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L'année 1914 :
de la retraite à l'enlisement
Malgré le
déclenchement de loffensive allemande en Belgique, loffensive
française en Alsace et en Lorraine est maintenue. Néanmoins,
6 divisions de réserves, initialement attribuées à laile
droite allemande, sont envoyées en Lorraine où le plan Schlieffen
prévoit pourtant un repli contrôlé pour attirer les Français.
Déjà affaiblie par des transferts dunités successifs (12
corps darmée au lieu des 17 prévus), les armées engagées
en Belgique vont savérer incapables de déborder le front
français, couvert sur sa gauche par le corps expéditionnaire
britannique. De la même manière, il faudra abandonner lenveloppement
de Paris par lOuest en faveur dune approche plus
directe.

Les
fantassins français montent à lassaut des lignes allemandes
en rangs serrés, la baïonnette au canon,
après une préparation dartillerie minimale. Cest pendant lannée
1914 que les pertes françaises seront
les plus lourdes de toutes la guerre, notamment lors ces offensives des premières
semaines.
Les
fantassins français en pantalons garances (rouges) sont décimés
par le tir des mitrailleuses lors des assauts en Alsace (7 août)
et surtout en Lorraine (14 août). Dès le 24 août, le maréchal
Joffre comprend le mal fondé de la doctrine française basée sur
les attaques dinfanterie. Il demande une préparation dartillerie
systématique. Lors de ces combats, lefficacité du 75 est évidente
tant que les pièces dartillerie lourdes allemandes ne sont
pas engagées. Les pièces lourdes françaises, peu nombreuses et
tardivement mise en action, sont incapables de répondre aux tirs à longue
portée allemands.

La
pantalon garance offre un excellent point de repère pour
le
tir à longue portée
des équipes de mitrailleuses allemandes.
Dès lannées suivante, larmée adoptera la tenue bleue horizon,
moins
visible mais aussi plus adaptée à la guerre dans les tranchées.
Lors
des semaines suivantes, les pièces lourdes allemandes ne peuvent
suivre le rythme de lavance. Le siège de Maubeuge
en immobilise en outre un grand nombre.
Larmée
française profite de lavantage temporaire de son artillerie
pour placer plusieurs coups darrêt et protéger sa retraite
et éviter quelle ne se transforme en retraite.

Une
batterie de 75 pilonne un village pris par les Allemands pour
ralentir leur avance.
Durant
la bataille de la Marne, le rétablissement français doit beaucoup
aux tirs dune artillerie terriblement efficace en position
défensive. Les officiers supérieurs dartillerie font preuve
dinitiative. Appelé à prendre le commandement de lartillerie
divisionnaire de la 6e division dinfanterie,
le colonel Estienne, directeur de lEtablissement daviation
militaire, emmène avec lui deux avions légers à ailes repliables.
Laviation dartillerie française est née. Le 6 septembre,
grâce à une reconnaissance aérienne, Estienne réussit à détruire
des concentrations ennemies près de Montceaux-les-Provins.

La
portée supérieure de lartillerie lourde allemande
lui permet
deffectuer des tirs loin en profondeur
dans
le dispositif français. Les tirs de contrebatterie français sont
impossibles
et la troupe doit se contenter de subir et de compter sur la chance.
Ce petit groupe dhommes échappe
de peu à la mort.
Un peu partout sur la ligne de front,
les troupes allemandes épuisées subissent des pertes sévères.
Leurs attaques se ralentissent et, du 9 au 14 septembre, les
Français contre-attaque avec le soutien du corps expéditionnaire
britannique. Le manque de coordination entre les armées allemandes
les obligent à faire retraite. Les deux adversaires tentent
alors vainement de se déborder en se lançant dans une course à la
mer (18 septembre - 19 octobre). Puis le front se stabilise
et les troupes senterrent pour échapper aux coups dune
artillerie pourtant à cours de munitions.

La
puissance de feu des mitrailleuses et de lartillerie
contraint les troupes des deux camps à senterrer.
Tous pensent dabord que la situation est provisoire. Mais après quelques
semaines il faut se rendre à lévidence
et aménager le plus confortablement possible les positions en première ligne.
Des abris comme celui-ci qui protègent cependant mal du froid, de la boue et
de la vermine.
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