La réorganisation de la Bundesweh
r
par Daniel ROUDEILLAC, général

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6

 

L'Amiral Hans Lüssow, Inspecteur de la Marine a pris en compte une force maritime ramenée de 26.000 hommes à 20.650. Il exerce ses responsabilités par le canal du "Commandement de la Flotte" et de "l'Office de la Marine". Le commandement de la Flotte est à la disposition du nouveau "Commandement opérationnel interarmées de la Bundeswehr", ou d'un quartier général multinational, comme élément de commandement de la structure des forces de l'OTAN ou de l'UE. Les structures de la Marine allemande ne connaissent pas de bouleversements majeurs, en dehors de ceux consécutifs à la création des "bases interarmées de soutien", dans le domaine logistique, bouleversements qui concernent au demeurant les trois composantes des forces. Cinq flottilles sont rattachées au Commandement de la Flotte : l'aéronavale, les frégates, la guerre des mines, les corvettes et les sous-marins. L'office de la marine chapeaute les écoles, les bases navales, le commandement des essais et celui des systèmes de commandement. Au total l'innovation est à rechercher d'abord au niveau des systèmes d'armes que sont les futurs avions de reconnaissance et de patrouille maritime, les frégates 124 et les corvettes 130, les sous-marins 212A, les hélicoptères NH90 marine, les équipements des chasseurs de mines, les systèmes de défense sol-air basse altitude et les torpilles à moyenne et longue portée.

A l'inverse de ses confrères, le Médecin général, Inspecteur du Service de Santé de la Bundeswehr va voir ses effectifs passer de 3.500 à 18.000 hommes, par regroupement des personnels du service, antérieurement affectés dans les armées, et par transfert de 11.000 hommes de l'armée de terre au profit du service. Le service de santé est la seule composante de la Bundeswehr à ne pas disposer d'un "Office", dont les attributions sont prises en charge par les nouvelles "bases interarmées de soutien" et par "l'Académie du service de santé", qui coiffe les instituts et les organismes centraux d'instruction. Les moyens du service sont regroupés en temps de paix au sein de quatre "Commandements Santé" dont les limites territoriales correspondent à celles des Régions Militaires. Le nouvel accent mis sur les forces d'intervention modifie radicalement le concept d'emploi des moyens du service. En choisissant de médicaliser mieux l'avant, en étant confronté à la mobilité et à la modularité inéluctable de ses moyens, le service de Santé de la Bundeswehr se prépare à vivre une véritable révolution culturelle.

Le Vice-Amiral Bernd HEISE sera le premier Inspecteur général des "bases interarmées de soutien". Avec 50.000 hommes, dont 7.000 proviennent des anciens services centraux de la Bundeswehr et 30.000 de l'armée de terre, il sera en charge du soutien, au sens le plus global du terme, tant sur le territoire national qu'en zone d'engagement opérationnel. C'est sur lui que reposent toutes les attentes du ministre, qui a choisi de développer un vaste programme de coopération avec le secteur industriel, l'artisanat, et les chambres de métier, afin d'accroître l'efficacité générale de "l'Entreprise Bundeswehr". Le Vice Amiral HEISE va coordonner un ensemble de moyens assez hétéroclites au profit de toutes les composantes des forces. Il disposera du "Commandement interarmées de soutien" et d'un Office.

Aux côtés d'anciens organismes regroupés sous son autorité (les organismes centraux d'instruction, les affaires scientifiques et la recherche, les attachés militaires, le Centre du renseignement de la Bundeswehr, le Centre logistique et l'Office logistique de la Bundeswehr, les Universités de la Bundeswehr, l'Académie fédérale de politique de sécurité, les offices des services secrets et des sciences militaires, les représentations militaires allemandes auprès de l'OTAN et de l'UEO/UE, ainsi que les Régions militaires), le commandant des bases interarmées de soutien assurera le commandement organique du nouveau "Commandement de la recherche du renseignement stratégique", du service, à créer, d'information en campagne et enfin du "Centre opérationnel interarmées", que les Allemands se sont décidés à mettre sur pied.

 

page 1 - page 2 - page 3 - page 4 - page 5 - page 6

© 1997-2008
Conflits & Stratégie
Tous droits réservés