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De
sérieux déficits
Un
rapport du ministère de la défense en date du 3
mai 1999 avait fait ressortir les déficits et les insuffisances
de capacités.
Ce rapport soulignait ainsi
la trop grande faiblesse quantitative et qualitative
des moyens humains et matériels ayant
vocation à la recherche du renseignement
stratégique, aux transports stratégiques
et opératifs, aux communications à longue
distance. Il rappellait l'absence de munitions
de précision pouvant être tirées à distance,
l'insuffisance des moyens de guerre électronique,
l'absence de systèmes performants pour
les opérations de sauvetage aériennes.
Mais ce que soulignait surtout ce rapport, sans
le dire trop crûment c'est avant tout l'incapacité de
la Bundeswehr à tenir le rang qu'elle
entend occuper désormais au sein des structures
de commandement de l'OTAN et de l'Europe de la
défense et son incapacité à soutenir
les autorités gouvernementales dans leurs
responsabilités nouvelles de commandement
national.
La refondation des armées
va donc consister en d'autres termes à doter
le pays, à moindre coût, sans revenir
sur la conscription, d'un outil de défense
adapté aux nouvelles ambitions allemandes,
qui ne manqueront pas de s'exprimer dans un cadre
collectif, au travers d'un panel de missions élargies.
Tout en reconnaissant les vertus de la modularité et
de la souplesse en matière de défense,
l'Allemagne va rester attachée cependant à la
vertu du nombre et va préserver jalousement
dans cette logique, ses capacités de montée
en puissance. Loin d'être l'outil d'une
ambition hégémonique dépassée,
la Bundeswehr du futur doit toutefois permettre
en effet de jouer ce rôle de leader dans
l'Europe de la Défense, que lui ont reconnu
les Etats-Unis d'Amérique.
La
France se doit d'être consciente de cette normalité retrouvée
allemande, elle doit en comprendre l'expression militaire et
en admettre la finalité, qui ne doit pas tromper.
Les
grandes innovations
Cinq
nouveaux organismes voient le jour au sein du ministère
de la défense. Ils sont destinés à renforcer
les moyens mis à la disposition du "détenteur
du commandement", qu'est le ministre de la défense
en Allemagne, pour mieux apprécier les modalités
d'engagement de la Bundeswehr et pour accroître le rendement
et l'efficacité de l'outil de défense.
Deux conseils sont ainsi
créés. Placés sous la présidence
du général Inspecteur général
de la Bundeswehr, le général KUJAT,
ces instances sont chargées, en ce qui
concerne le "conseil opérationnel",
d'aider le ministre à préparer,
planifier et conduire les interventions de la
Bundeswehr, et pour ce qui concerne le "conseil
de l'armement", à conduire la planification
des programmes et à préparer les
décisions du ministre en la matière.
Un Etat-Major de contrôle, situé à la
même hauteur que le "Planungstab",
va aider directement le ministre à réaliser
et à piloter les grands projets au niveau
central. Un Directeur des technologies de l'information
est en outre mis en place pour apporter plus
de cohérence, plus d'homogénéité et
de rentabilité dans la gestion des moyens
matériels et humains d'Information de
la Bundeswehr. On peut s'attendre par ailleurs à ce
que ce Directeur donne les impulsions nécessaires
pour que soient prises, à l'instar de
ce qui se passe au sein des armées US,
les premières décisions concrètes
en matière de lutte contre la "guerre
informatique". Le Ministre est enfin assisté par
le tout nouvel Inspecteur des "Bases interarmées
de soutien", qui devra pouvoir rendre compte
des mesures prises pour améliorer la gestion
globale du "système Bundeswehr".
Au
niveau de la
Bundeswehr dans son ensemble,
la création des " bases interarmées de soutien " constitue
l'acte novateur essentiel. Les " bases interarmées
de soutien ", sont en fait des forces interarmées
de soutien général, placées aux ordres d'un
général Inspecteur, comme le sont les trois autres
composantes des forces. Elles regroupent des personnels en provenance
des trois autres armées et du service de santé et
ont pour vocation de fournir des prestations de services très
diverses pour l'ensemble des armées. La réforme
supprime le distinguo, fait jusqu'ici entre les "forces
d'action rapide" et les "forces de défense
principale".On parle désormais des "forces
d'intervention", d'un volume de 150.000 hommes et femmes
et de "l'organisation militaire de base", qui assurera
avec un effectif de 108.000 personnes en tenue, le commandement
national, le soutien logistique, et le soutien santé,
l'instruction militaire centralisée, ainsi que la montée
en puissance des forces, pour parvenir, à la mobilisation,
aux effectifs nécessaires à la défense du
territoire national. 22.000 postes supplémentaires seront
consacrés à la qualification civile des militaires
de carrière, si bien qu'au total l'effectif en tenue de
la Bundeswehr sera de 280.000 postes budgétaires, aux
quels s'ajouteront 2.000 postes de Réservistes en période.
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