Les cybermenaces
par Jean-Claude BESSEZ

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Le Contexte Stratégique Futur

Cette étude (FST) rappelle (§1) que, lors de l'établissement de la Strategic Defence Review (SDR), la politique de défense fut délibérément subordonnée à la politique étrangère dont elle devait servir les fins. C'est pourquoi, lors de la première phase de la Révision, le FCO et le MoD, agissant de concert, élaborèrent un "Cadre d'Action" décrivant le monde actuel et tel qu'il serait en 2015, afin d'y déterminer la place de la Grande - Bretagne.

L'étude se conçoit (§2) comme une actualisation de la SDR qui ambitionne de dépasser largement la date de 2015 puisqu'elle établit des projections à l'horizon de trente ans. Consciente que la prédiction de l'avenir est loin d'être une science exacte, cette étude prospective entend réviser régulièrement son analyse à moyen et long terme (§3). Elle se veut instrument de planification souple.

Après avoir tracé les grandes lignes de sa réflexion, la FST procède à une présentation de ses sept "dimensions" ou "compartiments" (sic) : physique, technologique, économique, social, juridique, politique et militaire avant de conclure par une synthèse.
Cette approche vise à démontrer les relations étroites et logiques que les "compartiments" entretiennent entre eux, et qui, in fine, déterminent nécessairement l'analyse des facteurs politiques et militaires (le militaire étant forcément déterminé par le politique auquel il est subordonné). Dans sa conclusion, la FST fait ressortir l'influence que la Grande - Bretagne peut exercer, à travers sa politique de défense, sa politique étrangère et ses autres politiques, sur le futur environnement de sécurité international.

L'innovation technologique occupe une place de choix dans cette étude. En effet, cette dernière consacre la prééminence du secteur commercial sur le secteur militaire en matière de R&D, particulièrement dans le développement de "certaines technologies critiques" (§21). Ceci est patent dans le domaine de l'IT ou, plutôt des Technologies de l'Information, l'Electronique et les Communications (ITEC) (§22).

Duales par définition, ces technologies (ITEC) posent un défi à la Défense britannique dans la mesure où elles sont accessibles aux adversaires potentiels du Royaume - Uni (§23 & §31). Le MoD s'attend à ce que la disponibilité commerciale de ces technologies conduise à l'accélération du rythme de manifestations des menaces (§26).

Par ailleurs, le développement de nouvelles technologies conduira à élaborer une nouvelle doctrine, une nouvelle culture et de nouvelles structures correspondant à de nouveaux concepts d'opérations (§28).

Le MoD s'inquiète du niveau des dépenses en R&D : en effet, en termes absolus, les Etats - Unis dépensent dix fois que la Grande - Bretagne plus dans ce domaine, et l'Europe quatre fois plus. Le MoD conclut que le pays ne pourra maintenir son avance technologique sans collaborer avec ces partenaires ni sans l'aide du secteur civil. Il va de soi que la Grande - Bretagne doit offrir aux Etats - Unis quelque chose en échange de l'accès à leur technologie.dont elle dépend tant.


LE CYBERTERRORISME

Définition

Le terrorisme cybernétique ou cyberterrorisme fit l'objet d'une définition par Dorothy Denning, Professeur d'Informatique à l'Université de Georgetown, lors d'une présentation le 23 mai 2000 de ce sujet devant la Commission des Forces Armées de la Chambre des Représentants :


Le cyberterrorisme consiste à se livrer à des activités terroristes dans le cyberespace. L'on entend par là généralement des attaques illégales et des menaces d'attaques contre les ordinateurs, les réseaux, et les renseignements qui y sont emmagasinés dans le but d'intimider ou de contraindre un gouvernement ou son peuple à la réalisation d'objectifs politiques ou sociaux. En outre, pour répondre à la définition de terrorisme, une attaque doit être suivie de violence contre les biens ou les personnes, ou au moins occasionner suffisamment de dégâts pour créer de la peur. (Ainsi), des attaques qui causent la mort ou bien des blessures corporelles, des explosions, des accidents d'avions, la contamination de l'eau, ou de graves préjudices économiques seraient de bons exemples. Des attaques sérieuses contre des infrastructures critiques pourraient être qualifiées d'actes de cyberterrorisme, en fonction de leur importance. Ce ne saurait être le cas d'attaques perturbant des services non-essentiels ou qui constituent une gêne coûteuse (12)


12.Dorothy E.Denning, Testimony before the Special Oversight Panel on Terrorism, Committee on Armed Services, U.S. House of Representatives, May 23, 2000 : "Cyberterrorism is the convergence of terrorism and cyberspace. It is generally understood to mean unlawful attacks and threats of attack against computers, networks, and the information stored therein when done to intimidate or coerce a government or its people in furtherance of political or social objectives. Further, to qualify as cyberterrorism, an attack should result in violence against persons or property, or at least cause enough harm to generate fear. Attacks that lead to death or bodily injury, explosions, plane crashes, water contamination, or severe economic loss would be examples. Serious attacks against critical infrastructures could be acts of cyberterrorism, depending on their impact. Attacks that disrupt nonessential services or that are mainly a costly nuisance would not".[retour au texte]

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