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LA
CYBERFRAUDE
Lors
d'une réunion qui se tint à Lyon et réunit
les spécialistes hitech des pays du G8, le Ministre des
Affaires Etrangères allemand, Joschka Fischer révéla
que la cybercriminalité avait coûté plus
de 50 milliards d'euros en 2001. Ces chiffres furent confirmés
par les Services de la Criminalité Commerciale de la Chambre
de Commerce International, laquelle a été saisie
de plus de 2.000 cas de fraude via Internet.
Le consultant PriceWaterhouse Coopers évalue le coût de la fraude
mondiale à environ $ 30 milliards.
La
Commission Européenne estime que le piratage, la pédophilie
et la pornographie en ligne sape la confiance des internautes
et menace la "Société de l'Information" et
le commerce électronique (e-commerce)(23).
Cette crainte est déjà corroborée en Grande
- Bretagne: selon le Conseil National de la Consommation (UK
National Consumer Council), plus de 70 % des utilisateurs
d'Internet s'abstiennent de faire des achats en ligne en raison
des craintes qu'ils éprouvent relativement à la
sécurité des transactions et de leur vie privée.
Les dangers posés par la cybercriminalité ont été abordés
par la Commission Européenne depuis le début des années
1990. En 1994, le Rapport Bangemann jeta les bases d'une politique européenne
concernant Internet. La Commission s'impliqua davantage dans la lutte contre
la cybercriminalité après le traité d'Amsterdam en 1997.
En 1998, la Commission publia un Rapport, le COMCRIME, établi d'après
les résultats d'une étude qu'elle avait commandée à l'Université de
Wurzburg. En octobre 1999, le Sommet du Conseil Européen de Tampere
décida d'adopter une approche et des sanctions communes en matière
de criminalité hitech et de criminalité informatique.
L'IAAC
a soumis deux rapports à un atelier concernant la sécurité des
réseaux pour consultation avant transmission à la
Commission européenne. Cet atelier a demandé au
Ministère britannique du Transport et de l'Industrie (DTI)
d'incorporer son rapport dans ses conclusions avant de le porter à la
connaissance de la Commission (24).
L'IAAC se voit confortée tant dans ses recherches que
dans son financement et prestige par la présence de la
branche européenne de la RAND Corp. qu'elle compte parmi
ses membres et sponsors depuis le 1er octobre 2001.
Les données provenant des différents pays confirment l'extension
mondiale de la "criminalité en ligne".
En
décembre 2000, Jack Straw, alors Ministre de l'Intérieur,
fit savoir que la cybercriminalité avait augmenté de
50 %. Entre temps, Experian, une grande société de
crédit et d'information commerciale britannique, révéla
que plus de la moitié des détaillants de premier
plan avaient été victimes de fraude en ligne en
l'an 2000.
Là encore,
l'apport de l'IAAC est considérable pour la Grande - Bretagne
: depuis son lancement le 21 mars 2000, l'IAAC est devenu le
seul et unique forum de rencontre où le gouvernement et
l'industrie collaborent à la mise au point de politiques
aptes à assurer l'émergence d'une infrastructure
d'information sûre et fiable(24).
Le
30 août 2001, les chefs d'entreprise britanniques ont appelé de
leurs voux la mise sur pied d'un "Centre destiné à recevoir
les plaintes pour Cybercriminalité" (Center for
Cybercrime Complaints). Cette initiative fait suite à une
enquête diligentée par l'organisation patronale,
la Confederation of British Industry (CBI) (équivalent
du Medef en France), laquelle a exprimé le malaise croissant
de ses membres à commercer en ligne. Le Directeur du CBI,
Digby Jones, a demandé l'application de lois anti-cybercriminalité actualisées(24).
En
France, le Directeur de la Gendarmerie Nationale, Patrice Bergougnoux,
révéla que la fraude en rapport avec Internet avait
augmenté de 20%. Des statistiques semblables furent rendues
publiques au Portugal et en Italie.
Ces chiffres rendent mal compte de l'ampleur du phénomène dans
la mesure où ils ne représentent que la partie émergée
de l'iceberg. En réalité, par souci de préserver leur
réputation et la confiance des consommateurs, les entreprises et organisations
concernées rechignent à faire connaître les intrusions
ou les abus qu'elles ont subies(25). En
outre, faute de preuves suffisantes, de nombreuses activités criminelles
en ligne ne font pas l'objet de poursuite.
23.JANE's
INTELLIGENCE REVIEW,Europe tackles cyber-crime, April 2001.[retour
au texte]
24.IAAC
Highlights, September 2001. [retour au texte]
25.IAAC,
The costs of cybercrime, Briefing Paper N°17, 19th April
2001.[retour au texte]
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