Les troupes d'élite de la Bundesweh
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par Daniel ROUDEILLAC, général

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La Division des opérations spéciales (DSO)

La toute récente Division des opérations spéciales (DSO) assure le commandement organique des trois ensembles que sont les Brigades aéroportées (LLB) et le Groupement des Forces Spéciales (KSK) de la Bundeswehr. Depuis le 1er octobre 2001, des unités du Génie aéroporté, de renseignement, de reconnaissance et de soutien viennent compléter le dispositif des unités organiques que sont également le 4. régiment de Quartier général et de Transmissions, ainsi que la Musique de l'Armée de terre N° 4. L'effectif de la Division est aligné peu à peu sur le chiffre de 7400 hommes. La DSO n'est pas une création" ex nihilo". La Division a repris en effet le 1er avril 2001 les traditions du Commandement des forces aéromobiles et 4. Division de REGENSBURG.

Il revient à cette grande Unité de planifier, préparer et conduire l'engagement des forces spéciales et spécialisées au profit de l'ensemble des misions dévolues à l'armée de terre. Elle doit, à ce titre, disposer en permanence d'un détachement de renseignement destiné à préparer en National les engagements en dehors de l'Allemagne ayant pour objectif de mener des opérations de sauvetage, d'évacuation, de protection et d'exfiltration, et en multinational au profit des opérations de secours, d'évacuation et de protection des personnels engagés au titre des missions fixées par l'OTAN/UE/OSCE/ONU. La Division des opérations spéciales (DSO) doit en outre planifier, préparer et conduire les opérations limitées dans le temps et dans l'espace, visant à pouvoir introduire en sûreté des renforcements à partir d'installations portuaires et aéroportuaires, ou au contraire visant à retirer les contingents de la Bundeswehr, à l'issue d'un engagement. Le soutien des opérations dans la profondeur menées contre les installations, les forces et les moyens de commandement et de logistique adverses lui revient également.

Le Général de Division Hans Otto BUDDE, qui est le premier Commandant de cette grande Unité, dispose pour remplir les missions qui lui sont imparties des deux pions essentiels que sont l'Etat-Major de la Division et le 4. Régiment de Quartier général et de Transmissions (en dehors des Brigades et du Groupement des Forces spéciales).

L'Etat-Major, installé à REGENSBURG comporte deux départements civils (Conseiller Juridique et Administration) et quatre départements militaires (Commandement organique, Engagements et exercices, Soutien des opérations et soutien du commandement).

Le 4. Régiments de Quartier général et de Transmissions compte 1.300 hommes répartis dans les garnisons de REGENSBURG, CHAM, DILLINGEN/DONAU. Le régiment est articulé en quatre compagnies opérationnelles. La 9° compagnie de Transmissions aéroportée, qui lui est subordonnée, est responsable des liaisons au profit de l'AMF (L)

Conclusion

Le débat qui vient d'intervenir au Bundestag sur l'opportunité ou non pour l'Allemagne d'engager la Bundeswehr hors d'Europe dans des missions de guerre, a permis notamment aux Verts de relancer celui sur la mise sur pied de "Troupes d'Elite", susceptibles selon eux, de se référer aux heures les plus sombres de l'armée allemande. Sans entrer dans ce débat, il est clair cependant que la Bundeswehr ne pouvait pas faire plus longtemps l'impasse sur l'existence de Forces spéciales au sein de la Bundeswehr. A partir du moment où la communauté internationale a reconnu à l'Allemagne le droit de renouer avec sa souveraineté, "pleine et entière", il était évident et souhaitable que la notion de "Troupes d'Elite" fasse sa réapparition.

L'observateur français fera les remarques suivantes. A l'instar de ce qui se passe en France l'Allemagne a fait le distinguo entre le bras armé des "Services spéciaux" et les "Forces spéciales", agissant en tenue et, pour ainsi dire, "au grand jour".

Dans sa logique propre, elle a poussé "l'Interarmisation" de ses Forces spéciales beaucoup plus loin que ne l'a fait la France. Le groupement des Forces Spéciales de la Bundeswehr ( KSK ) est composé en effet de personnels issus de l'armée de terre, de la Marine et de l'Aviation, alors qu'en France ces armées ne sont fédérées qu'au niveau du COS Commandement des Opérations Spéciales, c'est à dire au niveau de l'Etat-Major Interarmées. Chaque armée en France conserve en effet jalousement la main sur ses unités spéciales. L'Armée de terre avec son 1er RPIMa, ses moyens ALAT spécialisés, ses GCP répartis dans les Régiments parachutistes ; la Marine avec ses commandos marine de LORIENT et ses nageurs de combat de TOULON ; l'Armée de l'Air, avec son Commando parachutiste de l'Air N°10. A l'heure où l'on parle de "métier" au sein de la défense, notons simplement que l'Allemagne attribue ce métier à l'Armée de terre.

Les "Franco-Gaulois" que nous sommes, ne manqueront pas également de remarquer que les Forces Spéciales germaniques n'échapperont pas à l'influence Anglo-saxonne. OTAN oblige, la Bundeswehr maintient donc de façon étroite ses liens avec les américains et les Britanniques.et comment pourrait-on le lui reprocher, quand on voit ce qui se passe actuellement en AFGHANISTAN. A l'évidence, les Forces Spéciales se doivent de maîtriser parfaitement la langue anglaise, jusqu'au niveau d'exécution le plus humble, tant les actions qu'elles mènent excluent sur le terrain toute "incompréhension verbale". Notons au passage que l'investissement correspondant peut s'inscrire au titre de l'indispensable devoir de reconversion au profit des troupes professionnelles.

La question de savoir de combien de parachutistes, une armée moderne doit disposer, revient régulièrement dans les Etats-Majors. Les choix allemands confortent ceux qui, de ce qui de ce côté-ci du RHIN, estiment qu'il est dangereux de descendre en dessous de 8000 hommes, pour une armée de Terre de l'ordre de 130 à 150.000 combattants.

Notons enfin que la présence de la 31e Brigade aéroportée au sein de la MND-C démontre que L'ALLEMAGNE comme la FRANCE n'entend pas réserver ses troupes d'élite aux seules missions relevant de sa souveraineté stricte, ce qui devrait rassurer les détracteurs des Forces Spéciales de la Bundeswehr en ALLEMAGNE.

La FRANCE et la BELGIQUE avait douloureusement fait l'expérience de l'efficacité des parachutistes allemands dès 1940. En s'emparant des ponts sur le canal ALBERT et du fort EBEN EMAEL, les hommes des détachements d'assaut "Béton", "Fer", "Acier" et "Granit" commandés par les sous-Lieutenants Schacht, Schächter, Ringler et les lieutenants Altmann et Witzig du capitaine KOCH, ont ouvert un chapitre des modes opératoires militaires, qui reste d'actualité dans un contexte nouveau de crise permanente.

 

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