L'artillerie française de la Grande Guerre
par Jean-Philippe LIARDET, dr

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Le déclenchement des hostilités

 

Un enchaînement tragique de circonstances

L’Autriche-Hongrie reste le seul allié d’une Allemagne confrontée aux perspectives d’une guerre sur deux fronts, contre la France et la Russie. Avec une population pour moitié constituée de slaves, elle est marquée par une instabilité politique croissante mais mène cependant une politique expansionniste dans les Balkans avec l’annexion en 1908 de la Bosnie-Herzégovine occupée depuis 1878. Cette situation provoque des tensions avec la Serbie en raison des fortes minorités serbes de cette province.

L’archiduc d’Autriche Franz Ferdinand, héritier du trône des Hagsbourg, tente de réorganiser son pays sous la forme d’une triple monarchie à la fois autrichienne, magyare et slave. Les succès potentiels de cette politique inquiètent les Serbes. Pour les militaires austro-hongrois, la solution au problème de cette agitation croissante réside dans la destruction de la Serbie.

Le 28 juin 1914, l’assassinat de l’archiduc et de son épouse sert de détonateur. L’attentat est l’œuvre de la " Main Noire ", une organisation terroriste serbe, dirigée par l’ancien directeur des services secrets serbes. Avant toute réaction, l’Autriche-Hongrie s’assure du soutien allemand, indispensable au regard de la probable implication de la Russie dans la crise. Le 15 juillet, elle obtient une totale liberté d’action. Les militaires allemands préconisent d’ailleurs une action énergique. Cette opinion est partagée par ceux qui, en Allemagne, craignent un effondrement interne de l’allié austro-hongrois.

Le 25 juillet l’Autriche-Hongrie adresse un mémorandum en dix points aux Serbes. Elle exige l’autorisation de poursuivre les auteurs présumés de l’attentat sur le territoire serbe. Avec habileté la Serbie accepte la plupart des points et propose un arbitrage pour ceux enfreignant sa souveraineté. L’Autriche-Hongrie rompt alors les relations diplomatiques et décide de commencer la guerre dès sa mobilisation terminée.


Les forces en présence et les plans respectifs

La montée des tensions au début du XXe siècle se traduit par la mise en place de stratégie offensive dans les deux camps : la France et son allié russe optent pour une attaque simultanée en Lorraine et en Prusse Orientale ; les Allemands veulent obtenir une victoire éclair sur la France en six semaines, pour ensuite se retourner contre la Russie avant qu’elle ne puisse terminer sa mobilisation.

Le plan allemand interdit de par sa nature toute tentative de conciliation au niveau diplomatique en cas de crise, car tout délai supplémentaire réduit ses chances de réussite. Conçu par le comte Alfred von Schlieffen en 1899, la version définitive est adoptée en 1906, juste avant son départ à la retraite comme chef du grand état-major allemand. Il s’agit d’envelopper l’aile gauche française par un mouvement tournant à travers la Belgique. Les divisions allemandes doivent avancer à marches forcées pour atteindre Paris et prendre à revers le système de fortification français.

Le Kaiser Guillaume II au centre, au milieu de son état-major. Il n’exercera aucun commandement militaire.
A la fin de la guerre il accordera même à Hindenburg et à Ludendorff les pleins pouvoirs à la fois militaires et civils.


Le plan XVII français, adopté à la vieille de la guerre, repose sur le principe d’offensive à outrance, dont le maréchal Joseph Joffre se fait l’ardent défenseur. Les deux plus puissantes armées françaises, la 1ère et la 2e, doivent attaquer entre Metz et Strasbourg tout en détachant le 7e corps pour s’emparer de l’Alsace. Sur la gauche, les 3e, 4e et 5e armées échelonnées jusqu’à Sedan doivent également se lancer dans l’offensive et même tourner le flanc ennemi par les Ardennes.

Des dragons français en pointe de l’attaque française. Avec la fin de la guerre de mouvement
la cavalerie ne va plus effectuer que des missions de sûreté sur les arrières.
Une partie croissante de son personnel va se porter volontaire, ou être affectée, aux unités de chars ou à l’aviation.

 

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