humains".
Activité transnationale par nature et par excellence, la lutte contre
le "trafic d'êtres humains" (Human smuggling ou encore people
trafficking) est devenue LA priorité des priorités.
26.IAAC,
Briefing Paper, A Safety Critical Software Approach to Information
Security, N°21, 28th September 2001. [retour
au texte]
27.RAMSES
2001, Cyberdélinquance :la faille de la 'Net-économie',
p.239-240. [retour au texte] 28.JANE's
INTELLIGENCE REVIEW, The Cyber Defence force's virtual shield,
December 2000, p.51-53 : "The explosive growth in attack
capabilities now available to both private individuals and well-resourced
groups must be viewed with grave concern. These new capabilities
pose a frightening scenario for the future, one that was never
imagined when the Internet was first developed ".[retour
au texte]
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