L'artillerie française de la Grande Guerre
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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L'année 1916 :
La réorganisation de l'artillerie lourde se poursuit

 

Les succès de la Somme et de Verdun se traduise par une poursuite de la réorganisation de l’artillerie lourde. Devant les difficultés inhérentes à la coordination d’un nombre croissant de groupes, les différents commandements de l’artillerie sont dotés d’un état-major.

En 1917, le général Nivelle, qui a succédé à Joffre, décide de la création d’une réserve générale de l’artillerie lourde. Placée sous les ordres du général Buat, elle est composée de trois divisions.

Vers le milieu du conflit, la France commence à rattraper son retard dans le domaine de l’artillerie lourde à grande puissance.
Ces deux artilleurs allemands posent avec fierté à côté d’un obus de fort calibre.

 

La première regroupe les unités jusqu’alors dispersées de l’artillerie lourde à grande puissance créée au début de l’année 1916. Il s’agit notamment de l’artillerie lourde sur voie ferrée dotée de matériels variés plus ou moins rapides à mettre en œuvre. Le 74e régiment regroupe les pièces "tous azimuts" capables de tirer de tous les points de la voie ferrée après un ancrage au sol. Une pièce de 240 mm de 140 tonnes atteint 23 km de portée. Des pièces "à glissement" et " à berceaux " demandent respectivement la construction d’épis courbes ou droits. Un régiment est spécialement chargé de ces installations provisoires (le 70e). Parmi les premières on trouve notamment un canon de 305 mm modèle 1906-1910 de 340 tonnes (portée 30 km) et parmi les secondes un canon de 340 de marine (40 km) ou l’obusier de 400 mm Saint-Chamond (15 km).

Les 71 et 72e régiments sont équipés de pièces de 220 longues et de 240 tractées, le 73e régiments de matériels de côte. La seconde division rassemble les régiments d’artillerie lourde à tracteurs, la troisième les pièces de marines organisées en 9 batteries.

Malgré les efforts entrepris, les nouveaux matériels commencent à peine à entrer en service et le programme arrêté le 30 mai 1916 ne sera jamais terminé. L’artillerie lourde allemande bénéficie toujours d’une portée supérieure et d’une cadence de tir trois fois supérieure. C’est grâce à une doctrine d’emploi rationnelle que les Français vont réussir en partie à combler leur handicap.

L’artillerie lourde sur voie ferrée atteint son apogée lors de la Première Guerre mondiale.
La densité du réseau ferrée français dans le nord de la France lui offre
en effet une réelle mobilité stratégique.

 

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