L'artillerie française de la Grande Guerre
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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L'année 1916 :
Verdun et la Somme : les premiers succès de l'artillerie lourde



Quatre corps d’armée allemands, soutenus par 1.000 pièces d’artillerie lourde, sont assignés à l’assaut sur Verdun. La préparation débute le 21 février 1916. Elle s’entend à 150 km à la ronde. Les premiers jours, l’artillerie française inflige de lourdes pertes aux assaillants. Le fort de Douaumont est occupé puis celui de Vaux est pris d’assaut.

Bien que martelées par les tirs de l’artillerie lourde allemande, qui va utiliser les gaz,
les batteries de 75 françaises vont constituer l’ossature de la résistance malgré la boue.

Par la suite, les Allemands emploient des tirs de contrebatteries puissants et utilisent des obus toxiques pour neutraliser les 75 français. L’usure des régiments est rapide mais permet de contenir les assauts allemands. L’artillerie lourde, handicapée par son manque de portée, demeure peu efficace.

La voie ferrée étant coupée, le ravitaillement est assuré par le Service automobile aux armées, qui dépend de l’artillerie.

Pour la première fois, le sort d’une bataille va dépendre presque exclusivement du ravitaillement par véhicules automobiles.


Le trafic est incessant dans les deux sens sur la seule route disponible, qui deviendra célèbre sous l’appellation de Voie Sacrée.

L’offensive programmée sur la Somme a tout de même lieu. Le premier jour de l’attaque, 80 000 tonnes de munitions sont employées. La 6e armée progresse mais rapidement l’offensive s’enlise avec des pertes élevées. L’étreinte allemande sur Verdun s’est néanmoins desserrée grâce à ces opérations. La 2e armée française en profite pour mener des attaques limitées autour de Verdun, avec un fort soutien d’artillerie lourde. Le fort de Douaumont est enlevé le 24 octobre après le bombardement efficace d’une pièce de 400 mm Saint-Chamond. Le fort de Vaux change de nouveaux de mains le 2 novembre. L’essentiel du terrain perdu lors de l’offensive allemande est repris en décembre, avec 430 000 obus tirés.

Ce " poilu " aux traits tirés et couvert de boue se repose. Il " descend " probablement du front
puisqu’il transporte avec lui l’essentiel de son paquetage.

 

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