L'artillerie française de la Grande Guerre
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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L'année 1918 :
les alliés passent à l'offensive

 

Foch va prendre de cours Ludendorff et attaquer le premier entre Soissons et Château-Thierry. Le Service automobile aux armées a transporté au mois de juillet près d’1 million d’hommes et 1 million de tonnes de matériels dans ce secteur. La 10e armée prend l’offensive sur un front de 18 km. Elle engage 18 divisions soutenues par 470 batteries, 375 chars et 40 escadrilles d’appui au sol. La 6e armée dispose également sur un front d’attaque de 20 km de 9 divisions appuyées par 230 batteries, 170 chars et 28 escadrilles.

L’offensive débute le 18 juillet à 4 heures sans préparation d’artillerie mais derrière un barrage roulant. Le 1er août les Allemands ont évacué tout le terrain gagné précédemment au sud de la Marne et font retraite plus au nord. Le 6, Foch est fait Maréchal de France.

Le ravitaillement en eau sur la côte 204 en Champagne.
L’eau potable est encore plus importante que les munitions car elle est nécessaire tous les jours.


Les offensives alliées vont désormais s’enchaîner. Le 8 août, Amiens est dégagée par la 1re armée française soutenue par les Britanniques. Ses 15 divisions sont soutenues par 160 chars, 600 avions, une pièce de 75 pour 44 mètres de front et une pièce lourde pour 40 mètres. Le 11 les Allemands sont repoussés sur leur ligne de front de 1916.

 

L’artillerie française dispose de toutes nouvelles pièces comme ce 155 grande portée Fillioux
capable d’envoyer des obus de 43 kg à 17 km à la cadence de 4 coups par minutes.
Des livraisons importantes seront effectuées au profit des troupes américaines
qui ne disposent que d’armements individuels.

 

C’est le prélude à une offensive simultanée sur plusieurs fronts, rendue possible par l’engagement massif des troupes américaines. Celles-ci attaquent entre Argonne et Meuse, soutenues par les régiments de 75 portés, l’artillerie lourde et les chars français. Elles sont équipées exclusivement avec les pièces d’artillerie françaises les plus modernes, comme le canon de 155 grande puissance Filloux (18 km de portée). La brigade de chars du lieutenant-colonel Patton utilise des chars légers Renault et des chars lourds Saint-Chamond. Après des débuts prometteurs, le manque d’expérience américain en matière de logistique se traduit par un désordre qui ralentie l’attaque.

Mais sur la droite l’offensive de la 4e armée française permet de dégager Reims. Les deux armées reprennent ensuite leur avance de concert. Le 29 septembre, Ludendorff perd son sang-froid et annonce au kaiser que la guerre est perdue. Il le presse d’accepter un armistice. Pourtant les troupes allemandes font retraite avec méthode et pratiquent la politique de la terre brûlée. Ludendorff se reprend mais refuse alors toute marge de manœuvre à ses armées. Les pertes deviennent vite insupportable. Quand Ludendorff démissionne le 26 octobre, l’Armée allemande est au bord de l’écroulement. L’armistice est signé le 11 novembre dans le wagon de Foch.

L’armistice est demandé alors que les forces allemandes occupent encore de larges portions de territoires français et belges.
Il est signé le 11 novembre 1918. Au premier plan se trouve le généralissime Foch
entouré du général Weygand et des amiraux Hope et Wemyss.

 

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