page
1 - page 2 - page
3 - page 4 - page
5 - page 6 - page
7 - page 8
La
position anglaise sur la guerre de l'information
Le
Captain Patrick Tyrell (Royal Navy, Assistant Director, Information
Warfare Policy) fit la description suivante de la position britannique
sur la Guerre de l'Information au Ministère de la Défense à Bruxelles,
23 et 24 mai 1996 (11).
Dans
toutes les armées, les militaires se sont adaptés à la
Révolution de l'information, ce qui a entraîné un
développement du sujet de la Guerre de l'information ;
aux Etats-Unis, en particulier, les technologies nouvelles ont été au
coeur de la "Révolution dans les Affaires Militaires
(RMA)", en cohérence avec la conviction qu'elles
marqueraient les prochains conflits dans les domaines de la Cyberguerre
et de la Guerre de l'Information. Cela étant, il ne faut
pas oublier que les organisations militaires sont d'autant plus
vulnérables à la guerre de l'information, qu'elles
dépendent de celle-ci. Par conséquent, des armées
rustiques peuvent conserver un grave potentiel de nuisance en
livrant une guerre de type asymétrique.
Les
nouvelles technologies permettent, comme jamais auparavant, d'entrer
dans les systèmes adverses pour influer sur les boucles
de décision de ces derniers
La dépendance des systèmes d'information ne touche pas que les
militaires.
Tous
les secteurs sont touchés : la logistique, la gestion
des ressources humaines, les réseaux civils de télécommunications
et d'infrastructure.
Pour la première fois dans l'histoire de la guerre, ce sont les besoins
commerciaux plutôt que militaires qui prévalent ; mais les avantages
sont considérables pour les militaires.
Le
concept même de "guerre de l'information" doit être
replacé dans le cadre de la Révolution de l'Information.
Cette guerre nouvelle découle de la possibilité d'attaquer
l'infrastructure d'information commerciale, économique
et sociale d'une nation, lui causant de sévères
dommages sans, pour autant, mener simultanément une campagne
militaire. De surcroît, l'identité de l'agresseur
peut ne pas être connue. Le Captain Tyrell propose donc
la définition suivante : "La Guerre de l'Information
est l'attaque délibérée, illégale
et systématique d'activités nationales d'information
afin d'exploiter l'information contenue dans la cible ou en interdire
l'accès au personnel autorisé ou encore modifier
ou polluer les données de la cible (Web defacement)".
En
partant de la matrice élaborée à partir
des travaux du Dr John ALGER de la National Defense University,
on trouve que la Guerre de l'Information englobe : d'une part,
la protection des objectifs prioritairement vulnérables
: les systèmes d'information essentiels (nationaux ou
alliés), les systèmes militaires de commandement
et de logistique, les systèmes civils financiers, les
noeuds de transport et de l'infrastructure gouvernementale, et
d'autre part la destruction des systèmes ennemis de commandement
et de contrôle ainsi que des objectifs d'infrastructure
de l'information. Toute action offensive de ce type sera donc
subordonnée à l'autorisation gouvernementale, compte
tenu des conséquences en cas de riposte ennemie.
Enfin,
il recommande d'élargir le débat afin de mieux
préciser les besoins pour maintenir l'intégrité de
l'information et en particulier celle des systèmes non
militaires essentiels énumérés plus haut.
Il invite aussi à réfléchir aux attaques
venues de l'intérieur des systèmes (personnel aigri
ou subverti). Ceci d'autant plus que l'environnement continuera à évoluer
d'ici vingt ans vers plus de connectivité générale
et un usage universel des ordinateurs, avec pour conséquence
le conditionnement du réel par le virtuel. La sécurité impose
le maintien de systèmes manuels pour pallier l'effondrement
des systèmes essentiels. La Guerre de l'Information aura
donc des conséquences d'autant plus sérieuses sur
le monde réel que celui-ci se sera davantage informatisé.
Il rappelle enfin que l'information est devenue un élément stratégique
; par conséquent, la vulnérabilité des systèmes
d'information (transport, banques, communications .) justifie une vigilance
constante et une protection particulière.
La
Grande-Bretagne reprend l'idée émise par la Rand
Corporation, à savoir la construction d'une Infrastructure
d'Information Minimum Essentielle (Minimum Essential ou Non
essential Information Infrastructure (NOEII)) visant à garantir
un fonctionnement minimum du système national d'information
en cas d'effondrement général.
Si,
pour l'instant, la Guerre de l'Information relève du MoD
en Grande - Bretagne, il faut constater que le secteur militaire
est de plus en plus dépendant des systèmes civils
commerciaux, à l'instar des Etats-Unis. La complexité et
l'imbrication des systèmes d'information et donc leur
interdépendance fut ainsi résumée par le
Ministère de la Défense Britannique :
Nous examinons
la façon dont nous pouvons maintenir un niveau de
connectivité et d'intra-opérabilité dans
une situation hostile. Notre politique est que ce sujet doit être
développé en consultation avec chacun des services
du Ministère, avec les industries et de façon
transparente avec nos alliés. Elle doit également
prendre en compte les concepts militaires proches qui ont été développés
depuis de nombreuses années. Le Ministère de
la Défense britannique est au fait des travaux menés
aux Etats-Unis et a été activement mêlé à plusieurs études
et exercices, profitant du développement de la doctrine
américaine. Le principal résultat de ces études
et expérimentations est de montrer combien les systèmes
d'information complexes et inter-dépendants se sont
développés et combien notre société moderne
dépend d'eux .
C'est
précisément cette préoccupation qui fut
reprise par le MoD dans son étude sur le Contexte Stratégique
Futur dans lequel s'exercerait la Défense (The Future
Strategic Context for Defence ou FST).
11.Infoguerre,
La guerre de l'information chez les Britanniques, 14/03/00 .[retour
au texte]
page
1 - page 2 - page
3 - page 4 - page
5 - page 6 - page
7 - page 8 |