page
1 - page 2 - page
3
En
obtenant du Bundestag que la Bundeswehr puisse s'engager en opération,
hors d'Europe, dans des missions autres que de maintien ou de
rétablissement de la Paix, le chancelier Schröder
a définitivement placé l'Allemagne au même
rang "militaire" que ses alliés de l'OTAN. L'engagement
américain en Afghanistan, au titre de la lutte contre
le terrorisme islamique, aura donc eu notamment pour conséquence
d'accélérer le retour de la Bundeswehr à la
pleine "normalité". Parmi les 3.900 hommes que
Berlin va envoyer sur zone, les observateurs auront noté la
présence d'une centaine de soldats appartenant au Groupement
des Forces Spéciales de la Bundeswehr. KSK). La presse
internationale va se faire ainsi l'écho des actions conduites
par les troupes d'élite de la Bundeswehr, au sein de laquelle
les Brigades aéroportées (LLB) et la Division des
opérations spéciales (DSO) occupent une place,
désormais en vue.
D'où viennent
ces hommes ? Qui sont-ils ? Quelles sont leurs missions ? Comment
les choisit-on ? Quelle formation reçoivent-ils ? Quelle
position occupent-ils au sein de la nouvelle Bundeswehr en cours
de réorganisation ?
Le Groupement des Forces Spéciales
de la Bundeswehr (KSK)
Une mise sur pied tardive et à peine remarquée
:
La nécessité de
disposer de forces spéciales est apparue clairement en
Allemagne en 1994, à l'occasion de la libération,
effectuée par d'autres, des collaborateurs de la Radio "Deutsche
Welle", retenus à KIGALI. Les premiers travaux de
planification remontaient cependant bien avant cet événement
et le journal "Die Welt" en avait fait état à l'aube
de l'année 1995. Il annonçait notamment : "Loin
des feux de la rampe, faisant l'objet de travaux préparatoires
depuis des années, le Groupement des Forces Spéciales
(KSK) de la Bundeswehr va être créé."
C'est l'ancien ministre CDU de la Défense, Volker Rühe, spécialiste
par ailleurs des services secrets allemands, qui a annoncé la création
du Groupement, le 15 mars 1995. Ses premières directives ont été entérinées
par le cabinet fédéral en juin de la même année.
Les personnels initialement affectés au Groupement, à CALW en
Forêt Noire, provenaient des compagnies de recherche profonde n° 100
et 300.
Le
Groupement est officiellement créé le 20 septembre
1996. Il fait ses premiers pas en public à MENDIG et BAUMHOLDER,
le 12 septembre 1997, à l'occasion de l'exercice "Schneller
Adler". Les Verts et les courants anti-militaristes d'outre-Rhin
font alors connaître leur opposition à la création
de cette formation, mais l'opinion publique dans son ensemble,
comprend la nécessité pour l'Allemagne de disposer
de forces adaptées au nouveau rôle que la communauté internationale
entend lui faire jouer, compte tenu des changements intervenus
depuis la chute du mur en matière de politique de sécurité et
de défense.
Le 15 juin
1998, les hommes du Groupement vont avoir leur baptême
du feu en BOSNIE. Ils interviennent en liaison avec les soldats
français au sud-est du pays et parviennent à arrêter
Milorad Knrojelae, criminel de guerre recherché pour avoir
commandé un camp de prisonniers. Les soldats allemands
ont été appuyés à cette occasion
par les forces régulières allemandes et françaises
de la SFOR. Le ministre Rühe faisant part de sa satisfaction
a parlé de "performances tout à fait convaincantes",
mais aucun rapport de mission n'a été publié.
On
retrouve la KSK à OLPENITZ, le 23 septembre 1998, lors
de l' exercice d'évacuation de ressortissants, baptisé "Schneller
Seewolf". Selon des informations non confirmées,
120 hommes du Groupement séjourneraient en Macédoine,
pour être en mesure d'évacuer le pilote de Tornado
allemand, qui serait abattu ou se "cracherait" en zone
de combat.
Avec
le Groupement des Forces Spéciales (KSK), l'Allemagne
est donc enfin en mesure de mener des opérations, qu'elle
ne pouvait se permettre d'effectuer faute de moyens adaptés.
La montée en puissance du Groupement n'est pas encore
achevée. Mais que demande-t-on exactement à ces
forces, placées aux ordres du général Reinhard
Günzel ?
Des missions à caractère
militaire :
Quel que soit le caractère confidentiel
des missions imparties au Groupement des Forces Spéciales
(KSK) de la Bundeswehr, celles-ci- s'inscrivent au chapitre
des savoir-faire militaires. Il s'agit en effet pour le Groupement
:
- D'observer et de se renseigner
sur les objectifs militaires importants situés en zone
de crise ou de conflit, en vue de recueillir les informations
clés sur l'adversaire,
- De mener le combat contre
les objectifs désignés, prioritairement en territoire
adverse et/ou occupé par l'ennemi,
- D'assurer la protection des forces
et des installations amies, en zone de crise et de conflit,
y compris contre les menaces terroristes,
- De sauver, libérer, évacuer
les personnes sous menaces terroristes ou retenues en
zone des combat,
- De guider les feux dans la
profondeur, en coopération avec les autres armées.
Pour
accomplir ces missions, les 1.000 hommes du Groupement, officiers
et sous-officiers sont sélectionnés dans l'ensemble
de la Bundeswehr et disposent de soutien spécialisés
et diversifiés.
Une articulation souple :
Les éléments
opérationnels du Groupement des Forces Spéciales
(KSK) de la Bundeswehr sont articulés en une compagnie
de recherche dans la profondeur et quatre compagnies commando.
Les deux dernières compagnies ayant vu le jour en 1998.
La
compagnie de recherche compte 100 hommes sur ses rangs et dispose
de deux sections. La première assure le soutien des sections
commandos en opération, tandis que la deuxième
section peut agir seule.
Les
quatre compagnies Commando forment le noyau dur du Groupement.
Chaque compagnie regroupe environ 80 hommes et est articulée
en une section de commandement et quatre sections Commando. Les
sections commandos peuvent être, elles-mêmes, articulées à la
demande en fonction des spécialités et des missions.
La cellule de base est composée de quatre équipiers
polyvalents, renforcés par des spécialistes, armement,
explosifs, transmissions, santé et langues étrangères.
La plus grande souplesse caractérise l'affectation des
personnels entre les différentes équipes, suivant
les spécialités. Il n'en demeure pas moins que
les sections reçoivent une formation spécialisée
. La première est plus particulièrement apte aux
infiltrations à terre. La seconde est formée pour
la pénétration par la troisième dimension.
La troisième est orientée sur les opérations
amphibies, tandis que la quatrième est spécialisé dans
le combat en terrain difficile, sous conditions climatiques extrêmes.
Le
Groupement des Forces Spéciales (KSK) dispose depuis 1996
d'un Centre d'instruction et d'expérimentation (AVZ) ,
qui participe à la sélection et à la formation
commando des personnels. Une section spéciale du Génie
y est affectée.
On
compte 150 appelés spécialement choisis sur les
1.000 hommes du Groupement. Ceux-ci sont affectés exclusivement
dans les services et à l'Etat-Major . La Compagnie de
Quartier Général et de Transmissions regroupe ces
personnels. Elle dispose d'une section de quartier général
et de trois sections de Transmissions. Le domaine des soutiens
englobe l'entretien des parachutes et des élingues, les
transports de toute nature, le ravitaillement par air, la mise
en ouvre d'une antenne médicale aéromobile, l'entretien
des véhicules et l'établissement des liaisons transmissions.
Des personnels hautement qualifiés
:
Les
officiers (moins de 30 ans) et les Sous-Officiers (moins de 28
ans pour les subalternes et moins de 32 ans pour les supérieurs),
qui rejoignent, pour un minimum de six ans les rangs du Groupement
des Forces Spéciales (KSK) de la Bundeswehr sont issus
des trois armées.
Leur
sélection et leur formation diffèrent peu de celles
qui prévalent dans toutes les armées du monde,
qui disposent de telles unités. La sélection, qui
dure près de trois mois, alterne des tests d'évaluation
psychologique (à STUTTGART), étalés sur
plusieurs jours et physique d'une durée de 10 jours. La
sélection s'achève par un stage de survie au combat
adapté aux forces spéciales. Ce stage se déroule à PFULLENDORF,
sur les bords du lac de CONSTANCE, au sein de "l'Ecole du
renseignement de l'OTAN". A l'issue des trois mois, les
candidats retenus rejoignent alors le Groupement, où ils
vont poursuivre leur formation pendant trois ans.
La
formation Commando se déroule à CALW, sous la responsabilité du
centre d'instruction et d'expérimentation du Groupement,
mais également dans les écoles d'arme de l'armée
de terre, et dans certaines unités des forces spéciales,
en Allemagne et à l'étranger (pour l'essentiel
US et Britannique). La formation se déroule en trois phases.
La
formation de base N°1 dure 3 mois, la formation de base n°2
dure 9 mois. Ces deux phases, qui sont elles-mêmes des
composantes de la formation des officiers de l'armée de
terre, se déroulent à HAMMELBURG et ALTENSTADT, à l'Ecole
des Troupes aéroportées.
La
Formation collective constitue la troisième phase. Elle
se déroule, au sein du Groupement, à l'échelon
du Groupe, de la Section et de la Compagnie Commando. Les spécialistes
Montagne sont formés à MITTENWALD, tandis que les
spécialistes Transmissions le sont à FELDAFING.
Des exercices d'entraînement se font en liaison avec le
GSG9 du Bundesgrenzschutz, les bérets verts des US special
forces, les SAS britanniques et les US navy seals. Les commandos
pratiquent la dérive sous voile ainsi que la chute à très
haute altitude.
L'entraînement
met en oeuvre des équipements standards et spécialisés
(véhicules avec plate-forme d'armes, engins neige, canaux
de franchissement, appareils de vision nocturne, GPS, armes de
précision, dont le célèbre G22, des postes
HF-VHF, des appareils de transmissions par satellite et des laptops).
L'équipement global peut peser jusqu'à 50 kilos.
Les hommes sont également formés à la manoeuvre
avec les appareils de l'ALAT.
page 1 - page
2 - page 3 |