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Exemples
Désireuse
de convaincre que le cyberespace fait constamment l'objet d'attaques,
D.Denning déroule une longue liste d'exemples: des cyber
espions, voleurs, saboteurs et informaticiens en mal de notoriété, écrit-elle,
pénètrent le système informatique, volent
des données personnelles et des secrets commerciaux, saccagent
des sites Web, perturbent les services en ligne, sabotent les
données et les systèmes, lancent des virus informatiques,
effectuent des transactions frauduleuses et harcèlent
les individus et les entreprises.
Généralement,
ces attaques peuvent revêtir trois formes: la pollution
(brouillage) de sites Web, le lancement de nouveaux virus, et
le refus de service (denial of service). Ces attaques sont facilitées
par la grande accessibilité d'outils logiciels gratuits
disponibles sur la Toile elle-même.
Bon nombre de ces attaques ont un coût non négligeable pour leurs
victimes. Ainsi, le virus I Love You, et ses variantes ou bien les refus de
service en février 2000 ont coûté des milliards à Yahoo!,
CNN Interactive, eBay, Amazon.com, E*Trade, ZDNet et Buy.com. Nonobstant le
fait que les entreprises et les particuliers perdent confiance dans ces portails.
Parmi
les différents exemples pertinents cités par D.Denning,
deux retiennent particulièrement l'attention. Lors du
conflit au Kosovo en 1999, les ordinateurs de l'OTAN furent bombardés
d'e-mails et paralysés par des pirates - activistes ("hactivists")
protestant contre les bombardements effectués par l'Alliance.
Sans compter les attaques de virus et pollutions de sites Web
en provenance d'un certain nombre de pays d'Europe centrale et
orientale qui s'en prirent à des entreprises, organismes
publics et institutions universitaires occidentaux. Le second
type d'attaque contre les sites Internet du gouvernement américain
eut lieu après le bombardement "accidentel" de
l'ambassade de Chine à Belgrade.
Tendances et caractéristiques
D.Denning note que si les vulnérabilités
s'accroissent, inversement le coût des attaques va, lui,
en diminuant.
L'identification de l'auteur des attaques est d'autant plus difficile que le
travail fait l'objet de sous - traitance à des individus ou entreprises
(technique du Cheval de Troie), et que donc l'attaquant avance masqué.
Trois conditions doivent être réunies pour que des infrastructures
critiques fassent l'objet de cyberattaques : il faut des acteurs, des motivations
et des compétences.
En
août 1999, ces facteurs firent l'objet d'une évaluation
intitulée Cyberterrorism: Perspectives and Implications
par le Centre d'Etude du Terrorisme et de la Guerre Non Conventionnelle à l'Ecole
de Guerre Navale (Center for the Study of Terrorism and Irregular
Warfare at the Naval Postgraduate School) de Monterrey en
Californie. Cette étude discerna cinq types de groupes
terroristes :religieux, New Age, séparatiste ethno-nationaliste,
révolutionnaire et extrémiste de droite. Les attaques
peuvent être le fait soit d'individus isolés "fondus
d'informatique" ou pernicieux tel Timothy McVeigh soit
d'organisations riches en moyens parce qu'elles sont parraînées
par des Etats ou des groupes terroristes transnationaux. Les
conclusions auxquelles cette étude est parvenue sont que,
dans les circonstances actuelles, le cyberterrorisme ne pose
pas de menace imminente ; néanmoins, la facilité de
se procurer les moyens adéquats, les effets escomptés
et la couverture médiatique dont il ferait l'objet le
rendent extrêmement probable, et ce d'autant plus qu'il
peut opérer à distance et en toute impunité.
La situation
au Royaume - Uni
Un
bon exemple de chantage à des fins politiques est fourni
par les provos en Irlande du Nord lorsqu'ils louèrent
les services de pirates informatiques pour pénétrer
les services informatiques de la police et des services de renseignements
afin d'y dérober les adresses privées des fonctionnaires
en poste dans ces services. Ces données furent utilisées
pour établir des listes d'officiers à éliminer
physiquement dans une "nuit des longs couteaux" au
cas où le gouvernement britannique ne donnerait pas satisfaction
aux conditions posées par les paramilitaires républicains
pour un cessez-le-feu.
Les
entreprises britanniques subissent, elles aussi, un nombre croissant
d'attaques cyberterroristes, a révélé The
Guardian(13). Ainsi, l'Association
de Gestion des Communications (Communications Management Association ou
CMA) publia au printemps 2001 les résultats d'une enquête
effectuée auprès de 172 de ses membres. Il en ressort
que un tiers des grandes entreprises publiques et privées
du pays ont été piratées par les cyberterroristes
: des comptes bancaires d'entreprises ont été fouillés
et pillés, et des informations volées ; 48 % des
membres interrogés estiment que leur organisation "pourrait être
menacée par une violation grave de la sécurité de
leurs réseaux informatiques" ; 60 % admettent que
le piratage pose une menace "importante", si ce n'est "très
importante" à leur survie ; enfin, 32 % reconnaissent
avoir été victimes de cyberterrorisme. La moitié des
membres du CMA estime que leurs entreprises sont peu ou mal préparées à résister à des
attaques cyberterroristes. D'où la création par
le CMA d'un nouvel organisme (le Communications Arbitration
and Forensics) destiné à sensibiliser les entreprises à la
sécurité informatique.
Robin
Cook, alors Foreign Secretary, avait mis en garde contre
le piratage informatique qui pouvait paralyser la Grande - Bretagne
plus vite qu'une frappe militaire en raison du fait que la plus
grande partie de l'infrastructure du pays était gérée
par des ordinateurs et donc hautement vulnérable.
13.The
Guardian, Cyber terror threatens UK's biggest companies, April 3,
2001. [retour au texte]
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