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La
Sécurisation de l'Information et la Protection des Infrastructures
Critiques
Internet étant
devenu un phénomène mondial, les organisations
gouvernementales sont contraintes d'élaborer des réponses
plus vastes à la cybercriminalité et à la
Guerre de l'Information. De nouvelles Directives ont donc été formulées
en vue d'harmoniser les solutions permettant d'assurer la viabilité du
commerce électronique au niveau mondial et d'accroître
la confiance du consommateur dans la Toile(14).
L'UE, à la
différence des gouvernements nationaux qui la composent,
n'a pas abordé de front les problèmes posés
par la Sécurisation de l'Information (Information Assurance ou
IA) et la Protection des Infrastructures Critiques (Critical
Infrastructure Protection ou CIP). Avec son "E-Europe
Initiative", elle tente, cependant, d'élaborer un
cadre réglementaire et technologique pour mettre en ligne
chaque foyer, chaque entreprise et chaque administration, et
ainsi occuper sa place dans la nouvelle "Economie du Savoir" (Knowledge
Economy).
Lancé le
21 mars 2000, le Conseil Consultatif pour la Sécurisation
de l'Information (Information Assurance Advisory Council), a
tiré les leçons de l'expérience américaine
: il a reçu mandat de s'occuper des menaces et des vulnérabilités
auxquelles la Grande - Bretagne se trouve exposée en matière
d'Opérations d'Information (Information Operations ou
IO) et de Guerre de l'Information (Information Warfare ou IW).
Downing Street et les responsables de la sécurité ont
fait l'objet de critiques pour avoir tardé à comprendre
la nécessité d'élaborer de nouvelles approches
en matière de sécurité à l'époque
d'Internet(15).
La "Révolution
du Savoir", qui a pris son essor en Occident à l'aube
du XXIe siècle avec l'explosion des Technologies de l'Information,
ne se poursuivra que si la " Société de l'Information " (Information
Society) est placée sous haute protection. Les entreprises
et le gouvernement britannique qui se mettent en ligne ont besoin
d'assurer la sécurité de leurs systèmes
d'information mis en réseaux, les premières pour
conduire leur e-business, les seconds pour mener leur e-gouvernement(16).
En
raison de leurs affinités avec le Royaume - Uni et les
Etats - Unis, et aussi de la prolifération de l'usage
de l'ITEC ces dix dernières années, l'Australie
et le Canada se sont placés au premier rang dans les domaines
de sécurisation (IA) et de protection (CIP)(17).
S'inspirant de l'exemple britannique, la France a timidement ébauché la
création d'une "société en ligne" (e-society)(18).
Le
e-Security Monitor de l'IAAC conclut une étude consacrée à "l'établissement
de la confiance dans le Cyberespace"(19) en
préconisant de ne pas abandonner la sécurité des
infrastructures d'information critiques aux seules forces du
marché, et invite le gouvernement à envisager de
nouveaux modèles de réglementation conjointement
avec le secteur privé.
Le
1 et 2 février 2001, des représentants de onze
organisations clés du secteur public et du secteur privé au
Royaume - Uni se réunirent au Centre de Sécurité et
de Renseignement de la Défense (Defence Intelligence
and Security Center ou DISC) à Chicksands sur l'invitation
commune du DISC et de l'IAAC. Cet atelier étudia les modalités
d'application de la Méthode d'Evaluation Stratégique
(Strategic Assessment Method ou SAM) à la politique
de Protection des Infrastructures Critiques (CIP)(20).
Le
risque de "cyberconflit"(21) est
devenu bien réel et doit donc être pris au sérieux.
Les forces armées des pays modernes se préparent
non seulement à se défendre, mais également à attaquer
leurs adversaires potentiels. Ainsi, les Etats - Unis ont assigné à leur
Commandement des Opérations Spatiales (USSPACECOM) cette
double mission (Computer Network Defence ou CND et Computer
Network Attack ou CNA) dont le contrôle opérationnel
est assuré par le Groupement Interarmées (Joint
Task Force) des Opérations de Réseaux Informatiques
(Computer Network Operations ou CNO) depuis avril 2001.
Dorénavant les CNO seront traitées comme des "systèmes
d'armes" à part entière. Ces armes sont destinées à être
intégrées à la panoplie des capacités
existantes et à devenir "une autre flèche
dans le carquoi" (another arrow in the quiver) pour
reprendre l'expression utilisée par le Général
Ralph E.Eberhardt, Commandant en Chef (CinC) de l'USSPACECOM.
Depuis
les attentats du 11 septembre 2001, tous les pays, à commencer
par les pays occidentaux, ont renforcé la protection de
leurs infrastructures critiques. Une tardive prise de conscience
eut lieu : l'idée est maintenant acceptée que le
rythme de déploiement militaire pourrait être gravement
désorganisé par une attaque informatique (ou cyberattaque)
soigneusement orchestrée contre les systèmes qui
contrôlent l'électricité, les communications,
les transports, le matériel d'aiguillage du réseau
ferré, et d'autres systèmes critiques mis en ouvre
par les villes(22).
14.IAAC
(Information Assurance Advisory Council), International Organisations
and CIP (Critical Infrastructure Protection) Policy, 6 June 2000
. [retour au texte]
15.IAAC,
UK Policy Developments, N°2, 17 April 2000. [retour
au texte]
16.IAAC,
Protecting the Information Society, N°1, 27 March 2000.[retour
au texte]
17.IAAC,
Australia and Canada Policy Reviews, N°11, 19 October 2000.[retour
au texte]
18.IAAC,
French and German policy Overviews, N°7, 4 July 2000.[retour
au texte]
19.IAAC,
Briefing Paper :Establishing trust in Cyberspace, N°20, 26
July 2001.[retour au texte]
20.http://www.iaac.org.uk/Publications/sam.htm (November
11, 2001) .[retour
au texte]
21.WAUTELET
Michelet, Les Cyberconflits, GRIP, 2001.[retour
au texte]
22.Armed
Forces Journal International, Cyber Sleuths and Cyber Saboteurs,
September 2000, p.38-40.[retour au texte]
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