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L'année 1914 :
Les adaptations technologiques à la guerre des tranchées
Avec
la fin de la guerre de mouvement, il faut désormais sadapter à la
guerre des tranchées et aux perspectives dune guerre longue.
Lintensité des combats a entraîné une consommation imprévue
de munitions. Par ailleurs, il faut maintenant des obus explosifs
car les obus à balles savèrent peu efficaces contre les
fortifications de campagne.

La
consommation en munitions va dépasser les prévisions les plus
pessimistes. Pour répondre à la demande,
lindustrie française va être mobilisée sur une échelle encore inconnue à ce
jour. Les ouvriers spécialisés
vont être rapidement rappelés du front mais cette mesure savèrent insuffisante.
Il faut, dans une large mesure, faire appel à la main-duvre féminine.
Cette
crise des munitions touche aussi les Allemands et dans les deux
camps on mobilise les capacités industrielles pour produire les
armes et les munitions nécessaires. En juin 1915, 70 000
coups de 75 sont produits mais la qualité décroît ce qui provoque
léclatement de nombreux tubes (près de 500 début mai 1915).
La poudre et les explosifs commencent également à manquer et
il faut prendre des mesures énergiques. Lemploi de larme
chimique par les Allemands à Ypres, début 1915, impose la fabrication
dobus toxiques.

Limpôt
sur le revenu, voté à la veille de la guerre ne sera
appliqué quen 1917 en même temps quun impôt
sur les bénéfices de guerre. Malgré cela, les recettes
de lEtat (6,8 milliards) restent largement inférieures à ses
dépenses (54,2 milliards). Lemprunt devient nécessaire
avec des bons de la Défense nationale à court terme renouvelables
(5% dintérêt). La dette à long terme double pour
atteindre 62 milliards et la dette flottante passa de
1,5 à 41,8 milliards.

Avec
le développement des tranchées, les armes à tir courbe
se généralisent.
On trouve des pièces lourdes comme ce de 220 modèle 1891 mais aussi
des pièces plus légères qui offrent aux unités dinfanterie une
puissance de feu encore plus grande.
Avec
lallongement des portées, les objectifs sont désormais défilés
aux vues. Lobservation et la technique de tir doivent donc
prendre en compte cette évolution. Un service des renseignements
de lartillerie est créé en novembre 1915 au niveau de lartillerie
de corps darmée, puis au niveau de celle des armées. Ils
doivent traiter les informations recueillies par les sections de
repérage par observation terrestre, par les sections de repérage
par son et par laéronautique. Les nouveaux ballons en forme
de saucisses peuvent être employés avec un vent allant jusquà 15
mètres par seconde. Chaque corps darmée dispose maintenant
dune escadrille davions dobservation, appelée Section
dartillerie lourde

Avec
lallongement des portés, lobservation des lignes
ennemies par voie aérienne devient vite une nécessitée.
Ce Farman F40 survole les tranchées de la ligne de front
en 1914. En attendant lapparition des synchroniseurs
de tir à travers lhélice, lefficacité de larmement
se fait au détriment de laérodynamique avec un moteur
propulsif à larrière de la nacelle.
La
technique de tir évolue. Des canevas de tir relient lobjectif,
lobservatoire et les unités dartillerie avec des
situations précises sur des plans directeurs quadrillés élaborés à partir
de relevés topographiques. Les tables de tir servent au pointage
des pièces mais doivent être pondérées en fonction de leur usure.
Lhomogénéité des salves est encore renforcée par lemploi
de poudres dun même lot de fabrication et dobus de
même poids. La concentration massive des tirs devient possible.
La
coordination de ces divers moyens demande des moyens de communication
performants. Le téléphone se développe mais les signaux visuels
restent nécessaires pour pallier aux éventuels défaillances ou
pour signaler les positions amies.

Malgré limpression
de tranquillité offerte par ce central téléphonique, cette
arme va souffrir de nombreuses pertes,
notamment quand il sagira de poser ou de rétablir les lignes téléphoniques
sous le feu de lennemi.
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