L'artillerie française de la Grande Guerre
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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L'année 1918 :
Les raisons de l'échec allemand

 

Les nouvelles tactiques employées par les Stosstruppen (troupes d’assaut) vont presque emporter la décision sur le front de l’Ouest, comme elles l’ont fait à l’Est. Pourtant, plusieurs facteurs de dégradation expliquent l’échec final allemand.

Tout d’abord, l’occupation des territoires russes immobilise encore un trop grand nombre de divisions. A plusieurs reprises, la rupture du front ennemi ne peut être exploitée, faute de réserves suffisantes. La défense élastique préconisée par Pétain permet d’amortir l’impact initial. Puis la concentration des feux des réserves d’artillerie française sur les flancs prépare les contre-attaque, souvent soutenues par des chars.
Le peu de crédit accordé au chars par les Allemands est un autre facteur à retenir. Pourtant, le 24 avril 1918, 14 A7V allemands sont engagés en soutien de l’offensive contre le secteur anglais des Flandres, au sud de Villers-Bretonneux.

La mitrailleuse Maxim MG 08, fabriqué par Spandau, est aussi lourde que la Hotchkiss française (plus de 26 kg pour l’arme et près de 32 kg pour le trépied) ; de calibre 7,92 mm, elle fonctionne par recul avec une refroidissement par eau, l’alimentation se fait par des bandes de cartouches en toile souple et la cadence de tir est de 300 à 400 coups par minutes. Juste derrière on aperçoit le modèle 1915. D’un poids de 17 kg seulement, avec un manchon d’eau autour du canon pour le refroidissement et un bipied repliable, cette arme s’avérera excellente pour accompagner les groupes d’assaut allemands.Cette photo montre une partie d’une des nombreuses vitrines consacrées à la Première Guerre mondiale au musée de l’Empéri de Salon-de-Provence.(Photo : Empéri Multimédi@)

Lourd et peu maniable, le A7V sera le seul modèle de char produit par les Allemands
qui ne croient pas en la valeur de cette arme. Lors de la Seconde Guerre mondiale,
la blitzkrieg (guerre-éclair) combine la puissance aérienne et la puissance des blindés.
Les enseignements des offensives alliées de 1918 ont donc profité aux vaincus et non aux vainqueurs.

 

Ils vont affronter des chars lourds Mk IV et des chars moyens Whippet. Avec son Mk IV, le lieutenant Francis Mitchell va réussir à mettre hors de combat le premier char jamais touché par un autre char, celui du sous-lieutenant Whilhelm Biltz (Nixe). Il recevra pour son exploit la Military Cross. Moins d’une heure plus tard, le sous-lieutenant Friedrich-Whilhelm Bitter (Siegfried) va réussir à mettre hors de combat 3 Whippet, contribuant au succès de la poussée allemande ce jour. Mais ce succès est sans lendemains. Seulement 20 A7V seront construits.

 

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