La réorganisation de la Bundesweh
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par Daniel ROUDEILLAC, général

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Les anciens "Commandements du soutie", qui existaient au sein de chacune des armées, n'ont plus leur raison d'être. Ils seront supprimés. Dans la logique des organisations standardisées, chères à nos voisins allemands, toutes les composantes des forces auront donc désormais la même organisation bicéphale, comprenant, le "Commandement", proprement dit, en charge des questions de commandement opérationnel et un "Office", chargés des tâches de soutien, en liaison avec les "bases interarmées de soutien".

Le législateur n'a pas cru devoir s'aligner sur la décision prise par la France de suspendre la conscription, et de professionnaliser les forces. Il a cependant décidé de remanier considérablement le service militaire, à partir de 2002, en adoptant le principe d'un service à 9 mois, fractionnable en trois périodes, dont une de 6 mois consécutifs. Ainsi donc perdure en Allemagne, ne serait-ce que formellement, le principe du "citoyen en uniforme" des pères fondateurs de la Bundeswehr.

L'armée de terre est celle qui subit sans doute les transformations les plus radicales. Le niveau du Corps d'armée subsiste certes en tant que niveau opérationnel, mais il perd cependant toutes compétences de commandement organique. Il reste que l'Allemagne, à l'encontre de ce que fait son voisin français, demeure attachée en organisation du temps de Paix, aux structures de commandement traditionnelles que sont les corps d'armées, les Divisions et les Brigades. L'armée de terre allemande, aux ordres d'un " Commandement " et d'un "Office" comptera 138.500 militaires en tenue, affectés au sein de 5 états-majors multinationaux de corps d'armées, 5 divisions mécanisées à trois brigades chacune, 1 division des opérations aéromobiles à deux brigades, 1 division des opérations spéciales, également à deux brigades, 1 commandement des "éléments organiques de l'armée de terre", qui engerbera six brigades d'appui et de soutien. Orientée prioritairement sur l'intervention, l'armée de terre n'en joue pas moins un rôle majeur dans la défense du territoire national, après la mobilisation et la montée en puissance des forces, qui restent donc elles aussi des notions d'actualité, de l'autre côté du Rhin.

Pour aussi considérables qu'ils soient, les bouleversements de l'armée de terre allemande n'ont pas cependant l'ampleur de ceux que connaît son homologue français, et si "révolution" il y a , il s'agit plus d'une révolution dans les concepts d'emploi qu'en organisation stricto sensu. L'emploi en opération des états-majors de corps d'armées illustre bien ce propos, et la réorganisation de l'état-major binational, germano-américain du IIe corps d'armées doit nous interpeller. D'ici la fin de 2002, cet état-major aura pour mission en effet, de servir d'état-major de corps d'armées, dans le cadre de la défense collective conduite par l'OTAN, ce qui somme toute est compréhensible. Mais ce même état-major a aussi pour vocation à l'horizon de 2003, de servir de quartier général chargé de la conduite sur le terrain des opérations interarmées, dites de Petersberg, et placées sous la responsabilité de l'Union Européenne. On eut pu imaginer que cette mission soit dévolue à un état-major binational de corps d'armées, à composition plus européenne.on notera que ce même état-major assurera la préparation et la planification des grands exercices de l'OTAN, mais également de l'Union Européenne.

Le Général Gert GUDERA, 16e Inspecteur de l'armée de terre attend également des restructurations en cours un meilleur taux d'encadrement, un nombres de postes à l'instruction accru (23.000 au lieu de 17.000), ainsi que des mesures d'ordre budgétaire, lui permettant d'accroître l'attractivité de la carrière des armes, au plus grand bénéfice d'une armée de terre qui entend bien éviter le piège d'une "armée à deux classes"

Avec 51.850 postes budgétaires de militaires en tenue, l'armée de l'air se prépare à disposer de nouvelles capacités de commandement, de transport stratégique et de ravitaillement par air. Les moyens matériels et humains, mis à la disposition du général Gerhard BACK, 12e inspecteur de la Lutwaffe, sont aux ordres d'une structure bicéphale, déjà explicitée. Le général BACK disposera d'un " Commandement opératif des forces aériennes ", sorte de noyau actif, sans responsabilité organique, capable, après montée en puissance, de planifier et de conduire des opérations aériennes. La Luftwaffe, comme l'armée de terre est articulée en divisions et compte trois commandements spécialisés. Les 5 divisions aériennes regroupent une escadre de reconnaissance, quatre escadres de chasseurs bombardiers, trois escadres de chasse, quatre escadres de défense aérienne, quatre commandements opérationnels et un bataillon de Protection. Trois escadres de transport aérien ainsi que la permanence aérienne du ministère de la défense sont les éléments constitutifs du "Commandement du transport aérien". Un "commandement de l'instruction de l'armée de l'air" et un "commandement du matérie" sont enfin aux ordres de "l'Office de l'armée de l'air". La logistique spécifique de cette armée sera par ailleurs assurée par deux régiments de maintien en condition de l'armée de l'air et un "centre de soutien de systèmes d'armes"

 

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