L'artillerie française de la Grande Guerre
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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L'année 1917 :
Les échecs

 

Sur un front de 40 km, l’artillerie française engage une pièce de 75 pour 20 mètres, une pièce lourde pour 21 mètres et un tube de tranchée pour 25 mètres. La préparation commence le 8 avril et devra être prolongée jusqu’au 16 en raison du mauvais temps. L’artillerie allemande effectue des tirs de contrebatterie meurtriers et emploie des obus toxiques. 4 millions d’obus de 75, 1 million d’obus de 90 à 155 et 60.000 bombes de mortiers de tranchée sont tirés sans succès en raison notamment d’une trop grande dispersion sur les différentes lignes de défense allemandes. La longueur de la préparation exclue tout effet de surprise. Les Allemands bloquent toutes les attaques. Ils ont en effet constitué d’importantes réserves à la suite du raccourcissement de la ligne de front par l’abandon de saillants exposées et par le transfert d’unités du front de l’Est où la Russie est en train de perdre la guerre.

Ces fantassins français équipés d’un masque à gaz s’attendent probablement
à une attaque allemande. Les Allemands vont faire un usage important des gaz,
notamment pour les tirs de contrebatterie et les Alliés vont les imiter.

 

Malgré des pertes moins importantes qu’en 1915, l’échec de cette offensive provoque une grave crise du moral dans l’armée française. Pétain accède au commandement en chef et reprend durement en main les troupes dont certaines se sont mutinées. Arrivé au pouvoir politique, Georges Clemenceau galvanise les énergies défaillantes.

Les autres offensives de l’année ont des objectifs plus limités. La préparation est écourtée, pour obtenir un effet de surprise, mais plus puissante grâce à une meilleure planification. Menée en coopération avec l’armée britannique l’attaque pour dégager le saillant d’Ypres est un succès (31 juillet). L’artillerie française engage 950 pièces de 75, 1.300 pièces lourdes, 66 pièces d’artillerie lourde à grande puissance et 247 pièces de tranchée sur un front de 17 km.

A Verdun (20-26 août), l’artillerie française déverse 5 tonnes de munitions par mètre de front, soit 3 millions d’obus de 75 et 1 million d’obus lourds. Dans la région de Laffaux-Malmaison, le 23 octobre, 5 groupes d’artillerie d’assaut soutiennent avec succès une offensive limitée. La préparation d’artillerie a duré six jours et six nuit.

Un canon de 155 long modèle 1879 en action, enterré sous un filet de camouflage.
Le rôle prépondérant de l’aviation d’observation oblige à masquer les pièces,
surtout ces anciens modèles dont la portée est plus courte que celle de l’ennemi.

 

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